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Relatórios
Apresentados por Portugal aos Órgãos de Controlo da
Aplicação dos Tratados das Nações Unidas
em Matéria de Direitos Humanos*
Deuxième rapport
périodique : Portugal Macau. 10/04/95.
E/1990/6/Add.8 . (State Party Report)
Session de fond de 1995
APPLICATION DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS
ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS
Deuxièmes rapports périodiques présentés
par les Etats parties
en vertu des articles 16 et 17 du Pacte
Additif
[9 mars 1995]
* Les rapports initiaux présentés
par le Portugal au sujet des droits faisant l'objet des articles
10 à 12 (E/1980/6/Add.35/Rev.1) et des articles 13 à
15 (E/1982/3/Add.27/Rev.1) ont été examinés
par le Groupe de travail de session d'experts gouvernementaux chargé
d'étudier l'application du Pacte international relatif aux
droits économiques, sociaux et culturels à sa session
de 1985 (voir E/1985/WG.1/SR.6 et 9). Le deuxième rapport
périodique présenté par le Portugal le 17 mai
1994 au sujet des droits faisant l'objet des articles 1 à
15 (E/1990/6/Add.6) contient des informations concernant le Portugal
même.
Annexe statistique*
Liste des publications annexées au rapport*
* L'annexe statistique et les publications annexées
au rapport peuvent être consultées dans les dossiers
du Secrétariat.
A. Territoire et population
1. Macao, territoire sous administration portugaise,
est situé sur le littoral méridional de la Chine,
à environ 65 km à l'ouest de Hong-Kong. Le territoire
de Macao, qui comprend la péninsule de Macao (où se
trouve la "cité du Saint-Nom-de-Dieu") et les îles
de Taïpa et Coloane, couvre une superficie totale d'environ
18 kilomètres carrés. La situation géographique
de Macao, sa tradition d'ouverture et son contexte économique,
social et culturel ont attiré des cultures, des langues et
des religions extrêmement diverses et facilité leur
coexistence.
2. D'après les données du dernier
(treizième) recensement général de la population
réalisé en 1991 (Censos 91), le nombre total d'habitants
s'élevait à 355 693 et devait atteindre 381 000 d'ici
à la fin de l'année 1992. Pour connaître la
composition de la population et la situation relative des principaux
groupes ethniques, culturels, linguistiques et religieux, on se
reportera au document intitulé Treizième recensement
de la population/ Troisième recensement de l'habitation-Résultats
globaux, qui est annexé au présent rapport.
B. Structure politique générale
3. L'établissement des Portugais à
Macao remonte à 1557.
4. Le système juridique de Macao est
basé sur la branche romano-germanique du droit européen
continental. Il se caractérise par le fait que les lois proprement
dites sont, de loin, la source la plus importante du droit; la législation
pertinente est incorporée dans des codes juridiques spécifiques
appelés les cinq "grands codes" : le Code civil,
le Code de commerce, le Code de procédure civile, le Code
pénal et le Code de procédure pénale.
5. L'organisation constitutionnelle de Macao
a subi des changements majeurs au cours de l'histoire du territoire.
La période initiale de "juridiction mixte" (de
1557 à 1822) a été suivie par une "période
coloniale" (de 1822 à 1976) puis, récemment,
par une "période de transition" (qui doit prendre
fin le 19 décembre 1999). Une constante dans l'histoire de
Macao a été la coopération qu'ont entretenue
le Portugal et la Chine. Macao a en outre toujours joui d'un important
degré d'autonomie.
6. Dès l'installation des Portugais à
Macao, cette autonomie est apparue dans l'organisation administrative
du territoire. Le poste de gouverneur n'a été créé
qu'au milieu du dix-septième siècle mais, en fait,
jusqu'en 1783, date de l'approbation des "dispositions royales",
la colonie portugaise de Macao a été gouvernée
par le puissant Senado. Le Senado, organe inspiré de la tradition
médiévale portugaise de l'administration locale, représentait
les intérêts portugais grâce au mandat de trois
conseillers élus pour trois ans par la population portugaise,
de deux juges et d'un procureur. Le Senado était investi
de pouvoirs politiques, administratifs et judiciaires.
7. Aujourd'hui, Macao se trouve dans la "période
de transition", qui prendra fin le 20 décembre 1999
lorsque la Chine aura recouvré son entière souveraineté
sur le territoire (Déclaration conjointe sino-portugaise,
art. premier). Après cette date, et pour une période
de 50 ans, la République populaire de Chine s'engage à
adhérer aux principes, aux politiques et aux dispositions
qui, selon le principe "un pays, deux systèmes",
sont énoncés dans la Déclaration conjointe
sino-portugaise (art. 2 12)), et à les consacrer dans une
Loi fondamentale de la région administrative spéciale
de Macao de la République populaire de Chine.
8. Actuellement, le statut du territoire de
Macao est défini à la fois dans la législation
du Portugal et dans celle de Macao, par la Constitution portugaise
de 1976 et par le Statut organique de Macao approuvé par
la loi 1/76 du 17 février et modifié par les lois
53/79 du 14 septembre et 13/90 du 10 mai.
9. Au niveau du droit international, le statut
de Macao est défini par la "Déclaration conjointe
du Gouvernement de la République populaire de Chine et du
Gouvernement de la République portugaise sur la question
de Macao", signée à Beijing le 13 avril 1987,
ainsi que par les décisions de l'Organisation des Nations
Unies sur la question, notamment la recommandation de 1972 du Comité
spécial de la décolonisation concernant la situation
de Macao (résolution 2908 (XXVII) de l'Assemblée générale
en date du 2 novembre 1972).
10. Depuis 1976, date de sa première
version, jusqu'à aujourd'hui, la Constitution portugaise
comprend des dispositions spécifiques sur la situation de
Macao destinées à définir le statut juridique
du territoire conformément au nouveau régime constitutionnel
portugais ainsi qu'aux directives de l'Organisation des Nations
Unies susmentionnées. L'Assemblée constituante qui
a élaboré la Constitution actuellement en vigueur
- dans laquelle le territoire de Macao est expressément défini
comme tel - a ajouté à l'article 5, intitulé
"Territoire", un quatrième paragraphe qui se lit
comme suit :
"Le territoire de Macao, sous administration portugaise,
est régi par le statut adapté à sa situation
particulière."
La Constitution portugaise a clarifié
la situation une fois pour toute et, par opposition au premier paragraphe
du même article, Macao a été explicitement exclu
du territoire national. Selon les termes de cette disposition, les
pouvoirs de l'Etat portugais sont définis comme étant
de simples pouvoirs d'administration.
11. Bien que cela dût modifier les dispositions
internes, les législateurs portugais ne faisaient qu'entériner
le principe déjà admis au niveau international à
la fois par la République populaire de Chine et par l'ONU,
à savoir que Macao est un territoire chinois sous administration
portugaise. La Déclaration conjointe sino-portugaise allait
consolider la conception du Portugal et de la Chine quant au statut
juridique de Macao. L'article premier du traité énonce
ce qui suit :
"Le Gouvernement de la République populaire de Chine
et le Gouvernement de la République portugaise déclarent
que la région de Macao (comprenant la péninsule
de Macao, l'île de Taïpa et l'île de Coloane,
ci-après désignées par le nom de Macao) est
un territoire chinois et que le Gouvernement de la République
populaire de Chine rétablira l'exercice de sa souveraineté
sur Macao avec effet à compter du 20 décembre 1999."
12. De même, l'article 2 de la résolution
41/92 de l'Assemblée de la République en date du 31
décembre réitère que :
"1. L'application à Macao du Pacte
international relatif aux droits civils et politiques et du Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels, notamment de l'article premier de chacun des deux Pactes,
n'affectera en aucune manière le statut de Macao tel qu'il
est défini par la Constitution portugaise et le Statut organique
de Macao.
"2. L'application à Macao de ces Pactes n'affectera
en aucune manière les dispositions de la Déclaration
conjointe sino-portugaise sur la question de Macao signée
le 13 avril 1987, notamment celles qui déclarent que Macao
fait partie du territoire chinois et que le Gouvernement de la
République populaire de Chine rétablira l'exercice
de sa souveraineté sur Macao avec effet à compter
du 20 décembre 1999, le Portugal demeurant responsable
de l'administration de Macao jusqu'au 19 décembre 1999."
13. Compte tenu de la Déclaration conjointe
sino-portugaise, lors de la révision de la Constitution qui
a eu lieu en 1989, les dispositions concernant Macao ont été
modifiées et réunies dans un seul article, l'article
292, qui est intitulé "Statut de Macao" et dont
le texte est le suivant :
- "1. Le territoire de Macao est régi par le statut
adapté à sa situation particulière aussilongtemps
qu'il sera sous administration portugaise.
- "2. Le statut du territoire de Macao, tel qu'il est défini
par la loi n° 1/76 du 17 février, demeure en vigueur,
avec les modifications introduites par la loi n° 53/79 du
14 septembre.
- "3. L'Assemblée de la République peut approuver
des modifications du statut de Macao ou décider son remplacement
sur proposition de l'Assemblée législative de Macao
ou du Gouverneur de Macao, dans ce dernier cas après consultation
de l'Assemblée législative de Macao, et après
avis du Conseil d'Etat.
- "4. Dans le cas où la proposition est approuvée
avec des modifications, le Président de la République
ne promulguera pas le décret de l'Assemblée de la
République avant que l'Assemblée législative
de Macao ou le Gouverneur de Macao, selon les cas, se soit prononcé
favorablement.
- "5. Le territoire de Macao dispose d'une organisation judiciaire
propre dotée d'autonomie et adaptée à ses
particularités, conformément à la loi, qui
devra respecter le principe de l'indépendance des juges."
14. L'article 2 du Statut organique se lit d'autre
part comme suit :
- "Le territoire de Macao sera organisé comme une
entité juridique et, dans le respect des principes et des
droits, des libertés et des garanties établis dans
la Constitution de la République portugaise et le présent
Statut, jouira d'une autonomie administrative, économique,
financière et législative."
15. Conformément à l'article 4
du Statut organique, les organes qui gouvernent le territoire sont
le Gouverneur et l'Assemblée législative. Le Conseil
consultatif exerce ses fonctions auprès du Gouverneur, le
conseillant sur toutes les questions concernant les devoirs de sa
charge ou l'administration du territoire lorsque le Gouverneur le
juge nécessaire. Conformément à l'article 7
du Statut organique, le Gouverneur est nommé et destitué
par le Président de la République après consultation
de la population locale par l'intermédiaire de l'Assemblée
législative et des représentants des organisations
sociales. La procédure de consultation prévue à
l'article 7 est régie par les articles 180 à 183 du
règlement de l'Assemblée législative.
16. L'Assemblée législative se
compose de 23 membres, choisis de la manière suivante :
a) Huit membres élus au suffrage universel
direct;
b) Huit membres élus au suffrage indirect;
c) Sept membres nommés par le Gouverneur
parmi les résidents locaux de valeur qui jouissent d'une
autorité reconnue dans la communauté locale.
