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Relatórios Apresentados
por Portugal aos Órgãos de Controlo da Aplicação
dos Tratados das Nações Unidas em Matéria de
Direitos Humanos
Compte rendu analytique de la
60ème séance : Portugal. 29/11/2000. E/C.12/2000/SR.60.
(Summary Record)
COMITÉ DES DROITS ÉCONOMIQUES,
SOCIAUX ET CULTURELS, Vingt-quatrième session
COMPTE RENDU ANALYTIQUE DE LA 60ème
SÉANCE, tenue au Palais Wilson, à Genève,
le mercredi 15 novembre 2000, à 10 heures
Présidente : Mme BONOAN DANDAN
SOMMAIRE
EXAMEN DES RAPPORTS :
a) RAPPORTS PRÉSENTÉS PAR LES
ÉTATS PARTIES CONFORMÉMENT AUX ARTICLES 16 ET 17 DU
PACTE (suite)
Troisième rapport périodique du
Portugal [(E/1994/104/Add.20); document de base (HRI/CORE/1/Add.20);
liste des points à traiter (E/C.12/Q/POR/1); réponse
écrite du Gouvernement portugais (HR/CESCR/NONE/2000/2)]
(suite)
Articles 6 à 10 du Pacte
(suite)
1. La PRÉSIDENTE invite la délégation
portugaise à répondre aux questions laissées
en suspens à la séance précédente.
2. Mme TAVARES DA SILVA (Portugal), répondant
à une question sur les écarts de rémunérations
entre les hommes et les femmes, explique que le fait que cette différence
s'opère au détriment de ces dernières signifie
que globalement le salaire moyen qu'elles perçoivent est
inférieur à celui des hommes, et non que, pour un
même travail, elles soient moins rémunérées.
Leur salaire moyen correspond en effet à 77 % du salaire
moyen perçu par les hommes car elles sont davantage employées
à des postes de niveau inférieur. Cela tient non pas
à leurs niveau de qualification (au contraire, les filles
sont plus nombreuses à faire des études) mais plutôt
à des facteurs culturels. La situation est la même
à peu près partout en Europe.
3. M. KOUZNETZOV demande si, à travail
égal, les hommes et les femmes perçoivent un même
salaire.
4. Mme TAVARES DA SILVA (Portugal) dit qu'en
principe, pour un travail égal, hommes et femmes perçoivent
un salaire égal. Enfreindre ce principe est illégal.
Si une femme reçoit une rémunération moindre
qu'un homme pour un travail égal, elle peut porter plainte
devant la Commission pour l'égalité dans le travail
et dans l'emploi.
5. M. DOS SANTOS PAIS (Portugal), répondant
à une question sur le travail des enfants, dit que récemment
128 entreprises qui avaient employé des enfants ont été
exclues de la liste des fournisseurs des organismes publics nationaux
et locaux. Ce type de décision, découlant de faits
révélés par l'inspection du travail, est un
exemple des mesures appliquées pour éliminer le travail
des enfants.
6. En ce qui concerne la lutte contre la violence
à l'égard des enfants, M. Dos Santos Pais dit que
le rapport fait état de plusieurs institutions ou structures
Suvrant dans ce domaine. Ainsi le paragraphe 53 porte sur le Haut-Commissariat
pour les questions de promotion de l'égalité et de
la famille, dont une des fonctions est d'assurer la coordination
de l'action des entités publiques compétentes en relation
avec les organisations non gouvernementales et de participer à
la formulation et à l'exécution de politiques concernant
l'enfant. Cet organisme coiffe et coordonne toutes les activités
concernant les enfants en situation de risque.
7. Aux paragraphes 69 à 72 du rapport
est présenté le projet d'appui à la famille
et à l'enfant, institué par la résolution 30/92
du Conseil des ministres. Ce projet a été conçu
après que l'on eut constaté que retirer un enfant
maltraité à sa famille n'est la plupart du temps pas
une bonne solution. Les objectifs prioritaires du projet sont la
détection des cas de maltraitance, l'établissement
d'un diagnostic des dysfonctionnements familiaux à l'origine
des mauvais traitements contre les enfants et l'adoption des mesures
nécessaires pour faire cesser toute situation à risque
pour l'enfant en agissant auprès des familles et en les aidant
à surmonter leurs difficultés. Le projet d'appui à
la famille et à l'enfant englobe aussi les enfants victimes
de violences physiques ou psychiques qui sont soignés dans
les centres de santé ou dans les hôpitaux.
8. Autre structure de protection des enfants
et de la famille, le programme "Être enfant" (par.
