|
Relatórios Apresentados
por Portugal aos Órgãos de Controlo da Aplicação
dos Tratados das Nações Unidas em Matéria de
Direitos Humanos
Compte rendu analytique de la
32ème seance : Portugal Macau. 13/01/97. E/C.12/1996/SR.32.
(Summary Record)
COMITE DES DROITS ECONOMIQUES,
SOCIAUX ET CULTURELS, Quinzième session
COMPTE RENDU ANALYTIQUE DE LA 32ème SEANCE,
tenue au Palais des Nations, à Genève, le mercredi
20 novembre 1996, à 15 heures
Président : M. ALVAREZ VITA
SOMMAIRE
Examen des rapports :
a) Rapports présentés par les Etats parties conformément
aux articles 16 et 17 du Pacte (suite)
Deuxième rapport périodique du Portugal (Macao) (suite)
La séance est ouverte à 15
h 15.
EXAMEN DES RAPPORTS :
a) RAPPORTS PRESENTES PAR LES ETATS PARTIES CONFORMEMENT AUX
ARTICLES 16 ET 17 DU PACTE (point 4 de lordre du jour) (suite)
Deuxième rapport périodique du Portugal (Macao) (E/1990/6/Add.8
et E/C.12/1995/LQ.10 (suite)
1. Sur linvitation du Président, la délégation
portugaise prend place à la table du Comité.
Points relatifs aux dispositions générales
du Pacte (art. 1er à 5)
2. M. COSTA OLIVEIRA (Portugal), continuant à répondre
aux questions des membres du Comité, explique la situation
des fonctionnaires portugais dont les postes vont être pourvus
localement. Il sagit en général dexpatriés
dont la plupart rentreront au Portugal et seront indemnisés
sils y sont affectés à un poste de rang moins élevé
que celui quils occupaient à Macao. Dautres prendront leur
retraite et dautres encore, ceux qui connaissent bien Macao, seront
invités à y rester en tant que consultants. Quant
au secteur privé, il est, pour lessentiel, aux mains de la
communauté chinoise de Macao et son sort ninspire aucune
inquiétude.
Points se rapportant à des droits
spécifiques reconnus dans le Pacte (art. 6 à 15)
3. M. RATTRAY demande quil soit précisé dans quelle
mesure le droit de grève est protégé dans la
pratique et quelle est lattitude du public et du monde des affaires
à légard de ce droit. Il aimerait savoir sil y a des
exemples de représailles contre des grévistes ou si
des mesures prises face à une grève ont soulevé
des inquiétudes.
4. M. GRISSA fait observer que les dates indiquées dans les
réponses écrites du Gouvernement portugais (document
sans cote distribué par la délégation portugaise
en anglais) comportent bien le jour et le mois, mais pas lannée.
Quen est-il, dautre part, du droit de constituer des syndicats si,
comme laffirme le Portugal, la convention collective ne fait pas
partie des usages dans les relations de travail chinoises.
5. M. TEXIER, parlant de lapplication des articles 6 et 7 du Pacte,
demande si une protection des travailleurs est prévue en
cas daccident du travail ou de maladie professionnelle, sil existe
une inspection du travail et si celle-ci a un pouvoir non seulement
répressif mais préventif, lui permettant par exemple
dexiger larrêt des travaux sur un chantier quelle juge dangereux,
et enfin, si les infractions à la législation du travail
sont punies.
6. Les conditions dans lesquelles un travailleur peut être
licencié, en cas de restructuration par exemple, nont pas
été exposées en détail dans le rapport
du Portugal, qui ne précise pas si un licenciement peut être
négocié et si des recours sont ouverts au travailleur
qui sestime lésé.
7. Mme BONOAN DANDAN sintéresse à lapplication à
Macao de larticle 7 du Pacte. Elle a relevé des incohérences
dans les paragraphes 92, 93, 95, 97 et 100 du rapport (E/1990/6/Add.8).
Si, comme il est dit au paragraphe 93, on ne dispose pas de données
statistiques concernant la répartition des revenus entre
le secteur public et le secteur privé, elle ne voit pas sur
quoi reposent les affirmations contenues dans le reste de ce paragraphe
et au paragraphe 92, ni sur quelle base les chiffres du tableau
4 relatifs au secteur public ont été calculés.