17. Il convient de souligner que la vie publique
à Macao est fortement influencée, dans tous ses aspects,
par la notion de participation et de consultation de la population
et des représentants des intérêts sociaux, culturels
et économiques. Un bon indicateur à cet égard
est l'existence de plusieurs organes consultatifs, tels que le Conseil
pour les affaires de transition, le Comité permanent pour
la coordination des affaires sociales, le Conseil de la consommation,
le Conseil économique et le Comité de l'éducation,
qui mettent fortement l'accent sur la participation.
18. Pour la première fois dans son histoire,
Macao dispose de sa propre organisation judiciaire qui fonctionne
de façon indépendante et est adaptée à
la situation particulière du territoire. Le processus de
décentralisation du système judiciaire a effectivement
commencé au moment de la révision de la Constitution
portugaise en 1989. La nouvelle formulation du paragraphe 5 de l'article
292, dans la loi constitutionnelle 1/89, établit que Macao
doit disposer d'une organisation judiciaire propre dotée
d'autonomie et adaptée à ses particularités,
conformément à la loi, qui devra respecter le principe
de l'indépendance des juges. Les principaux éléments
du système judiciaire ont alors été incorporés
dans les articles 51 à 53 du Statut organique.
19. L'article 52 du Statut organique stipule
que "dans l'administration de la justice, les tribunaux de
Macao seront chargés d'assurer la protection des droits et
des intérêts protégés par la loi, d'empêcher
toute atteinte à la légalité et de résoudre
les conflits entre les intérêts publics et privés."
20. La loi 112/91 du 29 août a approuvé
l'organisation judiciaire de Macao, définissant et harmonisant
les éléments de base du nouveau système. Conformément
à cette loi, l'organisation judiciaire de Macao comprend
des tribunaux de droit commun et des juridictions spécialisées
en matière administrative, fiscale, douanière et financière
(art. 5, par. 1). Suite à la promulgation de cette loi, outre
les juridictions inférieures, une Cour des comptes et une
Cour supérieure de justice ont été établies
(art. 6, par. 1 de la loi 112/91).
21. La Cour supérieure de justice (CSJ)
est l'organe judiciaire suprême, sans préjudice des
pouvoirs de la Cour suprême de justice, du Tribunal administratif
suprême et de la Cour constitutionnelle en matière
de recours (art. 11 de la loi 112/91). La compétence à
Macao de ces tribunaux portugais, actuellement très rarement
invoquée, continuera de s'appliquer, conformément
aux dispositions de l'article 75 du Statut organique, jusqu'à
ce que le Président du Portugal décide que les tribunaux
de Macao seront investis d'une compétence totale et exclusive.
La CSJ est donc le tribunal local du niveau le plus élevé
à exercer une juridiction de droit commun et une juridiction
en matière administrative, fiscale et douanière (art.
11 de la loi 112/91). Elle exerce les fonctions d'un tribunal de
seconde instance et d'une cour d'appel (art. 6, par. 2, de la loi
112/91). La CSJ se compose d'un président et de six juges
et instruit les affaires soit en réunion plénière
soit par chambre (art. 12, par. 1, de la loi 112/91). Jusqu'à
ce que les tribunaux de Macao soient investis d'une compétence
totale et exclusive conformément aux dispositions de l'article
75 du Statut organique, la CSJ se composera d'un président
et de quatre juges (art. 40, par. 1, de la loi 112/91, modifié
par la loi 4-A/93 du 26 février).
22. Il y a à Macao des tribunaux du premier
degré exerçant une juridiction de droit commun et
une juridiction en matière administrative, fiscale et douanière
(art. 7, par. 1, de la loi 112/91 et art. 18, par. 1, du décret-loi
n_ 17/92/M du 2 mars). Les affaires de droit commun relèvent
désormais de la compétence du Tribunal de droit commun
et du Tribunal d'instruction criminelle (art. 18, par. 2, du décret-loi
n_ 17/92/M). La juridiction en matière administrative, fiscale
et douanière incombe au Tribunal administratif de Macao qui
s'occupe des affaires, ainsi que des appels visant à régler
des affaires, qui découlent de rapports juridiques concernant
des actes administratifs, fiscaux ou douaniers (art. 9, par. 1,
de la loi 112/91 et art. 18, par. 3, du décret-loi n_ 17/92/M).
De même, la Cour des comptes a compétence en ce qui
concerne les affaires touchant à l'inspection financière
conformément aux lois de Macao (art. 10, par. 1, de la loi
112/91).
23. Le parquet est autonome et jouit d'un statut
indépendant selon la loi. Il exerce ses fonctions en toute
liberté et indépendance, sans aucune ingérence
(art. 53, par. 5, du Statut organique, art. 23 de la loi 112/91
et art. 8, par. 1, du décret-loi n_ 55/92/M du 18 août).
L'autonomie du parquet est caractérisée par son attachement
à des critères de légalité et d'objectivité
et par la soumission exclusive de ses membres aux directives établies
par la loi (art. 8, par. 2, du décret-loi n_ 55/92/M).
C. Caractéristiques économiques,
sociales et culturelles Les caractéristiques culturelles
ne seront pas considérées ici puisqu'elles ont été
traitées dans la section A.
Modèle économique
24. L'économie du territoire est fondée
sur des caractéristiques qui sont généralement
associées aux modèles libéraux : intervention
limitée de l'Etat dans l'économie Les dépenses
de l'administration en biens et services (consommation des administrations
publiques) représentent environ 8 % du PIB (données
de 1992).; libre circulation des biens et des capitaux; et
faible taux d'imposition Les recettes budgétaires (cotisations
de sécurité sociale non comprises) et les impôts
directs (à l'exclusion des recettes provenant du franchisage)
ajoutés aux impôts indirects représentent environ
4,1 % du PIB.. Cela correspond à une structure sociale
différente de celles qui prédominent dans les pays
occidentaux industrialisés s'agissant des mécanismes
de sécurité sociale. La politique monétaire
de Macao consiste à lier la monnaie locale (le pataca) au
dollar de Hong-Kong 1 pataca=1,03 dollar de Hong-Kong.,
et par conséquent, au dollar des Etats-Unis, ce qui permet
d'assurer un taux de change stable, compatible avec les liens économiques
étroits qui existent entre l'économie du territoire
et celles de Hong-Kong et des Etats-Unis.
Population
25. La population a sensiblement augmenté
depuis le début des années 80 (près de 60 %
d'accroissement durant les douze dernières années).
Ceci est attribuable à une augmentation de l'immigration
provoquée par l'envol de la croissance économique
qui s'est produit au cours de ces années.
26. La structure démographique du territoire
en a été notablement modifiée. En 1992, par
exemple, près de 70 % de l'accroissement de la population
était attribuable à l'excédent de la balance
migratoire La balance migratoire (en termes nominaux) avait
un solde positif de 11 772. Le solde global était de +17
016.. En conséquence, la population de Macao est une
population jeune D'après les données du recensement
de 1991, 49,7 % de la population a entre 20 et 44 ans.: 48
% seulement de la population réside dans le territoire depuis
plus de 20 ans et 40 % seulement des résidents sont nés
à Macao.
Structure économique
27. Macao, petit territoire avec une population
estimée (fin 1992) à 381 000 habitants, a une économie
très ouverte (Exportations de biens et services + importations
de biens et services/2) / PIB x 100., ce qui rendrait compte
de 63 % du PIB. Le développement de Macao a donc été
appuyé sur les secteurs économiques, dans le domaine
des biens comme dans celui des services, qui sont orientés
vers l'exportation. Dans ces conditions, la situation extérieure
des principaux marchés d'exportation Environ 70 % des
exportations de biens de Macao sont destinées aux Etats-Unis
et à l'Union européenne (Statistiques du
commerce extérieur, 1992). -les pays d'Asie et du Pacifique
et les pays industrialisés- est déterminante pour
l'économie du territoire.
28. Les investissements étrangers ont
joué un rôle capital dans le développement de
Macao. L'industrialisation du territoire a été stimulée
durant les années 70 par les investissements venant de Hong-Kong,
en particulier dans le secteur du textile et de l'habillement qui
commençait (à Hong-Kong) à ressentir les effets
restrictifs de l'accord multifibres. La configuration de la spécialisation
économique du territoire est dans le même temps influencée
par les liens d'interdépendance qui existent entre Macao
et les territoires voisins que sont Hong-Kong et la province de
Canton.
29. En 1980, les exportations de textiles et
de vêtements ont constitué le plus gros des ventes
à l'étranger, rapportant 87 % des recettes d'exportations
et représentant 1 % des exportations mondiales de vêtements.
En raison de cet essor, les exportations de textiles et de vêtements
ont commencé à faire l'objet d'accords bilatéraux
(avec les pays européens, les Etats-Unis et le Canada, dans
le cadre de l'accord multifibres).
30. Un nouvel accroissement important des investissements
industriels s'est produit au début des années 80,
venant de Hong-Kong et axé sur l'industrie du jouet, les
fleurs artificielles, l'électronique et la céramique.
Cela a contribué à une certaine diversification de
la base industrielle de Macao : c'est ainsi qu'au milieu des années
80, les secteurs non textiles représentaient 30 % des exportations.
31. La structure industrielle du territoire
se caractérise principalement par sa grande fragmentation,
étant constituée d'un grand nombre d'entreprises.
Macao compte actuellement quelque 1911 unités de fabrication
Recensement industriel de 1992., petites pour la plupart (environ
68 % d'entre elles emploient moins de vingt personnes). Seules 133
unités environ, soit 7 % du total, ont plus de 100 employés,
mais elles contribuent pour près de la moitié à
la valeur de la production. La main-d'oeuvre dans les industries
manufacturières a diminué, de même que le nombre
d'unités manufacturières. D'après les données
disponibles, des gains de productivité ont été
obtenus dans les principaux secteurs de l'industrie manufacturière,
la productivité nette du travail Productivité
nette=Valeur ajoutée/employés. se situant autour
de 72 000 MOP par travailleur. Valeur calculée pour
1992.
32. Sur le plan structurel, il convient de noter
que la composition de la demande globale s'est modifiée depuis
la fin des années 80, ce qui a eu des répercussions
sur la structure de l'offre.
33. Les recettes extérieures dégagées
par le secteur des services ont commencé à prendre
une importance croissante. En 1991, elles ont excédé
les recettes provenant des exportations de biens et représentent
à présent environ 31 % de la demande totale. En fait,
ces dernières années les exportations industrielles
ont cessé d'être le principal facteur de croissance,
ayant été remplacées par les activités
tertiaires. L'interruption de la croissance des exportations de
biens à la fin des années 80, signe d'une amorce de
changement dans la structure industrielle, a suivi le départ
de certaines industries pour des régions voisines offrant
des conditions de production plus compétitives, notamment
pour ce qui est du coût de la main-d'oeuvre, pour les principaux
produits de l'industrie de Macao. Dans le même temps, le secteur
des services se développait, notamment les services financiers,
l'immobilier, la prestation de services aux entreprises et le tourisme,
et le secteur de la construction était en plein essor.