346 à 352 du rapport) regroupe des projets spéciaux
en faveur des enfants en situation de risque ou présentant
un handicap. Ce programme est financé par la loterie instantanée,
qui met à disposition 30 % de son bénéfice.
Au mois de septembre 1997, 88 projets entrant dans le cadre de ce
programme avaient été approuvés, couvrant environ
13 818 enfants et 8 267 familles. Le Code pénal récemment
modifié réprime spécifiquement les sévices
exercés sur des enfants, notamment au sein de la famille;
le parquet peut intervenir d'office sans plainte de la victime.
Il existe une obligation générale de dénoncer
les cas de maltraitance, qui s'impose bien sûr notamment au
personnel de santé. Toute personne qui relève des
signes de mauvais traitements est tenue d'en informer le parquet
ou toute autre entité compétente. À propos
du problème des enfants des rues, il convient de citer les
actions menées par l'Institut d'appui à l'enfant et
la Confédération nationale d'action sur le travail
des enfants.
9. Les commissions de protection des mineurs,
créées en 1991, existent maintenant dans l'ensemble
du pays. Composées à la fois de personnel médical,
de travailleurs sociaux, de représentants des collectivités
locales et de membres de la police et du parquet, elles visent à
apporter une réponse communautaire aux difficultés
que connaissent les enfants en situation de risque ou victimes de
violence à un stade préjudiciaire. Il existe plusieurs
lignes d'appel d'urgence ouvertes aux enfants. Au sein du Bureau
du Procureur général de la République a été
créée une unité de coordination des actions
du parquet pour la protection de l'enfance. Comme il a déjà
été dit, des poursuites pénales sont engagées
chaque fois qu'un cas de maltraitance est porté à
la connaissance des autorités. Comme l'ont souligné
les membres du Comité, il est vrai qu'il est difficile de
connaître avec précision l'ampleur du phénomène
de la maltraitance. Une étude réalisée en 1985
sur l'ensemble du territoire portugais estimait à environ
20 000 le nombre d'enfants maltraités. Depuis, les autorités
ne disposent pas d'autres informations précises, si ce n'est
un rapport récent établi par l'Institut des sciences
sociales relatif à la typologie des situations de maltraitance,
qui a été présenté il y a peu au parlement
et n'a pas encore été rendu public. Selon les statistiques
judiciaires, entre 500 et 600 cas de maltraitance auraient été
portés devant les tribunaux en 1998.
10. M. SADI demande d'une part s'il est arrivé
que des poursuites pénales soient engagées contre
des entreprises ayant employé des enfants, et d'autre part
que fait le Gouvernement portugais pour lutter contre la prostitution.
11. M. DOS SANTOS PAIS (Portugal) dit que les entreprises n'ont
pas le droit d'embaucher des enfants de moins de 16 ans. Lorsque
des cas de travail d'enfants sont signalés, l'Inspection
du travail vérifie les faits et intervient auprès
des entreprises. Comme il a été dit, 128 entreprises
qui avaient employé des enfants se sont vu retirer la possibilité
de vendre leurs produits aux organismes publics. La délégation
portugaise ne dispose pas de données sur les entreprises
traduites devant les tribunaux pour avoir eu recours au travail
des enfants.
12. Il y a peu d'enfants prostitués.
Les cas signalés sont surtout ceux d'enfants qui servent
de guide à des touristes à Madère. Les autorités
locales s'efforcent d'aider ces enfants en les orientant vers une
formation ou une autre occupation. Chaque fois qu'un cas de prostitution
enfantine est connu, le parquet intervient. Face au phénomène
de la prostitution en général, les autorités
ont depuis longtemps pour politique de ne pas punir les personnes
prostituées, mais celles qui tirent un profit de la prostitution.
Elles aident les femmes prostituées en mettant à leur
disposition des foyers d'accueil et des possibilités de formation.
Articles 11 et 12 du Pacte
13. La PRÉSIDENTE invite les membres
du Comité à poser des questions sur les points relevant
des articles 11 et 12 du Pacte (questions 25 à 30 de la liste
des points à traiter).
14. M. SADI croit savoir qu'il y a beaucoup
d'accidents de voiture au Portugal. En relation avec l'article 12
du Pacte, il aimerait savoir ce que font les pouvoirs publics pour
protéger le droit à la vie et à la santé
des personnes qui circulent sur la route. Par ailleurs, en relation
avec la Conférence mondiale sur les changements climatiques
de La Haye, il aimerait connaître la position du Gouvernement
portugais à cette conférence et, d'une manière
générale, sa politique dans le domaine de l'environnement.