De même, il est difficile de se faire une idée de la
situation des travailleurs non résidents daprès les
informations données aux paragraphes 95 et 100, selon lesquelles
"toutes les catégories de travailleurs sont visées
par la loi" mais "la loi sur le travail ne sapplique pas
aux travailleurs non résidents". Enfin, en labsence
de statistiques, sur quelles données empiriques repose laffirmation
contenue dans le paragraphe 97 quant à la non-discrimination
contre un groupe quelconque de travailleurs ?
8. M. COSTA OLIVEIRA (Portugal) reconnaît que si le libellé
même dun texte législatif mentionne lannée où
il a été adopté, il nen va pas de même
pour dautres mesures ou décisions et que le rédacteur
des réponses écrites a en effet péché
par négligence.
9. Répondant aux questions sur le droit de grève,
il dit que ce droit existe dans les textes mais nest pas exercé
dans la pratique car la culture chinoise préfère la
négociation et larrangement au conflit ouvert. Syndicats
et patrons peuvent être soumis à de très fortes
pressions, y compris de lopinion publique, pour parvenir à
une solution. Les grèves sont très rares, affectent
plutôt le secteur public et ne sont déclenchées
que pour des motifs très graves, comme le non-paiement des
salaires pendant plusieurs mois consécutifs.
10. Pour ce qui est du droit de se syndiquer, il existe certes,
mais les syndicats préfèrent sappeler "associations
de travailleurs" et avoir pour but la promotion darrangements
plutôt que la lutte. Quant aux négociations collectives,
elles nont guère cours en tant que telles car les partenaires
préfèrent sentendre directement entre eux, hors de
la présence dun représentant du gouvernement, qui
est exigée par la loi portugaise. Cette dernière précision
na pas été donnée dans le rapport, il faut
le reconnaître.
11. Les pouvoirs de linspection du travail et la réglementation
concernant les licenciements sont tout à fait satisfaisants.
Macao a encore besoin de travailleurs non résidents, et même
si des restructurations sopèrent, elles nentraînent
pas de licenciements, mais plutôt des reconversions. Cela
dit, la réglementation concernant les licenciements est interprétée
à Macao de façon très libérale : certes,
un licenciement doit théoriquement être justifié,
mais en fait lemployeur a la part belle.
12. M. LOUREIRO (Portugal) précise quun travailleur licencié
peut sadresser à linspection du travail, qui soccupe de son
cas. Un inspecteur sefforce damener les deux parties à sentendre,
dans le respect de la loi, sans sadresser au tribunal. Lorsquun
licenciement est injustifié, les parties conviennent dune
indemnisation, et lorsque lemployeur invoque une cause quil estime
juste, cest le tribunal compétent qui tranche. En cas daccident
du travail, un inspecteur fait son rapport; si laccident na entraîné
ni décès ni blessure grave, le tribunal fixe lindemnité
à verser à la victime.
13. M. TEXIER, présentant une motion
dordre, fait observer que la délégation portugaise
na pas répondu à sa question concernant le rôle
préventif de linspection du travail, et le pouvoir éventuel
de celle-ci de fermer un chantier jugé dangereux.
14. M. LOUREIRO (Portugal) dit que les règlements en la matière
sont les mêmes quen Europe, que linspection doit sanctionner
les infractions quelle constate et que si un inspecteur estime que
des vies sont en danger, il fait immédiatement rapport au
directeur de linspection du travail, qui peut ordonner la fermeture
du chantier.
15. A propos des paragraphes 92, 93 et 97 du rapport, M. COSTA OLIVEIRA
précise que les services de linspection du travail de Macao
nont enregistré aucune plainte pour violation du principe
"à travail égal salaire égal". On
peut toutefois imaginer que, à Macao comme ailleurs, de tels
cas se produisent.
16. M. ADEKUOYE se réfère au document "Country
Reports on Human Rights practices for 1994" publié par
le Département dEtat des Etats-Unis dAmérique. Ce
document, qui est cité dans lanalyse par pays que le Secrétariat
a établie à lintention du Comité (E/C.12/CA/23),
fait état des nombreux travailleurs manuels et autres, originaires
de Chine ou dautres pays, qui travaillent entre 10 et 12 heures
par jour et perçoivent souvent des salaires inférieurs
de plus de la moitié à ceux versés aux résidents
de Macao pour le même travail. De plus, il y est indiqué
que, daprès les statistiques officielles, en 1993, 32,7 %
des salariés travaillaient sept jours par semaine. M. Adekuoye
demande à la délégation portugaise des précisions
sur ce point.