34. Les bons résultats du secteur de
la construction et des travaux publics sont dus à des circonstances
qui ont été particulièrement favorables à
l'investissement privé, ainsi qu'à la mise en oeuvre
de grands travaux d'infrastructure, avec notamment la construction
d'un nouveau pont reliant la péninsule de Macao à
l'île de Taïpa, d'un terminal de conteneurs, d'un terminal
maritime pour passagers et de l'aéroport international.
35. Le secteur du tourisme mérite une
mention particulière, ayant connu un accroissement notable
en termes de capacité fixe. L'accroissement de la capacité
du secteur hôtelier peut se voir à l'augmentation du
nombre de chambres, qui est passé de 4 807 en décembre
1991 à 7 769 en décembre 1993. Avec au total
7 701 000 visiteurs en 1993 et des potentialités découlant
de l'amélioration de la qualité des services fournis
et d'un accès plus facile au territoire, le tourisme joue
un rôle économique essentiel. Principale source de
recettes extérieures, et contribuant de ce fait à
l'excédent de la balance des biens et services, le tourisme
est aussi la principale source de recettes pour l'administration.
Financement des dépenses publiques
36. Des pratiques de jeu bien établies
dans le territoire -qui font l'objet d'un contrat de licence d'exploitation
exclusive en vertu duquel 30 % des recettes annuelles brutes sont
reversées à l'Etat- font du tourisme une source essentielle
de recettes pour le budget du territoire. Les recettes provenant
du jeu représentent 46 % du total des recettes publiques.
Données de 1993. Une nouvelle source de financement,
les primes sur les ventes aux enchères publiques de terres,
a représenté en 1993 25 % des recettes totales (contre
17 % en 1991). Il faut souligner cependant que 50 % de ces recettes
sont automatiquement transmis à une entité extérieure
-un fonds pour la future région administrative spéciale
de Macao- et ne peuvent pas de ce fait être considérés
comme une source structurelle de financement des dépenses
publiques. Compte tenu de ce que l'on vient de voir, on comprend
facilement pourquoi les impôts directs et indirects ne représentent
respectivement que 11,6 et 7,5 % des recettes publiques. Données
de 1993.
La main-d'oeuvre
37. La répartition actuelle de la main-d'oeuvre
par branche d'activité économique donne une idée
de la structure de l'offre. Cela compense l'absence de données
concernant la répartition de la valeur ajoutée brute
entre les secteurs économiques.
38. Le secteur industriel, qui employait près
de la moitié de la population active au début des
années 80, a vu son poids considérablement diminuer
au fil des années. Il n'emploie à présent pas
plus de 24 % de la main-d'oeuvre totale Données portant
sur le deuxième semestre de 1993 (Enquête sur l'emploi
- données provisoires).. Le secteur des services connaît
en revanche une rapide expansion, représentant actuellement
65 % des effectifs. Au sein du secteur des services, le commerce,
la restauration et l'hôtellerie ainsi que les services sociaux
et personnels occupent une position dominante, représentant
respectivement 26 et 27 % de la main-d'oeuvre totale. L'évolution
de la structure de la population active durant la dernière
décennie s'est traduite par un quasi plein emploi, le taux
de chômage se situant autour de 2 ou 3 %.
39. En novembre 1993, le taux de chômage
était de 2,4 % et le taux de sous-emploi Est considérée
comme sous-employée toute personne ayant un emploi mais travaillant
moins de 35 heures par semaine (pour des raisons indépendantes
de sa volonté) et cherchant un travail complémentaire
ou étant prête à accepter n'importe quelle proposition
en ce sens. (Source : Enquête sur le travail, DSEC).
de 1,2 %. D'après les données disponibles, la majorité
des personnes sous-employées travaillent dans le secteur
manufacturier.
Tendances récentes
40. L'économie de Macao traverse une
période favorable malgré la récession qui touche
les pays industrialisés et les conséquences qu'elle
a sur le commerce international et sur la demande potentielle pour
les produits du territoire.
41. La mise en chantier de grands projets d'infrastructure
et la vigueur de bon nombre d'activités tertiaires ont contribué
aux bons résultats de l'économie, le PIB ayant atteint
en moyenne annuelle un taux de croissance de 6,7 % sur la période
1990-1992. Le comportement des investissements et des exportations
de services, qui ont enregistré des taux de croissance annuels
de 21 et 12 % respectivement, a été déterminant
pour la bonne tenue de l'économie.
42. L'inflation à Macao est essentiellement
attribuable à des facteurs exogènes, résultant
du poids des biens de consommation sur l'indice des prix à
la consommation (IPC) D'après les estimations du Bureau
des affaires économiques, les biens de consommation comptent
pour 42,4 % de l'IPC (IPC octobre 81-septembre 83=100).. Les
changements structurels intervenus sur les marchés ont cependant
exercé des pressions considérables sur certains secteurs,
alimentant des tendances inflationnistes. Globalement, la croissance
de l'IPC a ralenti depuis le deuxième semestre de 1991. Des
séries chronologiques portant sur une période de 12
mois se terminant en décembre 1993 font état d'un
taux de croissance de 6,7 % par rapport à la même période
de l'année précédente.
D. Cadre juridique général
de la protection des droits de l'homme
43. Les principales autorités compétentes
en matière de droits de l'homme sont les organes qui gouvernent
le territoire (le Gouverneur et l'Assemblée législative).
Bien que les organes législatifs du Portugal conservent leurs
pouvoirs à l'égard de Macao, les propres organes gouvernants
du territoire ont des responsabilités particulières
s'agissant de l'adoption de mesures (notamment législatives)
destinées à donner effet aux droits reconnus dans
le Pacte, ainsi qu'il est énoncé au premier paragraphe
de l'article 5 de la résolution 41/92 de l'Assemblée
de la République en date du 31 décembre, qui étend
l'application du Pacte à Macao. Les questions concernant
les droits, les libertés et les garanties entrent en effet
dans le cadre des pouvoirs de l'Assemblée législative
et du Gouverneur, conformément au paragraphe 1 b) et au paragraphe
5 de l'article 31 du Statut organique. Les tribunaux et la Haute
commission contre la corruption et l'illégalité administrative
jouent un rôle de contrôle important à cet égard.
44. En ce qui concerne les recours disponibles
en cas de violation des droits et des libertés reconnus dans
le Pacte, il convient de noter ce qui suit.
45. S'agissant des droits et des libertés
violés par les autorités administratives, les citoyens
peuvent déposer une plainte auprès du Centre d'information
et d'assistance si l'affaire les concerne directement et porte sur
des actes ou des omissions commis pas les services publics (décret-loi
n_ 60/86/M du 31 décembre, art. 4 à 6).
46. Des plaintes peuvent également être
déposées auprès de la Haute Commission contre
la corruption et l'illégalité administrative. La Haute
Commission, dont l'une des fonctions est de promouvoir la protection
des droits, des libertés, des garanties et des intérêts
légitimes des individus, peut adresser directement des recommandations
aux autorités concernées en vue de remédier
à des actes administratifs illégaux ou injustes, sur
la base des informations reçues sous n'importe quelle forme
et de quelle que manière que ce soit (art. 3, par. 1 c),
art. 4 m) et art. 9 de la loi 11/90/M du 10 septembre).
47. Les individus estimant que leurs intérêts
personnels légitimes ont été lésés
par un acte administratif peuvent s'adresser aux responsables en
demandant la modification, la suspension ou l'annulation de l'acte
en question (décret-loi n_ 23/85/M du 23 mars, art. 25 à
29).
48. Tous les actes administratifs commis par
des individus dépendant d'un service supérieur peuvent
être contestés auprès de ce service auquel on
peut demander la modification, la suspension ou l'annulation de
l'acte en question, en invoquant son caractère illégal,
injuste ou impropre (décret-loi n_ 23/85/M, art. 30 à
38).
49. Les actes administratifs donnant lieu à
un litige peuvent être contrôlés par les tribunaux
compétents. L'examen et le jugement des recours formés
contre des actes administratifs pris par le Gouverneur ou par les
Secrétaires adjoints sont du ressort du Tribunal administratif
suprême, le Tribunal administratif de Macao étant chargé
d'examiner les recours concernant d'autres actes litigieux de l'administration
du territoire (art. 19 du Statut organique, art. 9 et 163 de la
loi 112/91 du 29 août et art. 39 du décret-loi n_ 23/85/M).
50. Conformément aux dispositions de
l'article 280 de la Constitution portugaise et de l'article 70 de
la loi 28/82 du 15 novembre, il est possible d'introduire un recours
devant la Cour constitutionnelle contre les décisions des
tribunaux :
a) Qui se refusent à appliquer une disposition
en raison de son inconstitutionnalité;
b) Qui appliquent une disposition dont la constitutionnalité
a été contestée au cours du procès;
c) Qui se refusent à appliquer une disposition
figurant dans un acte législatif parce qu'elle est contraire
à une loi ayant une valeur renforcée;
d) Qui donnent effet à une disposition
dont la légalité a été contestée
devant le tribunal pour la raison indiquée à l'alinéa
précédent;
e) Qui appliquent une disposition précédemment
jugée inconstitutionnelle ou illégale par la Cour
constitutionnelle;
f) Qui appliquent une disposition précédemment
jugée inconstitutionnelle par le Comité constitutionnel,
lorsque la décision que la Cour constitutionnelle est priée
d'examiner porte exactement sur le même point de droit;
g) Qui se refusent à appliquer une disposition
figurant dans un acte législatif parce qu'elle contrevient
à une convention internationale, ou qui appliquent cette
disposition différemment de ce qui a été précédemment
décidé par la Cour constitutionnelle.
51. La loi sur l'organisation judiciaire de
Macao (ci-après désignée par le sigle LOJM)
a récemment institué le recours en amparo. Cette loi
stipule qu'il peut être fait appel devant la Cour supérieure
de justice de toute décision prise par un tribunal de Macao
en alléguant la violation des droits fondamentaux garantis
pas le Statut organique. Les appels directs sont limités
aux questions de violations des droits (art. 17, par. 1, de la loi
112/91).
52. Pour les droits et les libertés qui
sont violés par des particuliers, il existe des mécanismes
permettant de protéger et de faire valoir ces droits, avec
possibilité de recours devant les tribunaux.
53. L'article 292 de la Constitution portugaise
stipule que le territoire de Macao est régi par le statut
adapté à sa situation particulière comme il
est prévu dans le Statut organique de Macao approuvé
par la loi 1/76 du 17 février et modifié par la loi
53/79 du 14 septembre et par la loi 13/90 du 10 mai. Il convient
de noter que le Statut organique est une loi constitutionnelle.