En effet, la santé des populations dépend pour beaucoup
de la manière dont les États protégent l'environnement.
15. M. HUNT dit avoir l'impression que les autorités
portugaises n'ont pas une idée très précise
du phénomène de la pauvreté dans le pays, de
son ampleur, de sa répartition géographique, des catégories
sociales touchées, etc. Ne serait-il pas opportun qu'elles
entreprennent une étude complète et approfondie de
la pauvreté dans le pays sur la base de laquelle elles formuleraient
une politique cohérente de lutte contre la pauvreté
?
16. M. RIEDEL note avec satisfaction que les
conditions dans lesquelles s'exerce le droit à la santé
au Portugal sont très bien présentées dans
le rapport, alors même que le rapport a été
établi avant que le Comité adopte son Observation
générale No 14 relative au droit au meilleur état
de santé susceptible d'être atteint. Néanmoins,
à la lumière de cette observation générale,
et en particulier des paragraphes 43 et 44, certains sujets auraient
pu être davantage détaillés. Il aurait, entre
autres, été bon que le Gouvernement portugais fournisse
davantage de renseignements sur la manière dont il s'acquitte
des obligations fondamentales, en ce qui concerne par exemple le
droit d'avoir accès aux équipements, produits et services
sanitaires sans discrimination aucune ou l'obligation d'offrir des
soins de santé génésique, maternelle et infantile.
Pour bien apprécier la situation dans le pays. Le Comité
a besoin de données ventilées et comparatives. En
outre, certains renseignements donnés dans le rapport sont
beaucoup trop généraux, au point d'être obscurs
: c'est le cas par exemple des paragraphes 497 et 498 du rapport.
Il serait intéressant de savoir comment, depuis que le rapport
a été écrit, la politique nationale de santé
a été appliquée et quels effets en ont découlés.
17. À propos du paragraphe 502 du rapport,
M. Riedel voudrait avoir des explications sur la forte baisse dans
le budget des ressources consacrées aux soins de santé
primaires à une certaine période, l'accès à
ces soins étant un élément primordial du droit
à la santé. Il est fait mention au paragraphe 503
du rapport "de l'existence de disparités dans la situation
de santé de la population et dans la distribution des ressources".
Quelles mesures ont été prises pour remédier
à cette situation ? Il serait intéressant d'avoir
des statistiques annuelles sur les disparités existantes.
Serait-il possible de savoir comment a évolué
le trafic de drogues depuis 1998 ? Quels sont les effets des efforts
déployés par la police en vue d'effectuer une intervention
plus efficace (par. 28.10 des réponses écrites) ?
Il est dit au paragraphe 29.5 des réponses écrites
que l'Assemblée de la République a, pour la première
fois, fixé et réglementé les conditions de
financement public des projets d'investissements relatifs à
des équipements destinés au traitement de la toxicomanie;
quelles sont concrètement les conséquences de cette
mesure ? Enfin, quelle évolution révèlent les
statistiques sur les personnes atteintes du VIH/sida ?
18. Mme JIMENEZ BUTRAGUEÑO rappelle le
paragraphe 25 de l'Observation générale No 14 relatif
à la réalisation du droit à la santé
des personnes âgées. Elle insiste pour que cette partie
de la population ne soit pas négligée et, en particulier,
puisse bénéficier pleinement des soins de santé
primaires.
19. M. DOS SANTOS PAIS (Portugal) déplore
que son pays se place au premier rang pour le nombre d'accidents
de la route dans l'Union européenne. De nombreuses stratégies
ont été adoptées pour remédier à
cette situation : surveillance renforcée des routes, par
des radars et des policiers, retrait immédiat du permis de
conduire en cas de dépassement des vitesses limites, majoration
du montant des amende, etc. Par ailleurs, pour améliorer
la fiabilité des véhicules, un système de contrôle
technique régulier obligatoire a été mis en
place. Enfin, diverses campagnes de sensibilisation ont été
lancées : le Ministère de l'intérieur finance
une émission sur les accidents de la route programmée
quotidiennement depuis plus d'un an sur la télévision
publique, diverses campagnes de presse et de télévision
s'adressant particulièrement aux jeunes ont été
mises en place pour prévenir les comportements d'ivresse
au volant et des stages de sécurité routière
sont organisés dans les établissements d'enseignement
primaire et secondaire. Le gouvernement actuel est décidé
à poursuivre ce type de campagnes, même si les résultats
n'ont jusqu'ici pas été à la hauteur des fonds
investis.