17. M. COSTA OLIVEIRA (Portugal) dit quil a lu ce document et que
le Portugal a dailleurs élevé une protestation à
cet égard et demandé la correction de certaines des
données quil contient. Autant que les autorités le
sachent, il nexiste pas à Macao de violation du principe
"à travail égal salaire égal". De
plus, il assure M. Adekuoye quà Macao les heures supplémentaires
sont payées normalement, conformément à la
loi ou, selon les secteurs, aux conventions collectives.
18. A propos des paragraphes 95 et 100 du rapport relatifs à
la protection juridique des travailleurs non résidents, M.
Costa Oliveira précise quil sagit de travailleurs qui sont
autorisés à séjourner temporairement à
Macao pour sacquitter de tâches déterminées.
Dans sa réponse écrite à la question No 12
de la liste des points à traiter, le gouvernement indique
que ces travailleurs sont protégés par des dispositions
spéciales (ordonnances du Gouverneur No 12/GM/88 et 49/GM/89)
qui leur garantissent un logement approprié et une couverture
sociale, notamment en cas daccident du travail ou de maladie professionnelle.
Certes, cette protection nest pas aussi bonne que celle dont bénéficient
les travailleurs résidents, mais elle existe. Dès
que possible, M. Costa Oliveira apportera des éclaircissements
sur la méthode qui a été utilisée pour
réunir les données statistiques mentionnées
au paragraphe 93 du rapport.
19. Mme JIMENEZ BUTRAGUEÑO souhaiterait un complément
dinformation sur la différence de protection sociale entre
travailleurs résidents et non résidents. Ces derniers
sont-ils tenus de verser des cotisations sociales ?
20. M. CEAUSU constate que les données statistiques qui figurent
dans le rapport sont anciennes, certaines remontant même à
1987. Il conviendrait donc de les mettre à jour. Par ailleurs,
il voudrait connaître la fréquence des inspections
du travail à Macao. Il semblerait quon ne procède
à ces inspections que lorsquun travailleur ou un syndicat
porte plainte. Elles devraient être périodiques. Les
tableaux 5 et 6 font dailleurs apparaître une augmentation
du nombre des victimes daccidents du travail, ce qui montre que
les inspections du travail ne sont pas assez fréquentes.
M. Ceausu note en particulier que certains accidents sont dus au
surmenage. La durée du travail est donc parfois excessive,
comme laffirme le Département dEtat des Etats-Unis dans le
document mentionné par M. Adekuoye. M. Ceausu demande des
éclaircissements à cet égard.
21. M. ADEKUOYE insiste sur le fait que le Comité a besoin
de statistiques récentes et que celle figurant dans le rapport
doivent être actualisées. A propos du tableau 5 (nombre
de victimes daccidents du travail par groupe dâge), il souhaiterait
connaître le nombre denfants de 14 à 18 ans victimes
daccidents du travail. Il faudrait à cet effet scinder le
groupe dâge 14-24 ans.
22. Mme JIMENEZ BUTRAGUEÑO est préoccupée par
le fait quà partir de 1999 les Conventions de lOIT qui se
rapportent à larticle 7 du Pacte (droit à des conditions
de travail justes et favorables) pourraient ne plus être en
vigueur à Macao. Par ailleurs, elle voudrait savoir ce quon
entend par les associations de travailleurs de type syndical dont
il est question au paragraphe 103 du rapport. Ces associations sont-elles
de véritables syndicats ? Enfin, Mme Jimenez Butragueño
sétonne de labsence de protestations sociales à Macao,
et de la passivité de la population. Linfluence de la Chine
se ferait-elle déjà sentir ?
23. Mme BONOAN-DANDAN dit quelle connaît Macao et quelle sait
que la population chinoise de Macao craint lavenir. Il ne suffit
pas daffirmer que les services de linspection du travail nont été
saisis daucun cas de violation du principe "à travail
égal salaire égal". En outre, elle sétonne
que lOffice des statistiques et du recensement ne soit pas en mesure
de fournir des données récentes sur une population
de 400 000 personnes seulement. Comment peut-on, dune part, fournir
des données précises sur les accidents dus, par exemple,
à une exposition à des températures extrêmes
et, dautre part, ne faire apparaître aucun cas de harcèlement
sexuel ? Mme Bonoan-Dandan souhaiterait connaître la situation
des employés de casinos, qui représentent à
Macao une proportion importante de la main-d'oeuvre. Enfin, elle
insiste sur le fait que le Comité a besoin d'informations
plus concrètes et que le gouvernement doit tout mettre en
oeuvre, notamment en réunissant des données statistiques
complètes, pour protéger les droits économiques,
sociaux et culturels de la population de Macao.