Ce Statut prévoit, à son article 2, le transfert direct
au système de Macao des principes concernant les droits,
les libertés et les garanties, c'est-à-dire des principes
fondamentaux énoncés au chapitre premier ("Principes
généraux") et au chapitre II ("Droits, libertés
et garanties") de la première partie ("Droits et
devoirs fondamentaux") de la Constitution portugaise. La disposition
énoncée à l'article 11, paragraphe 1 d), du
Statut organique va dans le même sens.
54. Les droits, les libertés et les garanties
énoncés dans la Constitution portugaise -laquelle
non seulement prend en compte les droits civils et politiques prévus
dans le Pacte mais va au-delà sur plusieurs points- sont
observés dans le système juridique de Macao conformément
aux dispositions de l'article 2 du Statut organique. Ces droits,
libertés et garanties ne sont pas appliqués dans des
termes exactement identiques ni avec le même contenu qu'au
Portugal à cause de quelques restrictions qui découlent
de dispositions particulières du Statut organique reflétant
la situation spécifique et différente de Macao. L'exercice
de ces droits, libertés et garanties est limité ou
restreint à Macao conformément aux dispositions des
paragraphes 2 et 3 de l'article 18 de la Constitution portugaise,
selon lesquelles :
- "2. La loi ne peut restreindre les droits, les libertés
et les garanties que dans certains casexpressément prévus
par la Constitution. Les restrictions devront se limiter à
celles nécessaires à la sauvegarde d'autres droits
ou intérêts protégés par la Constitution.
- "3. Les lois qui restreignent les droits, les libertés
et les garanties doivent revêtir un caractère général
et abstrait. Elles ne peuvent avoir d'effets rétroactifs,
ni restreindre l'étendue et la portée de l'essence
des préceptes constitutionnels."
55. L'article 19 de la Constitution portugaise
est également en vigueur à Macao, disposant que les
organes de souveraineté ne peuvent suspendre l'exercice des
droits, des libertés et des garanties, sauf en cas d'état
de siège ou d'état d'urgence, déclarés
dans les formes prévues par la Constitution. Le Gouverneur
de Macao a en outre le pouvoir de prendre les mesures nécessaires
pour rétablir l'ordre public où que ce soit à
Macao sur l'avis du Conseil consultatif. S'il s'avère nécessaire
de restreindre ou de suspendre l'exercice des droits, des libertés
et des garanties constitutionnels, il convient préalablement
de solliciter l'avis de l'Assemblée législative et
d'informer le Président de la République dans les
meilleurs délais (Statut organique, art. 11, par. 1 d)).
56. La résolution 41/92 de l'Assemblée
de la République en date du 31 décembre, publiée
au Journal officiel de Macao (n_ 52, troisième supplément,
en date du 31 décembre 1992) et prévoyant l'application
des deux Pactes à Macao, dispose par ailleurs ce qui suit
au paragraphe 2 de l'article 5 :
- "Les droits fondamentaux à Macao ne feront pas l'objet
d'autres restrictions que celles prévues par la loi et
ces restrictions ne pourront aller au-delà des dispositions
applicables des Pactes [relatifs aux droits civils et politiques
et aux droits économiques, sociaux et culturels]."
Les limitations et les restrictions imposées
à l'exercice de ces droits par la législation locale
relative aux droits fondamentaux sont en outre considérablement
moins nombreuses que celles prévues dans le Pacte.
57. Les mêmes règles constitutionnelles
concernant les relations entre le droit international et le droit
interne sont en vigueur à Macao et au Portugal, à
savoir l'article 8 de la Constitution portugaise qui établit
le principe de la primauté du droit international sur le
droit interne commun. Les dispositions du Pacte sont donc appliquées
et invoquées dans les mêmes conditions qu'au Portugal;
il faut cependant noter que le paragraphe 2 de l'article 8 de la
Constitution portugaise prévoit l'acceptation automatique
des normes figurant dans les conventions internationales.
58. Le paragraphe 1 de l'article 5 de la résolution
41/92 de l'Assemblée de la République en date du 31
décembre stipule ce qui suit :
- "Les dispositions du Pacte international relatif aux droits
civils et politiques et du Pacte international relatif aux droits
économiques, sociaux et culturels applicables à
Macao seront mises en oeuvre à Macao, notamment par l'adoption
de lois spécifiques émanant des propres organes
de gouvernement du territoire."
Toutefois, cette disposition ne modifie et ne
peut modifier en aucune manière les normes constitutionnelles
relatives à la question de savoir si les dispositions du
Pacte peuvent ou non être directement appliquées ou
invoquées. L'article en question a pour objet de souligner
la nécessité que les dispositions du Pacte (des Pactes)
applicables à Macao soient élaborées par les
organes législatifs locaux, d'une part signifiant qu'un tel
pouvoir doit être transféré du Portugal à
Macao, et d'autre part mettant en relief l'objectif politique consistant
à donner une expression locale à la législation.
E. Information et diffusion
59. Le texte du Pacte a été publié
intégralement au Journal officiel de Macao dans les deux
langues officielles (le portugais et le chinois). Il n'a toutefois
pas fait l'objet d'autres formes de diffusion.
60. La rédaction du présent rapport
a réuni des représentants des services administratifs
responsables des domaines visés par le Pacte : économie
et finances, transports et travaux publics, justice, santé
et affaires sociales, administration publique, éducation
et jeunesse, communication, tourisme et culture. Les principales
sources utilisées pour l'établissement du rapport
sont les dispositions institutionnelles et législatives relatives
aux domaines et aux droits visés par le Pacte, ainsi que
les données quantitatives publiées régulièrement
par le Département des statistiques et des recensements et
par l'Administration des affaires monétaires et des changes
-les deux organismes chargés de produire les statistiques
officielles de Macao. Les rapports de gestion des départements
et des services jouissant d'une autonomie financière ou administrative
ont également été consultés.
61. Le présent rapport a été
communiqué aux membres de l'administration locale et au gouvernement.
F. Rôle de la coopération internationale
dans l'application du Pacte
62. Le territoire de Macao est membre de plusieurs
organisations internationales, dont certaines s'occupent des domaines
visés par le Pacte. Macao est membre associé de la
CESAP (Commission économique et sociale pour l'Asie et le
Pacifique), de l'OMS (Organisation mondiale de la santé)
et de l'ARTDO (Organisation régionale asiatique pour la formation
et le développement). Macao participe également à
d'autres organisations par l'intermédiaire de certains de
ses services administratifs. On peut mentionner à cet égard
l'Association internationale de la sécurité sociale,
l'Association internationale de l'inspection du travail, dont fait
partie le Bureau du travail et de l'emploi, la Fédération
internationale des associations de bibliothécaires et de
bibliothèques, le Conseil international des archives, et
le Conseil international pour les musées et les sites historiques,
dont l'Institut culturel de Macao est membre.
63. Comme on le verra dans les différentes
sections concernant les droits précis, la coopération
internationale n'a pas joué un grand rôle même
si beaucoup d'activités diverses de caractère bilatéral
ou international ont été menées à Macao
en collaboration avec des organisations ou des départements
d'autres pays.
II. APPLICATION DES DISPOSITIONS PRECISES DU
PACTE
64. La Convention n_ 111 de l'OIT concernant
la discrimination (emploi et profession) de 1958 est la seule dans
ce domaine à avoir été officiellement acceptée
(elle a été publiée au Journal officiel, dans
le numéro 42 du 17 octobre 1959). Ses dispositions ont été
reprises dans la législation du territoire sur le travail
intitulée "Relations du travail" (décret-loi
n_ 24/89/M du 3 avril). L'article 4 dispose en particulier que "tous
les travailleurs ont le droit à des chances égales
dans le travail et à un traitement égal dans leur
emploi et l'exécution de leur travail, sans distinction de
race, de couleur, de sexe, de religion, d'appartenance à
une association, d'opinion politique, de classe sociale ou d'origine
sociale, du fait que chacun a droit au travail".
65. Les données disponibles en ce qui
concerne la population active, le chômage et le sous-emploi
sont les suivantes :
Tableau 1
Indicateurs du marché
du travail
 |
1989
|
1990
|
1991
|
1992
|
1993
|
|
|
67,2
|
66,6
|
66,9
|
65,1
|
65,2
|
| Hommes |
78,8
|
81,5
|
81,0
|
78,5
|
79,4
|
| Femmes |
55,8
|
52,9
|
53,7
|
52,8
|
52,3
|
|
|
3,7
|
3,2
|
3,0
|
2,3
|
2,2
|
| Hommes |
2,7
|
2,5
|
2,5
|
2,2
|
2,0
|
| Femmes |
5,1
|
4,1
|
3,7
|
2,5
|
2,5
|
|
|
 |
2,3
|
1,6
|
1,4
|
1,6
|
| Hommes |
 |
2,2
|
1,4
|
0,9
|
1,4
|
| Femmes |
 |
2,3
|
1,9
|
2,0
|
1,8
|
Source : DSEC, "Enquête sur le travail" (les chiffres
considérés concernent le mois de mai de chaque année).
66. Pour connaître la situation en matière
d'emploi ou de chômage de certaines catégories particulières
de travailleurs, comme les femmes ou les jeunes, on consultera le
tableau 2 ci-dessous, qui porte sur l'année 1991. On ne dispose
pas de données concernant la situation des travailleurs handicapés
pour la période demandée.
Tableau 2
Actifs et chômeurs selon
l'âge et le sexe (pourcentages)
|
Age/sexe
|
Actifs
|
Chômeurs
|
 |
 |
A la recherche d'un premier emploiA la
recherche d'un nouvel emploi
|
| 25 ans
Hommes/Femmes
Hommes
Femmes
|
|
5,9
3,9
2,0
22,8
9,9
12,9
|
25-39 ans
Hommes/Femmes
Hommes
Femmes
|
|
|
40-59 ans
Hommes/Femmes
Hommes
Femmes
|
|
|
60 ans
Hommes/Femmes
Hommes
Femmes
|
|
|
Age non connu
Hommes/Femmes
Hommes
Femmes
|
1,2
|
|
Source : DSEC, Enquête sur l'emploi, mai
1991.
67. Si l'on compare, dans ce tableau, le nombre
d'actifs et le nombre de chômeurs par groupe d'âge,
on constate que le chômage est plus important chez les jeunes
et chez les plus âgés.
68. Bien que l'on ne dispose pas de données
statistiques concernant les groupes sociaux, les travailleurs qui
ont le plus de mal à trouver un emploi sont ceux qui essaient
de se réinsérer dans la société, d'abord
les ex-prisonniers et les ex-toxicomanes, puis les personnes souffrant
d'un handicap physique ou mental.
69. Un Bureau du travail et de l'emploi a été
créé en 1989, qui comprend un centre pour l'emploi
et des services d'information et d'orientation professionnelle.
Ces services sont gratuits et offerts à tous les travailleurs
et employeurs privés. Chaque année, plus de 2 000
jeunes et adultes en bénéficient et plus de 1 200
personnes trouvent un emploi grâce à eux.