20. L'environnement est lui aussi l'une des
priorités du Gouvernement, qui soutient activement la politique
de l'ONU contre le réchauffement de la planète et
mène des campagnes intensives s'agissant de l'utilisation
des déchets industriels. Comme d'autres pays européens,
le Portugal encourage l'utilisation des transports publics et interdit
la circulation automobile dans certaines villes les jours de pic
de pollution.
20. Mme BRAS GOMES (Portugal) reconnaît
que le Portugal n'a encore conduit aucune enquête sur la pauvreté.
Le nombre de pauvres toutefois est estimé à deux millions.
À en juger par la répartition géographique
des bénéficiaires du revenu minimum garanti, les régions
les plus touchées seraient celles du Nord, suivies de la
région de Lisbonne et plus de 50 % des pauvres seraient des
femmes. Davantage de statistiques toutefois devraient être
bientôt disponibles. En effet, le Portugal vient de lancer
un plan-cadre d'appui communautaire pour 2000-2006, comprenant notamment
un volet promotion du développement social, financé
par l'Union européenne et, à hauteur de 38 %, par
l'État, et il travaille actuellement à la conception
d'un plan national de lutte contre l'exclusion sociale dans le cadre
de l'Union européenne. Ces deux projets ne manqueront pas
d'être des sources d'information intéressantes.
22. M. DOS SANTOS PAIS (Portugal) dit que la
stratégie d'accès aux équipements de santé
n'a été lancée que récemment et n'a
pas encore pu être évaluée. Ce sera cependant
chose faite avant la date à laquelle le Portugal présentera
son rapport périodique suivant. Des statistiques sur l'accès
à ces équipements seront alors disponibles et trouveront
place dans ce rapport. Par ailleurs, la baisse de la part du PNB
consacrée aux soins de santé primaires n'a rien d'alarmant.
La situation dans ce secteur s'est considérablement améliorée
et le gouvernement actuel ne lui accorde plus le même degré
de priorité que le précédent.
23. En 1999, le nombre d'interceptions et les
quantités saisies ont augmenté pour toutes les drogues
à l'exception de l'héroïne. Depuis quelques années
le nombre d'interpellations est très nettement à la
hausse et la coopération entre forces de police se renforce
tant sur le territoire qu'avec Europol, Interpol et les polices
étrangères. Pour ce qui est de la prévention,
le quart des bénéfices tirés des jeux de hasard
comme la loterie nationale est affecté au financement de
mesures de cette nature. La priorité est actuellement de
garantir l'accès aux services de santé à tous
les toxicomanes qui le souhaitent. Le nombre de places disponibles
dans les services de soins spécialisés est passé
de 34 en 1995 à 1 084 en 2000 et le nombre de personnes hospitalisées
pour être désintoxiquées est passé de
1 086 en 1995 à 4 249 en 1999. De 1998 à 2000, le
nombre de personnes inscrites sur les listes d'attente pour de tels
traitements a été réduit de 75 %.
24. Mme BRAS GOMES (Portugal) réaffirme
que le principe de non-discrimination qui est inscrit dans la Constitution
s'applique également aux personnes âgées. Dans
les faits, celles-ci sont généralement l'objet d'un
grand respect, en particulier dans les régions rurales. Le
Gouvernement a en outre saisi l'occasion de la célébration
de l'Année internationale des personnes âgées
(1999) pour mettre l'accent sur la capacité de cette tranche
de la population à apporter une contribution très
intéressante à la vie sociale du pays. La tendance
est d'attirer l'attention des ONG, des administrations locales et
des partenaires sociaux en général sur le rôle
des personnes âgées dans la société.
En outre, des programmes tels que le programme pour le tourisme
des personnes âgées, permettant à celles-ci
de bénéficier de conditions spéciales pour
voyager hors saison, ou encore le programme de cures thermales ont
été mis sur pied pour elles.
25. Mme ALBUQUERQUE (Portugal) indique que le
Code pénal punit l'avortement de peines d'emprisonnement
qui sont aggravées dans les cas où l'avortement entraîne
le décès de la femme enceinte ou nuit gravement à
sa santé, ou encore, si la personne pratiquant l'avortement
le fait régulièrement ou à titre onéreux.