24. M. GRISSA demande des éclaircissements sur les paragraphes
103 et 104 du rapport qui sont à ce point confus et contradictoires
qu'il ne les comprend pas.
25. M. ADEKUOYE souhaiterait un complément d'information
sur l'immigration illégale de travailleurs à Macao
et sur les mesures que prend le Gouvernement pour l'enrayer.
26. M. THAPALIA demande des éclaircissements sur les conditions
de travail et sur les négociations collectives dans le secteur
du bâtiment.
27. M. COSTA OLIVEIRA dit que Macao est soumis à une forte
pression migratoire en provenance surtout de la République
populaire de Chine. Les autorités du territoire supposent
que le nombre dimmigrants illégaux est très élevé
malgré une politique très stricte de contrôle
aux frontières.
28. Par ailleurs, les travailleurs non résidents étant
par définition appelés à ne rester que provisoirement
dans le territoire, ne sont pas tenus de verser des cotisations
sociales puisquils ne sont pas susceptibles de bénéficier
de prestations.
29. Concernant la durée du travail, il est exact que dans
certains cas, il arrive que des travailleurs soient appelés
à travailler sept jours par semaine lorsquun travail précis
doit être terminé dans un délai donné,
mais il ne sagit en aucun cas dune règle.
30. Enfin, si les autorités de Macao ne disposent pas de
données sur les cas de discrimination, cest tout simplement
parce quelles nont pas eu connaissance de situations de cette nature.
Il se peut que des discriminations soient commises et, si cest le
cas, les autorités seraient bien entendu tout à fait
disposées à réagir mais, jusquà présent,
aucune plainte na été déposée à
ce titre. Dautre part, il est difficile dimaginer pourquoi linspection
du travail, qui a recensé par ailleurs un certain nombre
de violations de la législation du travail dans dautres domaines,
occulterait des cas de discrimination.
31. Mme BONOAN-DANDAN, présentant une motion dordre, souligne
quelle na nullement donné à entendre que les autorités
de Macao pourraient occulter des cas de discrimination.
32. M. COSTA OLIVEIRA (Portugal) dit que les personnes qui travaillent
dans le secteur des casinos sont presque toutes des travailleurs
résidents, sont soumises à la législation générale
du travail et paient des impôts comme les autres travailleurs.
Il ne dispose daucune information faisant état de problèmes
particuliers de harcèlement sexuel dans ce secteur.
33. Répondant aux questions soulevées par M. Grissa,
il reconnaît que le paragraphe 104 du rapport est mal rédigé.
En effet, le droit de grève sapplique sans réserves
dans la totalité du territoire de Macao. Cependant, il nexiste
pas de réglementation précisant la nature des entités
qui peuvent déclencher une grève, la durée
du préavis et des autres détails applicables au droit
de grève. Quant au paragraphe 103 du rapport, il convient
de préciser que tous les groupes qui souhaitent créer
un syndicat peuvent le faire. Il se trouve quà Macao les
gens préfèrent, pour des raisons culturelles, créer
des associations de travailleurs, qui ne sont pas réellement
des syndicats, même si elles sy apparentent par leur fonctionnement.
Dautre part, la loi ne prévoit pas de mécanisme de
négociation collective.
34. Enfin, la délégation portugaise fournira toutes
les statistiques dont elle dispose même si, dans certains
cas, celles-ci ne sont pas organisées selon les mêmes
critères que ceux utilisés dans les Directives générales
concernant la forme et le contenu des rapports.
35. M. GRISSA demande si le fait que la négociation collective
ne soit pas prévue par la loi signifie quelle est illégale.
36. M. COSTA OLIVEIRA (Portugal) dit que la négociation collective
nest en aucun cas une infraction à la loi. Il se trouve simplement
que les accords conclus entre une association de travailleurs et
une association patronale à lissue dune négociation
collective ne sont pas notifiés au gouvernement et ne sont
pas enregistrés par lui.
37. Mme JIMENEZ BUTRAGUEÑO souhaite savoir si les associations
de travailleurs sont affiliées à des fédérations
syndicales internationales.
38. M. COSTA OLIVEIRA (Portugal) ne dispose pas de cette information
pour lensemble des associations de travailleurs mais sait que, par
exemple, lAssociation des fonctionnaires est affiliée à
une grande fédération syndicale internationale.
39. M. LOUREIRO (Portugal) dit que les informations qui figurent
dans le rapport du Portugal au sujet des conventions de lOIT acceptées
par le territoire sont incomplètes et que les conventions
Nos 1, 12, 26, 29, 73, 81, 88, 98, 100, 105, 106, 107 et 111 sont
appliquées au territoire.