70. Outre les services d'information et d'orientation
professionnelle et de placement, dont le but est de favoriser une
plus grande mobilité professionnelle et de permettre ainsi
aux travailleurs de trouver un emploi correspondant mieux à
leurs aptitudes et à leurs qualifications ainsi qu'aux personnes
qui sont à la recherche d'un premier emploi de choisir un
métier conforme à leurs motivations, à leurs
qualifications et à leurs compétences professionnelles,
il existe différents services administratifs ainsi que des
instituts d'enseignement publics et privés qui assurent une
formation professionnelle à court, moyen et long termes,
soit directement soit en coopération avec des organismes
sociaux associés.
71. La législation sur le travail interdit
toute discrimination dans le travail. Il existe en outre, au sein
du Bureau du travail et de l'emploi, un Département de l'inspection
du travail qui s'occupe, entre autres, de rédiger à
l'intention des tribunaux des rapports sur les résultats
des enquêtes qu'ils mènent pour déceler l'existence
d'infractions aux règlements ou de violations des normes
ainsi que sur les sanctions applicables.
72. Comme on l'a vu plus haut, plusieurs services
administratifs, dont le Bureau du travail et de l'emploi, offrent
des stages de formation professionnelle. Pendant toute la durée
des stages proposés par le Bureau du travail et de l'emploi,
qui comptent en moyenne 1 500 heures, les stagiaires ont droit à
une prestation de formation. Ces stages sont destinés aux
jeunes et aux adultes.
73. Cinq stages de formation professionnelle
ont eu lieu en 1993, à l'intention de 125 stagiaires et pour
une durée totale de 7 500 heures. Trois autres stages ont
été organisés en collaboration avec des organismes
sociaux associés, au bénéfice de 56 stagiaires
et pour une durée de 1 140 heures.
74. Le Bureau des affaires économiques
comprend un département de la formation professionnelle qui
a organisé des stages techniques pour le secteur industriel,
en particulier pour les industries du textile et de l'habillement.
Des stages ont en outre été organisés dans
les domaines suivants : informatique, gestion, comptabilité
et finances, secrétariat et relations publiques.
Stages organisés par le Centre pour la promotion du développement
industriel
 |
Nombre de stages
|
Nombre total de stagiaires
|
|
1990
|
144
|
2 572
|
|
1991
|
212
|
3 791
|
|
1992
|
246
|
4 572
|
Source : Rapport de gestion du Bureau des affaires économiques.
75. En 1992, le Centre pour la promotion du
développement industriel a organisé 246 stages à
l'intention de 4 562 stagiaires pour une durée totale de
7 569 heures, ce qui représente un accroissement de 16 %
de la capacité de formation par rapport à 1991. Le
nombre des jeunes stagiaires a également augmenté.
En 1992, environ 60 % de la durée totale des stages ont été
consacrés à la formation dans le domaine de l'industrie
de l'habillement et du tricot, à différents niveaux
de compétence allant du travailleur manuel au directeur de
production et au directeur commercial.
76. Il existe également un département
de la formation professionnelle au sein de l'Office du tourisme
de Macao. Entre autres activités et projets de formation,
ce département organise des stages de formation professionnelle,
étudie les besoins en matière de formation professionnelle
et assure une formation de base et des stages de perfectionnement.
Au cours de l'année universitaire 1992/93, 362 stagiaires
ont participé à 12 stages portant sur des domaines
divers pour une durée totale de 3 136 heures.
77. L'Institut polytechnique de Macao comprend
un Centre pour la formation continue et les projets spéciaux.
En 1993, ce Centre, comme on peut le voir dans le tableau 3, a assuré
62 stages de perfectionnement technique et professionnel dans 12
domaines différents au bénéfice de 1 064 stagiaires
et pour une durée totale de 2 328 heures.
78. Ces stages étaient essentiellement
destinés aux fonctionnaires. Depuis 1994, cependant, les
stages se sont diversifiés et sont proposés à
tous. Dans certains cas, les stagiaires qui participent à
des stages proposés par d'autres organismes peuvent prétendre
à une prestation de formation. Dans d'autres cas, les stages
sont gratuits ou assurés moyennant une contribution minime.
Tous les résidents du territoire peuvent participer à
ces stages sous réserve de remplir les conditions requises
en matière de qualifications et d'âge.
79. L'affectation des ressources humaines dans
les différentes branches d'activité et professions
dépend directement des compétences professionnelles,
ce qui a un effet sur la productivité.
Tableau 3
Stages de perfectionnement technique
et professionnel(Institut polytechnique de Macao) 1993
| Domaine de formation |
Nb de stages
|
Nb d'heures
|
Nb de participants
|
| Gestion |
8 |
186 |
154 |
| Gestion des ressources
humaines
|
2 |
46 |
31 |
| Droit |
2 |
48 |
38 |
| Informatique |
24 |
782 |
378 |
| Secrétariat et relations
publiques
|
5 |
123 |
92 |
| Administration |
6 |
141 |
124 |
| Formation d'instructeurs |
4 |
172 |
56 |
| Langues - Anglais |
11 |
830 |
191 |
| Total |
62 |
2 328 |
1 064 |
80. Il n'existe à Macao aucune discrimination
fondée sur le sexe, la race ou la religion. Du fait des droits
établis, le respect du principe de l'égalité
des chances pour tous les résidents du territoire a manifestement
progressé dans la pratique. Toutefois, dans le but d'établir
des relations de travail décentralisées et flexibles,
la législation du travail à Macao exclut de son champ
les travailleurs non résidents (c'est-à-dire les travailleurs
qui viennent d'autres régions pour pallier l'insuffisance
de la main-d'oeuvre à certains postes pendant une certaine
période). Des dispositions spéciales garantissent
les droits fondamentaux des non résidents en matière
d'emploi (ordonnances du Gouverneur nos 12/GM/88 et 49/GM/88).
Ces dispositions énoncent un certain nombre de clauses qui
doivent être incluses dans le contrat de travail : garantie
directe et indirecte de logement, versement du salaire stipulé
dans le contrat, assistance en cas de maladie et de maternité
et assistance en cas d'accident du travail et de maladie professionnelle.
81. Les services d'orientation et de formation
professionnelle s'adressent à tous les résidents sans
aucune discrimination.
82. Il n'existe pas de données concernant
les personnes qui occupent plus d'un emploi à plein temps,
mais on estime que leur nombre est très faible. La durée
normale du travail hebdomadaire est de 48 heures et, d'après
les données du Bureau du travail et de l'emploi pour 1992,
le nombre moyen des heures de travail effectuées par semaine
n'excède pas la norme.
83. Au cours des quatre dernières années,
deux colloques ont eu lieu sur le droit du travail et un séminaire
a été consacré à la formation professionnelle.
Des experts de l'OIT ont participé à ces réunions
ainsi que des représentants d'institutions officielles de
Singapour, de la République de Corée, du Japon, des
Philippines, de la Chine et du Portugal.
84. Les Conventions de l'OIT ci-après
ont été officiellement acceptées par le territoire
:
- Convention sur l'égalité de rémunération,
1951 (n_ 100), publiée dans le numéro 50 du Journal
officiel en date du 10 décembre 1966 et incorporée
dans le droit du travail du territoire (décret-loi n_ 24/89/M
: Relations de travail - Système juridique, articles 4,
34 et 36);
- Convention sur le repos hebdomadaire (commerces et bureaux),
1957 (n_ 106), publiée dans le numéro 29 du Journal
officiel en date du 16 juillet 1960 et incorporée dans
le droit du travail à l'article 17, qui dispose que pour
chaque période de sept jours les travailleurs ont droit
à 24 heures consécutives de repos, sans atteinte
à leurs salaires;
- Convention sur l'inspection du travail, 1947 (n_ 81), publiée
dans le numéro 11 du Journal officiel en date du 17 mars
1962, mise en application grâce à la création
du Département de l'inspection du travail au sein du Bureau
du travail et de l'emploi (art. 7 du décret-loi n_ 40/89).
Entre autres fonctions, le Département doit veiller à
la bonne application des dispositions juridiques, réglementaires
et contractuelles destinées à assurer la protection
des travailleurs.
Bien que les autres conventions de l'OIT n'aient
pas été explicitement acceptées dans le territoire,
nombre des principes et des droits qu'elles contiennent sont appliqués
dans la législation en vigueur.
85. Bien qu'il n'y ait pas de salaire minimum
obligatoire, le droit du travail, au chapitre V du décret-loi
n_ 40/89, établit le principe général d'un
salaire juste, et prévoit la définition d'un tel salaire,
son calcul et l'obligation de s'y conformer.
86. Le repos hebdomadaire dans l'industrie fait
l'objet de l'article 17 de la loi sur le travail, qui dispose que
"tous les travailleurs ont droit à un repos de 24 heures
consécutives pour chaque période de sept jours, sans
atteinte à leurs salaires."
87. Les jours fériés et les congés
payés font l'objet des articles 19 et 21 de la loi susmentionnée,
qui prévoit six jours fériés officiels payés
et six jours de congé payé par an.
88. Les activités agricoles dans le territoire
étant négligeables, il n'y a pas d'inspection du travail
particulière pour ce secteur.
89. Outre les diverses dispositions du droit
du travail qui garantissent des conditions dans les lieux de travail
qui ne soient pas préjudiciables aux femmes et aux mineurs,
les décrets-lois suivants sont en vigueur :
- Décret-loi n_ 57/82/M du 12 octobre -Règlement
général sur l'hygiène et la sécurité
dans leslieux de travail industriels (Journal officiel n_ 42);
- Décret-loi n_ 78/85/M du 10 août (Journal officiel
n_ 32), qui établit le droit à indemnisation pour
des dommages résultant d'accidents du travail ou de maladies
professionnelles;
- Décret-loi n_ 37/89/M du 22 mai (Journal officiel n_
21), qui approuve le règlement général sur
l'hygiène et la sécurité dans les établissements
commerciaux, les bureaux et les services;
- Décret-loi n_ 44/91/M du 19 juillet (Journal officiel
n_ 28), qui approuve le règlement sur l'hygiène
et la sécurité dans la construction civile;
- Décret-loi n_ 34/93/M du 12 juillet (Journal officiel
n_ 28), qui approuve le règlement sur le bruit.
90. Les salaires sont fixés par accord
entre l'employeur et le travailleur. Il n'y a pas de régime
de salaire minimum, mais le chapitre V de la loi sur le travail
protège le droit à un salaire juste et prévoit
la définition d'un tel salaire, son calcul et l'obligation
de s'y conformer.
91. Les données disponibles en ce qui
concerne les salaires figurent dans le tableau 4.
Tableau 4
Salaires et indice des prix à
la consommation (IPC)
séries chronologiques
 |
1989
|
1990
|
1991
|
1992
|
1993
|
| Salaires médians (MOP/mois) |
2 261 |
2 585 |
2 911 |
3 362 |
3 959 |
| Variance |
- |
14,3% |
12,6% |
15,5% |
17,8% |
| IPC (annuel) |
145,4 |
157,0 |
172,0 |
185,3 |
197,7 |
| Variance |
- |
8,0% |
9,6% |
7,7% |
6,7% |
Source : DSEC, Enquête sur le travail
- mois de mai, et IPC annuel.