Une interruption médicale de grossesse est néanmoins
autorisée dans trois cas : premièrement, lorsqu'un
risque pèse sur la vie ou la santé de la femme enceinte;
deuxièmement, dans les cas où on peut craindre une
malformation ou un grave problème de santé du fStus
(jusqu'à 24 semaines de grossesse); troisièmement,
si la grossesse résulte d'un viol (jusqu'à 16 semaines
de grossesse). En 1998, six procès ont été
intentés pour avortement. Quatre personnes ont été
condamnées, dont deux à une peine d'amende et deux
à une peine de prison avec sursis. L'essentiel est naturellement
de prévenir les grossesses non désirées, raison
pour laquelle l'accès gratuit pour tous, à tout âge,
aux centres de planification familiale est considéré
comme un droit inaliénable. On peut se féliciter que
l'utilisation de contraceptifs soit en progression au Portugal.
26. M. DOS SANTOS PAIS (Portugal) explique que
l'épidémie du sida s'étant déclarée
au Portugal plus tard que dans les autres pays européens,
son pays n'est pas encore parvenu à ralentir la propagation
du virus. Selon les chiffres fournis par le Comité national
de lutte contre le sida, 84 % des cas notifiés concerneraient
des hommes. La tranche d'âge la plus touchée se situerait
entre 20 ans et 49 ans et les utilisateurs de drogues injectables
constitueraient la population la plus à risque, suivie des
hétérosexuels, des bisexuels puis des homosexuels.
Ce problème de santé publique préoccupe vivement
le Gouvernement portugais, comme en témoignent les nombreuses
initiatives prises pour lutter contre ce fléau : distribution
gratuite de préservatifs, création d'unités
mobiles distribuant la nuit des seringues dans les zones à
forte consommation de drogues injectables, possibilité, pour
les toxicomanes par voie intraveineuse, d'échanger dans les
pharmacies leurs seringues souillées contre des seringues
propres et grandes campagnes de sensibilisation par le biais des
médias. Il a en outre été créé,
au sein des hôpitaux publics, des unités spécialisées
dans le traitement du sida. Elles dispensent des soins de santé
à tous les malades et prennent en charge les sidéens
en phase terminale. Le Ministère de la justice a, quant à
lui, adopté une loi autorisant à libérer les
détenus en phase terminale et a mis en place des unités
thérapeutiques spéciales dans les établissements
pénitentiaires afin d'endiguer la propagation du sida et
des MST au sein de la population carcérale. S'agissant de
ces dernières, des campagnes d'information ont également
été lancées dans les établissements
d'enseignement primaire et secondaire.
27. M. GRISSA se demande si la mafia russe dont
il a été question précédemment n'est
pas associée au trafic de drogue, à la prostitution
et à la traite des femmes. Dans ce cas, elle contribuerait
à la propagation du virus tant au sein du pays qu'à
l'étranger, compte tenu que le Portugal accueille de nombreux
touristes.
28. M. WIMER ZAMBRANO souligne que le nombre
de peines prononcées pour les avortements illégaux
est très faible. C'est donc qu'en pratique, la loi qui pénalise
l'avortement non thérapeutique n'est pas ou peu appliquée.
Le Portugal n'envisage-t-il pas, pour faire baisser le nombre d'avortements
illégaux, de légaliser l'avortement ?
29. M. SADI remarque que pour lutter contre
l'épidémie du sida, de nombreux pays imposent un test
de dépistage avant le mariage. Le Portugal envisage-t-il
d'adopter une telle mesure ? S'agissant de l'avortement, à
quel stade de la grossesse le fStus acquiert-il un droit à
la vie ?
30. M. DOS SANTOS PAIS (Portugal) explique que
s'il a fait référence à la mafia russe, c'est
que la police est de plus en plus souvent confrontée à
ce groupe de population. S'il est vrai que ce phénomène
nouveau se caractérise par une intensification du trafic
de drogue et de la prostitution, il est toutefois difficile d'établir
un lien entre la propagation du sida et le tourisme sexuel compte
tenu du fait que cette maladie touche avant tout les toxicomanes
par voie intraveineuse. Quant à la question du dépistage
obligatoire du VIH avant le mariage, les partisans de cette mesure,
dont le Comité national de lutte contre le sida, se sont
heurtés à la Constitution portugaise qui consacre
le droit à la vie privée. Les personnes souhaitant
faire ce test sont libres de le faire mais elles ne peuvent en aucun
cas y être contraintes.
31. Mme ALBUQUERQUE (Portugal) déclare
que le droit à la vie est acquis à la naissance. Le
fStus jouit toutefois d'une protection puisque le Code pénal
interdit l'avortement passé un certain délai et qu'une
interruption médicale de grossesse n'est autorisée
que dans les trois cas précités. Quant à la
légalisation de l'avortement, Mme Albuquerque signale qu'en
1998, le Portugal a soumis, par voie de référendum,
la question à la population, qui l'a rejetée. Il est
toutefois clairement ressorti de la vaste campagne menée
à cette occasion qu'il était nécessaire de
mettre en place des programmes d'éducation sexuelle et de
sensibilisation afin de prévenir les grossesses non désirées.