40. M. COSTA OLIVEIRA (Portugal) précise que les autorités
portugaises discutent de façon suivie avec les autorités
chinoises de la question de la continuité de lapplication
des instruments internationaux en vigueur à Macao. Il convient
à cet égard de préciser quen vertu dune disposition
spécifique de la Loi fondamentale de la Région administrative
spéciale de Macao de la République populaire de Chine,
les Conventions de lOIT, de même que les deux pactes internationaux
relatifs aux droits de lhomme, resteront en vigueur après
le transfert de souveraineté. Cela étant, les discussions
se poursuivent sur les conditions dans lesquelles ces instruments
resteront applicables.
41. Enfin, réagissant à laffirmation selon laquelle
la société de Macao semble plus passive que celle
de Hong-kong, M. Costa Oliveira reconnaît que linfluence de
la Chine à Macao est extrêmement importante, mais souligne
que la République populaire de Chine a toujours respecté
le principe selon lequel le Portugal était responsable de
ladministration du territoire. Il est vrai que la société
de Macao est sans doute moins active et moins militante que celle
de Hong-Kong, mais cela peut sexpliquer par le fait quune grande
partie de la population de Hong-Kong vit dans ce territoire depuis
deux ou trois générations et est animée dun
sentiment dappartenance aigu, dont on ne trouve pas déquivalent
dans une part très importante de la population de Macao.
Il convient cependant dêtre très prudent et déviter
de tirer des conclusions qui pourraient justifier une perte dautonomie
pour Macao.
42. Le PRESIDENT invite les membres du Comité à examiner
les questions de lapplication de larticle 9 du Pacte.
43. Mme JIMENEZ BUTRAGUEÑO, abordant la question de la pension
de vieillesse, demande sil existe des statistiques concernant le
nombre de personnes âgées au sein de la population
de Macao. Il lui semble par ailleurs quil existe une discrimination
en termes de pension de vieillesse entre fonctionnaires et travailleurs
du secteur privé et elle aimerait avoir des précisions
à ce sujet. Dautre part, Mme Jimenez Butragueño voudrait
savoir si les personnes qui ne remplissent pas les conditions énoncées
au paragraphe 130 du rapport touchent une pension de vieillesse
et, dans laffirmative, selon quelles modalités. Il serait
également intéressant de connaître le rapport
entre la pension de vieillesse et le salaire minimum, et de savoir
si les retraités bénéficient dune assistance
médicale.
44. M. GRISSA est préoccupé, dans le cas de Macao
comme dans celui de Hong-kong, par ce qui va se passer après
le transfert de souveraineté à la République
populaire de Chine. Cest pourquoi il aimerait savoir si lune ou
lautre disposition de laccord conclu avec cet Etat prévoit
que les pensions de vieillesse et lépargne accumulée
par les retraités seront respectées. Par ailleurs,
il semble difficilement concevable que les autorités chinoises
acceptent que les casinos de Macao restent ouverts; M. Grissa sinquiète,
dès lors, du sort qui sera réservé aux nombreux
travailleurs de ce secteur.
45. M. ADEKUOYE souhaite avoir des précisions concernant
le paragraphe 110 du rapport, où il est dit que sur les 15
700 fonctionnaires que compte le territoire, 8 000 fonctionnaires
environ cotisent activement à la caisse des pensions de Macao
et 3 091 autres sont des cotisants non actifs. Qui sont les quelque
4 500 autres fonctionnaires et ont-ils droit à une pension
de retraite ? En outre, il serait intéressant de savoir quel
est le rapport entre la pension de retraite des fonctionnaires et
le coût de la vie, ainsi quentre la pension de retraite et
le salaire perçu pendant la vie active. Enfin, ces pensions
de retraite sont-elles relevées lorsque les salaires augmentent
?
46. Mme BONOAN-DANDAN voudrait savoir, à propos du paragraphe
140 du rapport, si les travailleuses non résidentes bénéficient,
comme les travailleuses résidentes, dun congé de maternité
avec paiement du salaire jusquà un maximum de trois naissances.
47. Toujours à propos du paragraphe 140, M. CEAUSU relève
que les travailleurs non résidents ne bénéficient
pas, en matière de protection sociale, des mêmes droits
que les travailleurs résidents. Il demande des éclaircissements
sur ce point. Sagissant des accidents du travail (par. 136 du rapport),
il sétonne quen 1993, le Fonds de sécurité
sociale (FSS) ait versé une somme de 200 000 MOP à
un seul travailleur.