92. Il n'existe pas de situations faisant apparaître
des violations du principe 'à travail égal salaire
égal' ni de situations où les conditions de travail
des femmes seraient moins favorables que celles dont bénéficient
les hommes.
93. On ne dispose pas de données statistiques
en ce qui concerne la répartition des revenus entre le secteur
public et le secteur privé. Les données relatives
à la rémunération moyenne des employés
du secteur public (fonctionnaires et membres des forces de sécurité)
sont les suivantes :
 |
1989
|
1990
|
1991
|
1992
|
| Secteur public a/ |
5 876
|
6 891
|
7 917
|
9 067
|
Source : Ressources humaines de l'administration de Macao -Administration
et fonction publique.
a/ rémunération moyenne pondérée
en fonction du nombre d'employés de chaque catégorie.
Il convient de noter que les données
disponibles ne permettent pas de comparer les rémunérations
versées dans le secteur public et dans le secteur privé
pour des emplois comparables.
94. L'application des dispositions juridiques
relatives à l'hygiène et à la sécurité
du travail évoquées plus haut relève de l'Inspection
du travail.
95. Les travailleurs non résidents (travailleurs
étrangers venus temporairement pallier une pénurie
de main-d'oeuvre) sont protégés par des dispositions
spéciales (ordonnances du Gouverneur nos 12/GM/88
et 49/GM/88).
96. Les tableaux 5 à 7 contiennent des
données sur les accidents du travail.
Tableau 5
Nombre de victimes d'accidents
du travail par groupe d'âge
| Groupe d'âge |
1987 |
1988 |
1989 |
1990 |
1991 |
| Moins de 14 ans |
5 |
- |
- |
- |
- |
| 14-24 ans |
448 |
462 |
622 |
499 |
573 |
| 25-44 ans |
- |
- |
1 563 |
1 649 |
1 609 |
| 45-64 ans |
1 497 a/ |
1 625 a/ |
273 |
281 |
283 |
| Plus de 65 ans |
- |
- |
15 |
13 |
25 |
| Age non connu |
17 |
9 |
8 |
13 |
8 |
| Total |
1 967 |
2 096 |
2 481 |
2 455 |
2 698 |
Source : Bureau du travail et de l'emploi.
a/ Avant 1989, trois groupes d'âge seulement
étaient distingués : moins de 14 ans, 14-24 ans, et
25 ans et plus.
Tableau 6
Nombre de victimes d'accidents
du travail par cause
 |
1987
|
1988
|
1989
|
1990
|
1991
|
| Chutes |
78 |
158
|
219
|
284
|
345
|
| Chutes d'objets |
73 |
55
|
126
|
72
|
75
|
| Collision avec des objets (à l'exclusion
des chutes d'objets) |
402 |
168
|
1 094
|
880
|
713
|
| Coincement dans ou entre des objets |
556 |
903
|
193
|
622
|
826
|
| Surmenage ou faux mouvements |
280 |
293
|
375
|
375
|
454
|
| Exposition à des températures extrêmes
ou contact avec de telles températures |
103 |
104
|
108
|
120
|
116
|
| Exposition au courant électrique ou contact
avec ce courant |
15 |
8
|
14
|
3
|
9
|
| Exposition à des substances toxiques ou
radioactives ou contact avec de telles substances |
25 |
1
|
16
|
24
|
30
|
| Autres causes |
386 |
406
|
336
|
75
|
130
|
| Cause inconnue |
49 |
-
|
-
|
-
|
-
|
| Total |
1 967 |
2 096
|
2 481
|
2 455
|
2 698
|
Source : Bureau du travail et de l'emploi.
Tableau 7
Accidents mortels par cause
|
Causes
|
1987
|
1988
|
1989
|
1990
|
1991
|
| Chutes et chutes d'objets |
-
|
2
|
2
|
6
|
5
|
| Collision avec des objets |
-
|
1
|
-
|
1
|
2
|
| Coincement dans ou entre des objets |
-
|
2
|
-
|
-
|
-
|
| Surmenage |
-
|
-
|
-
|
-
|
1
|
| Exposition au courant électrique ou contact
avec ce courant |
-
|
1
|
1
|
1
|
-
|
| Exposition à des substances toxiques ou
radioactives ou contact avec de telles substances |
-
|
-
|
-
|
2
|
-
|
| Autres causes |
-
|
1
|
3
|
5
|
4
|
| Total |
-
|
7
|
6
|
15
|
12
|
Source : Bureau du travail et de l'emploi.
97. Rien n'indique dans le territoire qu'il
y ait des discriminations en matière d'emploi contre un quelconque
groupe de travailleurs.
98. Selon la loi sur le travail, la durée
normale du travail est de huit heures par jour et de 48 heures par
semaine. Chaque période de travail de huit heures doit comporter
une pause d'au moins 30 minutes et il est prévu un repos
hebdomadaire de 24 heures, sans perte de salaire. Il y a 10 jours
fériés obligatoires, dont 6 doivent être rémunérés,
et au minimum 6 jours de congé payé chaque année.
99. La section 2 de l'article 10 du décret-loi
n_ 24/89/M stipule que "(...) selon l'usage et la coutume,
la manière de travailler, ou l'accord conclu entre l'employeur
et l'employé, les limites imposées dans le paragraphe
précédent [à savoir, huit heures de travail
par jour] peuvent être dépassées pour atteindre
jusqu'à 10 heures et demie de travail par jour. Toutefois,
travailler plus de huit heures par jour n'est pas réglementaire."
Il est parfois difficile, cependant, de savoir si les dispositions
de cette section sont observées par les employeurs.
100. Si toutes les catégories de travailleurs
sont visées par la loi, celle des employés domestiques
est la moins en mesure, dans la pratique, de jouir de ses droits
car il s'agit d'un secteur très difficile à contrôler.
Comme on l'a déjà noté, la loi sur le travail
ne s'applique pas aux travailleurs non résidents.
101. Ainsi qu'on l'a vu plus haut, des spécialistes
d'autres pays et territoires de la région ont participé
à des colloques organisés à Macao.
102. Le territoire a expressément accepté
la Convention n_ 98 de l'OIT sur le droit d'organisation et de négociation
collective, 1949, qui a été publiée dans le
numéro 28 du Journal officiel en date du 11 juillet 1964.
103. Les travailleurs sont libres de constituer
des associations ou de s'affilier à des associations de travailleurs
de type syndical. Sauf avec l'Association des travailleurs du bâtiment
et l'Association des constructeurs et des sociétés
immobilières de Macao, il n'y a pas de négociation
collective. Outre cinq associations de fonctionnaires, 43 associations
de travailleurs, groupées par branche d'activité économique,
mènent des activités syndicales. On ne dispose pas
de données en ce qui concerne le nombre de leurs adhérents.
104. Le droit de grève n'est pas réglementé
dans le territoire. Il y est cependant protégé dans
la mesure où la section 2 du Statut organique dispose que
les principes, les droits, les libertés et les garanties
établis par la Constitution de la République portugaise
sont également en vigueur dans le territoire.
105. L'exercice par les fonctionnaires et par
les membres de l'administration publique de Macao des droits énoncés
à l'article 8 du Pacte ne font l'objet d'aucune restriction.
Le Règlement disciplinaire des Forces de sécurité
de Macao (décret-loi n_ 84/84/M du 11 août publié
dans le numéro 33 du Journal officiel) prévoit en
revanche des restrictions à l'exercice de ces droits par
les membres des forces de sécurité.
106. Le Territoire n'a souscrit à aucune
des conventions de l'OIT sur le droit à la sécurité
sociale.
107. Il y a deux régimes différents
de sécurité sociale : un pour les employés
de l'administration publique et autres fonctionnaires et un autre
pour les travailleurs du secteur privé.
108. Il y a environ 15 700 Ces données
portent sur l'année 1993 (Administration et fonction publique).
fonctionnaires à Macao, y compris les membres des Forces
de sécurité de Macao. Ce chiffre représente
8,2 % de la population active. La Caisse des pensions de Macao
Le statut de la Caisse des pensions de Macao a été
approuvé par le décret-loi No 1/87/M du 13 janvier.
est chargée d'administrer le système des pensions
de retraite et des prestations pour les fonctionnaires et autres
employés de l'administration.
109. Le statut des fonctionnaires de Macao (décret-loi
n_ 87/89/M du 21 décembre) prévoit les prestations
de sécurité sociale suivantes : pension de retraite,
pension de réversion, capital décès, prime
d'ancienneté, prestations familiales, indemnité de
résidence, allocation de mariage, allocation de maternité,
indemnité pour les dépenses de funérailles,
subside de vacances, subside de Noël, indemnité de travail
posté, prestations médicales.
110. Pension de retraite. Sur les 15 700 fonctionnaires
que compte le territoire, seuls 8 000 environ cotisent activement
à la Caisse des pensions de Macao. Les cotisants non actifs
sont toutefois au nombre de 3 091. Les fonctionnaires et autres
membres de l'administration qui ont versé leurs cotisations
statutaires à la Caisse des pensions de Macao conformément
à l'article 259 du Statut des fonctionnaires de Macao ont
droit à une pension de retraite. Selon les dispositions de
cet article, seuls les fonctionnaires et autres membres de l'administration
dont l'âge leur permet d'effectuer un minimum de 15 années
de service jusqu'à la limite d'âge fixée par
la loi pour l'exercice de leurs fonctions peuvent cotiser à
la Caisse des pensions de Macao en vue de percevoir une prestation
de retraite.
111. Le montant de la pension varie en fonction
du nombre d'années de service effectuées dans l'administration
et de la catégorie de rémunération à
la date de la retraite. En termes généraux, il est
égal à la trente-sixième fraction du salaire
du fonctionnaire, multipliée par le nombre d'années
comptabilisé pour la retraite, jusqu'à un maximum
de 36 années (art. 264 du Statut des fonctionnaires de Macao,
conformément à la loi n_ 11/92/M du 17 août).
Le montant des pensions est révisé en fonction de
l'évolution des revenus des travailleurs actifs.
112. Si l'on tient compte des prestations établies
pour les groupes non actifs (subside de Noël et quatorzième
mois, indemnité de résidence, indemnité de
transport, etc.), la moyenne annuelle des dépenses par habitant
a été en 1993 de 7 165 MOP (contre 6 220 MOP en 1992).
113. Il y a deux types de prestations de retraite
: les prestations facultatives et les prestations obligatoires.