L'éducation sexuelle est désormais obligatoire dans
les écoles.
Articles 13 et 15 du Pacte
32. La PRÉSIDENTE invite les membres
du Comité à poser des questions sur l'article 13 sur
le droit à l'éducation et l'article 15 consacrant
le droit de participer à la vie culturelle.
33. M. SINGH (UNESCO), faisant référence
à la stratégie à moyen terme de l'UNESCO qui
contient une proposition tendant à considérer l'éducation
comme le premier bien commun auquel seule l'éducation donne
accès, souligne que les responsables au plus haut niveau
doivent être conscients de la lourde responsabilité
qui leur incombe dans ce domaine qui ne peut être soumis aux
forces du marché. Ce secteur doit donc constituer une priorité
dans le développement d'un pays et dans la réalisation
des droits économiques, sociaux et culturels, priorité
qui doit se refléter non seulement dans sa politique nationale
mais également dans sa législation. Par l'adoption
du décret-loi No 147/97, le Portugal a mis en place un cadre
juridique concernant le développement et l'expansion du réseau
national de l'éducation préscolaire. Il convient de
saluer ce nouveau régime juridique qui intègre un
seul réseau national en remplacement des anciens réseaux
public et privé. Il est le corollaire de l'effort de rapprochement
entre les deux systèmes responsables en matière d'éducation
préscolaire et vise à atteindre notamment l'universalité
de l'éducation préscolaire. M. Singh se félicite
des réformes engagées par le Portugal, et en particulier
de la réforme structurelle mise en place par la loi de base
du système éducatif. Il aimerait toutefois en savoir
plus sur l'accès aux établissements d'enseignement
supérieur dans le cadre de la nouvelle structure mise en
place.
34. M. ROMERO, rappelant qu'en 1995, le Portugal
consacrait 0,18 % de son PIB à la culture, demande à
la délégation portugaise de lui communiquer des données
actualisées sur le sujet, de manière que le Comité
puisse évaluer les progrès accomplis dans ce domaine.
Il souhaite également connaître la raison pour laquelle
le Portugal ne donne aucune information sur les droits d'auteur,
alors que l'État partie semble prendre en considération
ces droits puisqu'il a créé le Conseil national du
droit d'auteur. M. Romero demande en outre si le Portugal a ratifié
les instruments internationaux se rapportant aux droits de propriété
intellectuelle. Il souhaite également savoir si le Portugal
s'est intéressé aux droits dits connexes, qui couvrent
la diffusion et l'enregistrement des programmes audio. Enfin, quelles
mesures le Portugal a-t-il prises pour permettre aux personnes handicapées
l'accès aux sites culturels ?
35. M. GRISSA demande à la délégation
d'expliquer la raison pour laquelle les filles ne représentent
que 47,7 % des effectifs de l'enseignement primaire alors que, étant
donné que l'enseignement est obligatoire jusqu'à 15
ans, elles devraient être aussi nombreuses que les garçons
sur les bancs d'école. Il voudrait aussi savoir pourquoi
les élèves sont plus nombreux dans le secondaire que
dans le primaire (d'après les données, l'enseignement
secondaire compterait 70 000 élèves de plus que le
primaire).
36. M. THAPALIA déclare que selon plusieurs
sources, les résultats du pays en matière d'éducation
ne sont pas très positifs : taux d'alphabétisation
le plus faible d'Europe, taux d'abandon scolaire élevé
avant l'âge de 15 ans, sous-représentation des filles
dans l'enseignement secondaire. M. Thapalia souhaite savoir si le
Portugal envisage de prendre des mesures pour améliorer ces
résultats.
37. M. ANTANOVICH souligne que bien que l'enseignement
soit obligatoire et gratuit jusqu'à l'âge de 15 ans,
de nombreux enfants, pour la plupart employés dans des entreprises
privées du nord du pays, ne sont pas scolarisés. Que
fait le Portugal pour obliger les parents à envoyer leurs
enfants à l'école ? Prend-il des mesures pour lutter
contre le travail des enfants, qui est strictement interdit par
la Charte sociale européenne ? Se référant
au paragraphe 33.4 des réponses écrites dans lequel
il est dit que les personnes originaires des pays africains lusophones
de 15 ans ou plus ont accès à l'enseignement au même
titre que les Portugais, M. Antanovich demande ce qu'il advient
des moins de 15 ans et si ces dispositions s'appliquent également
aux nouveaux immigrants qui ne sont ni africains ni de langue maternelle
portugaise.