48. M. ADEKUOYE souhaiterait savoir si, à la fin de leur
contrat, les travailleurs non résidents perçoivent
une somme forfaitaire avant de regagner leur pays dorigine.
49. M. OLIVEIRA (Portugal) dit quaucune clause de ce type ne figure
dans le contrat de travail des travailleurs non résidents.
50. M. ALEIXO (Portugal) précise que, si pour percevoir la
pension sociale (600 MOP par mois) il nest pas nécessaire
davoir cotisé au FSS, il faut par contre être âgé
de plus de 65 ans et avoir résidé à Macao au
moins sept ans. En 1996, 5 570 personnes reçoivent cette
pension (voir par. 129).
51. Pour avoir droit à la pension de vieillesse (1 000 MOP
par mois), il faut non seulement être âgé de
plus de 65 ans et avoir résidé plus de sept ans dans
le territoire, mais aussi avoir cotisé au FSS au moins 60
mois. En 1996, le nombre des allocataires est de 2 395, contre 1
821 en 1995 (voir par. 130). Quant aux fonctionnaires, dont les
pensions sont sensiblement les mêmes que celles des travailleurs
du secteur privé et sont revalorisées en même
temps que les salaires, ils doivent avoir travaillé dans
la fonction publique pendant au moins 15 ans pour avoir droit à
pension.
52. Si, pour lheure, la situation financière du FSS est bonne,
elle risque de lêtre un peu moins à lavenir en raison
de laugmentation prévisible du nombre des allocataires.
53. Les 200 000 MOP versés en 1993 par le FSS à un
travailleur victime dun accident du travail lont été
en application de la loi qui prévoit que le FSS se substitue
à lemployeur lorsque celui-ci na pas les moyens financiers
de sacquitter de ses obligations à légard de ses employés,
par exemple en cas de faillite (par. 135).
54. Enfin, pour les personnes âgées, les soins de santé
sont gratuits sur le territoire de Macao.
55. M. OLIVEIRA (Portugal) dit que toutes les femmes qui travaillent
à Macao, quelles soient résidentes ou non résidentes,
bénéficient dun congé de maternité avec
paiement de salaire jusquà un maximum de trois naissances.
56. Quant aux économies, aux pensions et aux droits sociaux
des personnes résidant à Macao, notamment les fonctionnaires,
ils seront maintenus après la période de transition,
conformément à la Déclaration conjointe signée
par le Portugal et la République populaire de Chine. Cette
déclaration contient également des dispositions spéciales
prévoyant le maintien des casinos après la rétrocession,
vu leur importance pour la vie économique du territoire.
57. M. CEAUSU sétonne que les employeurs doivent verser une
cotisation de 30 MOP par mois pour chaque travailleur non résident
(par. 137 b)) alors même que, daprès le paragraphe
140, ces travailleurs sont exclus de la sécurité sociale.
58. Mme BONOAN-DANDAN dit que priver les mères salariées
de congés de maternité payés au-delà
du troisième enfant lui paraît contraire à larticle
10.2 du Pacte.
59. Mme JIMENEZ BUTRAGUEÑO sassocie aux préoccupations
exprimées par les deux intervenants précédents
et demande si, à lissue du congé quelle a pris pour
donner naissance à son quatrième enfant, une travailleuse
est assurée de retrouver son emploi.
60. M. OLIVEIRA (Portugal) dit que si la loi fait obligation aux
employeurs de verser au FSS une cotisation de 30 MOP par mois pour
chaque travailleur non résident mais de 20 MOP par mois seulement
pour chaque travailleur résident, cest pour les inciter à
embaucher davantage de travailleurs résidents.
61. Il convient de préciser que si les femmes ne bénéficient
pas dun congé de maternité payé à partir
du quatrième enfant, elles ont toutefois le droit de choisir
librement le nombre de leurs enfants et sont assurées de
retrouver leur emploi après larrêt de travail nécessité
par laccouchement, dont le coût est pris en charge par la
sécurité sociale. Ces droits seront maintenus au-delà
de la période de transition.
62. Quant aux travailleurs non résidents, ils sont effectivement
exclus de la sécurité sociale, à laquelle ils
ne cotisent dailleurs pas, mais bénéficient des mesures
de protection, notamment en matière daccidents du travail
et de maladies professionnelles, qui sont prévues par une
loi spécifique.
La séance est levée à 18 heures.
|