Les premières sont versées aux personnes âgées
de 65 ans qui ont accompli un minimum de 15 ans de service. Les
secondes sont versées en cas d'invalidité permanente
et totale, certifiée par la Commission médicale (un
minimum de 15 années de service est également requis),
ou en cas d'invalidité permanente et totale résultant
d'un accident du travail ou d'une maladie contractée dans
l'exercice de ses fonctions ou lors de l'accomplissement d'actions
humanitaires au nom de la collectivité. Dans ce cas, aucun
minimum d'années de service n'est requis.
Pensions versées par la caisse des pensions de Macao
 |
Nb de bénéficiaires
|
Dépenses
(en milliers de MOP)
|
|
1990
|
2 009
|
101 884
|
|
1991
|
2 032
|
117 892
|
|
1992
|
2 146
|
142 086
|
|
1993
|
2 231
|
170 117
|
114. Pension de réversion. Le montant de la pension de réversion
est égal à la moitié de la pension de retraite
que l'affilié à la caisse de retraite était en
droit de percevoir à la date de son décès ou
de celle qu'il aurait perçue s'il avait quitté son emploi
à cette date pour prendre sa retraite. La pension de réversion
est versée au conjoint survivant et aux enfants conçus,
ainsi qu'aux autres ayants-droits pouvant prétendre à
bénéficier de l'allocation familiale. Fin 1993, 860
personnes recevaient une pension de réversion. La même
année, la Caisse des pensions de Macao a déboursé
à ce titre la somme de 31,4 millions de MOP.
 |
Nb de bénéficiaires
|
Dépenses
(en milliers de MOP)
|
|
|
|
19 093
22 692
27 323
31 365
|
115. Capital décès. Le capital décès représente
un montant équivalent à six fois le salaire mensuel,
à quoi s'ajoutent toutes les sommes dues à la date du
décès, ou à six fois le montant de la pension
due à cette même date si la personne avait déjà
pris sa retraite. Les bénéficiaires en sont le conjoint
non séparé de corps et de biens, les enfants ou autres
descendants; en l'absence de ceux-ci, les parents ou autres ascendants;
et, pour finir, les frères et soeurs ou les neveux et nièces
qui les représentent.
Indemnités versées par l'administration centrale*
 |
Nb de bénéficiaires
|
Dépenses
(en milliers de MOP)
|
|
|
|
|
Source : DSF et Caisse des pensions de Macao.
* Retraités inclus.
116. Prime d'ancienneté. Pour chaque
période de cinq années de service, le travailleur
a droit à 190 MOP par mois jusqu'à une limite de sept
périodes.
117. Prestations familiales. Une somme de 140
MOP est versée pour les parents ou le conjoint et une somme
de 190 MOP est versée pour les descendants, à condition
que :
a) les descendants soient mineurs ou, s'ils
sont âgés de 18 à 21 ans, qu'ils poursuivent
des études secondaires ou l'équivalent et, jusqu'à
l'âge de 24 ans, qu'ils suivent un enseignement supérieur;
b) le revenu mensuel du conjoint, des parents
ou assimilés n'excède pas 2 050 MOP.
Prestations versées par l'administration centrale*
 |
Nb de bénéficiaires
|
Dépenses
(en milliers de MOP)
|
|
|
|
21 719
23 818
25 389
30 000
|
Source : DSF et Caisse des pensions de Macao.
* Retraités inclus.
118. Indemnité de résidence. Les
employés actifs, ainsi que ceux qui ne le sont plus parce
qu'ils prennent leur retraite ou sont déjà retraités,
et qui résident à Macao, ont droit à un montant
de 900 MOP par mois s'ils ne possèdent pas de logement ni
n'occupent un logement appartenant à l'administration.
Prestations versées par l'administration centrale*
 |
Nb de bénéficiaires
|
Dépenses
(en milliers de MOP)
|
|
|
|
50 813
58 770
63 491
74 468
|
Source : DSF et Caisse des pensions de Macao.
* Retraités inclus.
119. Allocation de mariage. Un montant de 2
000 MOP est versé à chaque travailleur.
Prestations versées par l'administration centrale*
 |
Nb de bénéficiaires
|
Dépenses
(en milliers de MOP)
|
|
|
|
|
Source : DSF et Caisse des pensions de Macao.
* Retraités inclus.
120. Allocation de maternité. Un montant
de 2 000 MOP par enfant est versé.
Prestations versées par l'administration centrale*
 |
Nb de bénéficiaires
|
Dépenses
(en milliers de MOP)
|
|
|
|
|
Source : DSF et Caisse des pensions de Macao.
* Retraités inclus.
121. Indemnité pour les dépenses
de funérailles. Un montant de 2 200 MOP est versé
lors du décès de chaque travailleur. L'administration
prend en charge l'intégralité des dépenses
de funérailles dans les cas suivants : si le travailleur
décède des suites d'un accident du travail ou d'une
maladie contractée dans l'exercice de fonctions publiques
à la suite d'une action humanitaire ou d'une action entreprise
pour le compte de la collectivité.
Indemnités versées par l'administration centrale*
 |
Nb de bénéficiaires
|
Dépenses
(en milliers de MOP)
|
|
|
|
|
Source : DSF et Caisse des pensions de Macao.
* Non actifs inclus.
122. Subside de vacances. Le montant attribué
est égal à la rémunération correspondant
au poste du travailleur et est basé sur le traitement dû
au 1er juin de chaque année. La prime est versée au
cours de ce mois.
123. Subside de Noël. Le montant attribué
est égal à la rémunération correspondant
au poste du travailleur et est basé sur le traitement dû
au 1er novembre de chaque année. La prime est versée
au cours de ce mois.
124. Indemnité de travail posté.
Le montant de cette indemnité est variable. Elle est attribuée
en fonction de trois classes de traitement -7,5 %, 12,5 % et 17,5
% respectivement- et en fonction du nombre de postes ainsi que de
leur durée s'ils portent partiellement ou totalement sur
des périodes de repos hebdomadaire ou complémentaire.
125. Prestations médicales. Les fonctionnaires
et les membres de leur famille ont droit à des soins médicaux
gratuits. La contribution de l'employé est fixée à
0,5 % du total du salaire, du traitement ou de la pension de retraite.
126. Méthode de financement. La cotisation
au régime de retraite représente 27 % de la somme
du traitement et de la prime d'ancienneté et est répartie
comme suit :
a) 9 % est à la charge de l'employé
ou de l'agent de l'administration (montant retenu à la source);
b) 18 % est à la charge de l'administration
du territoire.
En vertu du contrat sur la concession des courses
de chevaux, le concessionnaire est tenu de verser à la Caisse
des pensions de Macao 1 % des recettes annuelles provenant des paris.
En 1993, les cotisations des employés et de l'administration
se sont élevées à 246,3 millions de MOP tandis
que le montant rapporté par la concession a été
d'environ 11,7 millions de MOP. Les dépenses de fonctionnement
du régime des pensions de retraite et de réversion
sont couvertes par le budget général du territoire.
Secteur privé
127. Bien que Macao n'ait pas souscrit aux conventions
de l'OIT susmentionnées, le décret-loi n_ 84/89/M
du 18 décembre 1989 établit le cadre institutionnel
d'un régime de contributions obligatoires - le Fonds de sécurité
sociale (FSS) - destiné à empêcher les situations
les plus difficiles dans le cas des travailleurs locaux non assurés
du secteur privé.
128. En 1993, le FSS a concerné quelque
142 000 travailleurs, soit environ 80 % de la population active,
et accordé les prestations ci-après : pension de vieillesse,
pension d'invalidité, allocation de chômage, prestation
maladie, indemnité pour pneumoconiose, indemnité pour
créances des travailleurs envers leurs employeurs, indemnité
pour accident du travail, et congé de maternité. Conformément
à l'article 37 du décret-loi n_ 24/89/M, les entreprises
sont tenues d'accorder aux femmes enceintes 35 jours de congé
de maternité payé sans perte de salaire, jusqu'à
un maximum de trois naissances.
129. Le 1er janvier 1994, le décret-loi
n_ 58/93/M du 18 octobre (publié au Journal officiel dans
le numéro 42) est entré en vigueur, élargissant
l'étendue des prestations sociales avec l'établissement
d'une pension sociale, d'allocations supplémentaires pour
les retraités, d'allocations de maternité d'une allocation
de mariage et d'une indemnité de funérailles. La pension
sociale est une allocation en espèces d'un montant de 400
MOP par mois destinée aux personnes âgées et
aux handicapés qui n'ont les moyens de subvenir à
leurs besoins de base. Les personnes qui reçoivent une pension
du FSS peuvent se voir accorder une allocation supplémentaire
s'il est prouvé que le montant de cette pension n'est pas
suffisant pour leur permettre de subvenir à leurs besoins
de base. L'allocation supplémentaire est accordée
et versée par l'Instituto de Açcao Social de Macau
et son montant varie en fonction de la taille du ménage.
130. Pension de vieillesse. Pour avoir droit
à cette pension, il faut avoir résidé régulièrement
dans le territoire pendant au moins sept ans, être âgé
de 65 ans ou plus et avoir versé des cotisations de sécurité
sociale pendant au moins cinq ans. Cela signifie que le FSS ne commencera
à verser des pensions de vieillesse qu'à partir du
mois de janvier 1995. A compter de cette date, le montant de la
pension sera de 750 MOP par mois. Toutefois, afin d'élargir
la protection de certains groupes, la loi a prévu le versement
d'une pension mensuelle de 300 MOP à compter de la date de
création du FSS (le montant en a été porté
à 400 MOP en juillet 1993) pour les personnes suivantes :
i) les personnes âgées de 65 ans
et plus qui ont travaillé pendant les trois années
précédant immédiatement la demande;
ii) les personnes âgées de 65 ans
et plus qui n'exercent aucun emploi et n'ont aucun moyen de subvenir
à leur besoins de base.
Nombre moyen de bénéficiaires de la pension de vieillesse*
|
Année
|
1990
|
1991
|
1992
|
1993
|
 |
2 038
|
2 073
|
1 745
|
1 856
|
- * Il n'est pas tenu compte dans ce tableau des quelque deux
mille personnes qui reçoivent des allocations de vieillesse
versées par l'Instituto de Açcao Social de Macau.
131. Pension d'invalidité. Depuis juillet
1993, le montant de la pension d'invalidité a été
porté de 300 à 400 MOP. Pour y avoir droit, il faut
avoir résidé régulièrement dans le territoire
pendant au moins sept ans, être âgé de plus de
18 ans, présenter un rapport médical attestant l'invalidité
et l'incapacité à accomplir tout type de travail rémunéré
ainsi qu'une déclaration du Bureau du travail et de l'emploi
confirmant que l'intéressé a exercé un emploi.
La pension est accordée sous réserve de l'avis favorable
de la Commission médicale du FSS. En 1993, une centaine de
personnes ont perçu une pension d'invalidité et le
FSS a versé à ce titre 465 300 MOP.