Quatrième Partie
38. M. SADI demande pourquoi l'enseignement
n'est obligatoire et gratuit que jusqu'à l'âge de 15
ans. S'il est vrai que le Pacte prévoit seulement l'instauration
progressive de la gratuité de l'enseignement secondaire et
supérieur, il serait dans l'esprit du Pacte qu'un pays développé
comme le Portugal assure la gratuité de l'enseignement secondaire
au-delà de l'âge de 15 ans, limite qui semble assez
abstraite. Dans le même ordre d'idées, le Portugal
prévoit-il de prendre des mesures pour instaurer progressivement
la gratuité de l'enseignement supérieur ? D'autre
part, lors de l'établissement de son prochain rapport, le
Portugal tiendra-t-il compte des observations générales
formulées en 1999 au sujet de l'éducation ?
39. M. WIMER souhaiterait obtenir des informations
sur la politique d'attribution des subventions en faveur des établissements
d'enseignement privés menée par le Gouvernement portugais.
40. De l'avis de M. HUNT, le Comité a
besoin d'informations beaucoup plus détaillées sur
la mise en Suvre par le Portugal de l'article 13 du Pacte et devrait,
dans ses observations finales, encourager ce pays à les lui
fournir dans son quatrième rapport périodique. Il
espère que l'État partie réexaminera les observations
finales formulées par le Comité en 1999 au sujet de
l'article 13. Il aurait été souhaitable que le Comité
dispose de plus d'informations, par exemple, sur la rémunération
des enseignants, la discipline, y compris les châtiments corporels,
les frais de scolarité dans l'enseignement supérieur,
en particulier leur évolution à la hausse ou à
la baisse, le contenu des programmes et la conformité de
ceux-ci avec le paragraphe 1 de l'article 13 du Pacte. M. Hunt croit
également comprendre que l'enseignement préscolaire
n'est pas gratuit. Quels sont les politiques, les programmes et
les dispositions réglementaires propres à favoriser
l'égalité d'accès à l'enseignement préscolaire,
en particulier pour les groupes vulnérables ?
41. M. DOS SANTOS PAIS (Portugal) dit que la
législation portugaise protège l'ensemble des droits
de propriété intellectuelle et que son pays a ratifié
tous les instruments internationaux qui s'y rapportent, ce qui le
place au même niveau que les autres pays européens
à cet égard. La législation en la matière
a du reste été actualisée en 1998. Pour ce
qui est de l'obligation de scolarité, elle s'applique à
tous les groupes de la population, y compris les étrangers.
Si la scolarité est obligatoire jusqu'à l'âge
de 15 ans, c'est parce que les enfants entrent à l'école
primaire à l'âge de six ans et doivent bénéficier
de neuf années de scolarité.
42. M. CRISTINO JOANA (Portugal) indique que
le budget du Ministère de la culture s'élevait à
environ 28 milliards d'escudos en 1995. Ce budget a sensiblement
augmenté depuis lors, puisque l'on estime que les dépenses
de ce ministère atteindront 46 milliards d'escudos en 2000,
soit une progression très supérieure au taux d'inflation
et à la croissance du produit intérieur brut. En ce
qui concerne le droit d'auteur, toutes les directives de l'Union
européenne ont été transposées dans
la législation portugaise, la dernière en date étant
la directive concernant la protection des bases de données.
Quant au Conseil national du droit d'auteur, il s'agit d'un organisme
qui donne des avis au Ministère de la culture. Le Portugal
coopère étroitement avec l'Organisation mondiale de
la propriété intellectuelle. Pour ce qui est de l'accès
des handicapés à la culture, quelques exemples illustrent
l'action menée au Portugal en la matière. Depuis de
nombreuses années, des mesures sont prises pour donner aux
non-voyants accès à la lecture; c'est ainsi que la
Bibliothèque nationale de Lisbonne possède des livres
en braille et des livres enregistrés sur cassettes. Pour
leur part, les musées accomplissent depuis quelques années
un effort particulier pour aménager leurs locaux de façon
que les personnes handicapées puissent y avoir accès.
43. M. DOS SANTOS PAIS (Portugal) signale que
plusieurs résolutions récentes du Conseil des ministres
enjoignent à toutes les administrations publiques de faciliter
l'accès des handicapés à la culture. Ainsi,
les informations diffusées sur les sites Web de ces administrations
doivent également être disponibles sous d'autres formes,
pour que les aveugles et d'autres handicapés puissent les
consulter. Les administrations doivent veiller à ce que les
personnes atteintes d'un handicap physique, en particulier celles
qui utilisent un fauteuil roulant, puissent avoir accès à
leurs locaux. À la télévision, une interprétation
en langue des signes permet aux sourds de suivre les émissions
d'information. D'autre part, un effort est accompli pour sous-titrer
d'autres émissions.
44. Mme LEMOS DAMIAO (Portugal) signale qu'une
action d'éducation sexuelle à visée préventive
est menée dans des écoles pilotes. Dans quelques années,
l'éducation sexuelle sera dispensée plus largement
dans le cadre des cours d'éducation civique. Le Ministère
de la santé et celui de l'éducation mènent
auprès des adolescentes une action éducative concernant
la grossesse et l'avortement. En outre, des services de planning
familial et de conseils nutritionnels sont offerts aux adolescentes.
45. L'enseignement préscolaire est gratuit
dans le secteur public. Le Ministère de l'éducation
s'emploie à le développer car il constitue un élément
de l'apprentissage tout au long de l'existence. Plus généralement,
la gratuité des frais de scolarité et des prêts
à taux d'intérêt réduit sont accordés
aux familles modestes. Le Ministère de l'éducation
accorde la priorité aux régions mal desservies. En
particulier, des enseignants itinérants se rendent dans des
zones peu peuplées et d'accès difficile. Il existe
un service d'orientation scolaire et professionnelle. Les enfants
de familles défavorisées bénéficient
de services gratuits de transport et de restauration, notamment.
Pour les enfants de familles modestes, les livres et les autres
fournitures scolaires sont gratuits. Les élèves du
secondaire peuvent bénéficier de bourses. Un effort
particulier est accompli pour dissuader les élèves
d'abandonner prématurément leurs études. À
cette fin, les élèves en difficulté bénéficient
d'une assistance pédagogique et peuvent éventuellement
suivre un programme spécialement adapté à leurs
besoins. L'enseignement universitaire n'est pas gratuit, mais les
frais de scolarité sont peu élevés et l'État
vient en aide aux étudiants issus de milieux modestes. Ces
étudiants peuvent bénéficier de bourses et
de services sociaux et, en particulier, il existe, dans chaque établissement
d'enseignement, un conseil d'aide sociale destiné aux étudiants.
Une loi adoptée en 1999 a mis en place un programme de prêts
pour les étudiants de l'enseignement supérieur. En
ce qui concerne les élèves handicapés, on s'efforce
de les intégrer dans des écoles ordinaires, où
ils bénéficient d'un soutien de la part d'éducateurs
et de psychologues spécialement formés. Les élèves
aveugles disposent de moyens informatiques appropriés et
peuvent emprunter des livres en braille. L'accès des handicapés
à l'enseignement supérieur est assuré notamment
par un quota de 1 % dans chaque établissement d'enseignement.
Par ailleurs, les adultes âgés de 25 ans ou plus peuvent
entreprendre des études universitaires, même s'ils
ne possèdent pas les diplômes normalement requis, pour
autant qu'ils réussissent un examen d'entrée.
46. M. DOS SANTOS PAIS (Portugal) dit que le
Portugal ne manquera pas de tenir compte des observations générales
du Comité lors de l'élaboration de son quatrième
rapport périodique. En ce qui concerne la discipline, les
châtiments corporels sont interdits. Une loi relative à
la discipline dans l'enseignement a récemment été
adoptée à l'issue d'un large débat public.
Elle prévoit un système décentralisé,
mais des directives générales doivent être respectées.
Les élèves, les parents et les enseignants participent
à la recherche d'une solution aux problèmes de discipline.
47. La PRÉSIDENTE demande à la
délégation portugaise si elle a d'autres observations
à formuler.
48. M. DOS SANTOS PAIS (Portugal) dit qu'à
l'avenir, le Portugal donnera au Comité des informations
plus détaillées, compte tenu des observations générales
de celui-ci. Le Gouvernement portugais tient beaucoup à respecter
les normes et les recommandations formulées par les organes
conventionnels, notamment le Comité des droits économiques,
sociaux et culturels.
49. La PRÉSIDENTE remercie la délégation
portugaise de sa participation, se félicite du dialogue constructif
qui s'est instauré avec les membres du Comité et annonce
que l'examen du troisième rapport périodique du Portugal
est achevé.
La séance est levée à 12 h 55.
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