132. Allocation de chômage. Son montant
est de 600 MOP par mois. Pour y avoir droit, il faut avoir résidé
régulièrement dans le territoire pendant au moins
sept ans, être inscrit au Centre pour l'emploi du Bureau du
travail et de l'emploi, avoir travaillé pendant les 12 mois
précédant immédiatement la demande et prouver
n'avoir pas d'autres moyens de subsistance. Cette allocation est
accordée seulement une fois après 30 jours consécutifs
de chômage, mais elle peut être renouvelée jusqu'à
deux fois si la persistance du chômage ainsi que l'absence
de moyens de subsistance sont prouvées. En 1993, l'allocation
de chômage a été versée à 36 personnes,
pour un total de 21 600 MOP.
133. Prestation maladie. Un montant de 20 MOP
par jour est versé à ce titre. Il faut pour en bénéficier
avoir cotisé au Fonds de sécurité sociale pendant
au moins six mois au cours des 12 mois ayant précédé
le début du trimestre durant lequel la maladie s'est déclarée
et n'effectuer aucun travail rémunéré pendant
la période de la maladie. La prestation maladie est versée
pendant un maximum de 24 jours par an, consécutifs ou non.
En 1993, il y a eu 11 bénéficiaires de cette prestation
et le total des sommes versées s'est élevé
à 3 400 MOP.
134. Indemnité pour pneumoconiose. Le
FSS prend en charge les dépenses, y compris les frais de
funérailles, et verse une indemnisation en cas d'incapacité
ou de décès résultant de la contraction de
la pneumoconiose, comme il est indiqué dans la législation
applicable aux accidents du travail et aux maladies professionnelles.
En 1993, aucun cas de pneumoconiose n'a été recensé.
En 1992, il y a eu deux cas de pneumoconiose et un montant total
de 320 000 MOP a été versé.
135. Créances des travailleurs envers
leurs employeurs. Le FSS paie ces sommes aux travailleurs lorsqu'elles
ne peuvent l'être par leurs employeurs en raison d'une insuffisance
de moyens économiques ou financiers. Il paie notamment les
sommes dues par suite d'accidents du travail ou de maladies professionnelles,
dont le montant est calculé conformément à
la loi; les salaires non payés; les indemnités pour
résiliation unilatérale du contrat de travail. Si
le poste n'existe plus, le FSS peut verser immédiatement
une indemnisation d'un montant ne dépassant pas la moitié
des salaires auxquels le travailleur a droit et qui ne lui ont pas
été payés, ainsi qu'une indemnité pour
résiliation unilatérale du contrat. En 1993, le FSS
a versé 1 040 063 MOP à 173 travailleurs.
136. Accidents du travail. En 1993, le FSS a
versé une somme de 200 000 MOP à un travailleur.
137. Méthode de financement. La méthode
de financement est la suivante :
a) Cotisations des travailleurs (10 MOP par
mois);
b) Cotisations des employeurs (20 MOP par mois
pour chaque travailleur résident et 30 MOP par mois pour
chaque travailleur non résident);
c) Transfert de 1 % du budget général
du territoire.
Au cours des quatre dernières années,
ces recettes se sont réparties comme suit :
103 MOP
 |
Cotisations
|
Transfert de 1 % du budget
|
Total |
| 1990 |
25 892,0 |
32 000,0 |
57 892,0 |
| 1991 |
34 198,0 |
75 743,5 |
109 941,5 |
| 1992 |
40 373,3 |
53 900,0 |
94 273,3 |
| 1993 |
37 163,8 |
101 398,8 |
138 562,6 |
Source : Rapports de gestion du Fonds de sécurité
sociale pour les années 1991 et 1993.
Sécurité sociale
138. Les dépenses de sécurité
sociale ont représenté environ 0,6 % du PIB Ces
chiffres sont basés sur les données figurant au tableau
14 de l'annexe statistique. en 1989 et, d'après les
estimations, 1,1 % du PIB en 1992.
139. Outre les nombreuses associations de travailleurs,
il y a d'autres institutions privées de caractère
civique et social et des établissements pour les personnes
âgées.
140. Les travailleurs non résidents sont
exclus de la sécurité sociale. Etant donné
le caractère temporaire et spécial de leurs contrats,
il est improbable qu'ils soient couverts par de tels régimes.
Néanmoins, les dispositions régissant l'emploi de
ces travailleurs garantissent, entre autres, les droits ci-après
: protection médicale et maternité, protection en
cas d'accident du travail et de maladie professionnelle. Pour les
femmes, le droit à bénéficier d'un congé
de maternité avec paiement du salaire est garanti jusqu'à
un maximum de trois naissances.
141. Le territoire de Macao n'a signé
aucune des conventions correspondantes. Cependant, un grand nombre
des principes et des droits énoncés dans ces conventions
sont garantis par la législation du territoire.
142. A Macao, le terme "famille" désigne
un groupe d'individus liés par une économie commune
et entretenant des relations sociales de type familial.
143. L'âge de la majorité est de
18 ans, mais l'âge minimum d'accession à l'emploi est
de 16 ans.
144. Macao a un système d'assistance
publique depuis 1930. Ce système a été révisé
à plusieurs reprises jusqu'à ce que, par le décret-loi
n_ 52/86/M du 17 novembre 1986, l'Instituto de Acçao Social
de Macau (IASM) devienne, avec le Gouverneur et le Conseil d'action
sociale, l'un des organes du système d'action sociale. L'"action
sociale", qui ne relève pas d'un régime contributif,
vise à venir en aide aux individus et aux groupes en difficulté
en leur accordant une assistance financière ou matérielle
et en leur fournissant un appui et des services sociaux.
145. Les fonctions de l'IASM consistent notamment
à :
a) Adopter et promouvoir des mesures de prévention
et d'assistance en faveur des individus et des familles connaissant
des difficultés sociales ou financières;
b) Protéger les individus dans le besoin,
en particulier ceux qui n'ont pas de moyens de subsistance ou qui
ne sont pas capables de s'en procurer parce qu'ils sont malades,
handicapés, involontairement au chômage, invalides
ou âgés;
c) Protéger et conseiller les individus
qui, en raison de circonstances familiales ou sociales particulières,
sont placés sous sa tutelle;
d) Participer à la réadaptation
et à la formation professionnelle des personnes invalides
ou handicapées;
e) Coopérer avec les institutions privées
de solidarité sociale, avec un soutien technique et financier,
en concluant des accords de coopération et en organisant
des stages de formation.
146. Au cours des trois dernières années,
20 200 000 MOP ont été consacrés en moyenne
annuelle à la fourniture de différents types d'assistance.
147. Le tableau ci-dessous indique les formes
d'assistance assurées en 1993 et les conditions à
remplir pour y prétendre :
 |
Nb de bénéficiaires |
Dépenses
(en milliers de MOP)
|
Conditions
(outre l'insuffisance de moyens)
|
|
Personnes âgées*
|
2 001
|
15 900
|
au moins 5 ans de résidence et 65
ans d'âge
|
| Indigents |
66 |
248 |
18 mois de résidence |
| Handicapés à 100 % |
377 |
1 219 |
" " |
| Handicapés partiels |
38 |
156 |
" " |
| Tuberculeux |
34 |
211 |
" " |
| Aveugles |
17 |
103 |
" " |
| Anciens fonctionnaires |
21 |
257 |
non couverts par le régime gouvernemental
de sécurité sociale |
| Fonctionnaires |
12 |
51 |
" " |
* Aide pécuniaire
148. Il convient de souligner que le FSS a accordé
depuis le début de l'année 1994 une aide pécuniaire
aux personnes âgées et aux handicapés ayant
résidé dans le territoire pendant sept ans, aide qui
est à présent versée dans le cadre de la pension
de vieillesse et de la pension d'incapacité. Le montant payé
est de 400 MOP par mois mais peut atteindre, avec l'allocation supplémentaire
accordée par l'IASM, 750 MOP ou davantage.
149. En outre, l'IASM :
a) délivre des autorisations aux crèches
afin de garantir la qualité du service;
b) établit et subventionne des crèches;
c) fournit un appui économique aux mères
pour leur permettre de mettre leurs enfants à la crèche;
d) fournit un appui et une assistance aux familles
ayant des problèmes sociaux et/ou économiques.
150. Les travailleurs qui ont un contrat de
travail d'une durée de plus d'un an ont droit à 35
jours de congé à la naissance d'un enfant, avec garantie
de retrouver leur emploi sans perte de salaire.
151. L'article 39 du décret-loi n_ 40/89/M
interdit à tout employeur de recruter ou d'utiliser les services
de travailleurs de moins de 16 ans.
152. Les orphelins et les enfants abandonnés
bénéficient de l'assistance de
l'IASM, qui :
a) les place dans une famille;
b) engage des procédures en vue d'assurer
leur adoption légale en collaboration avec les tribunaux;
c) les place dans un foyer pour enfants;
d) délivre des autorisations aux établissements
accueillant des enfants ou des jeunes afin d'assurer la réalisation
de certains critères de qualité.
153. Pour les enfants mentalement handicapés,
l'IASM :
a) accorde des autorisations pour le matériel
destiné aux handicapés mentaux;
b) fournit un appui technique et économique
pour le placement en institution des enfants mentalement handicapés
et leur réadaptation soit dans une institution soit en traitement
de jour.
154. L'IASM fournit des informations sur ses
services par l'intermédiaire de quatre antennes locales ouvertes
au public.
Niveau de vie
155. D'après les résultats de
l'enquête sur les dépenses des ménages effectuée
pour les années 1987/1988 Source : Enquête
sur les dépenses des ménages, Département
des recensements et des statistiques de Macao., les dépenses
moyennes des ménages se seraient accrues de 13,9 % en termes
réels par rapport aux années 1981/1982. On estime
par ailleurs que la consommation privée a augmenté
d'environ 6 % par an durant la période 1990-1992, ce qui
représente un accroissement de la consommation par habitant
(estimée à environ 32 900 MOP) de 1,4 % en moyenne
annuelle. Cette évolution est positive, indiquant une augmentation
des salaires réels et de l'emploi. Elle témoigne d'une
amélioration du niveau de vie de la population en général.
156. Outre ces indicateurs quantitatifs, on
utilise normalement d'autres indicateurs du niveau de dépenses
des ménages pour évaluer l'amélioration des
conditions de vie, en procédant à une comparaison
avec la structure de consommation caractéristique des pays
jouissant d'un niveau de revenu plus élevé. Ainsi,
si l'on considère la structure de la consommation des ménages
résidant dans le territoire pour les périodes 1981/1982
et 1987/1988, on peut noter l'évolution suivante : la part
des dépenses consacrées à l'alimentation a
diminué (de 42 à 38 %) tandis qu'ont augmenté
les pourcentages des dépenses consacrées aux services
(de 8,1 à 12,2 %), aux transports et aux véhicules
(de 5 à 7 %) et à d'autres biens divers Livres
et périodiques, bijoux, journaux. (de 8,1 à
12,2 %). Cette évolution indique elle aussi une amélioration
du niveau de vie de la population en général, du point
de vue des choix de consommation.
157. Pour une meilleure évaluation du
niveau de vie de la population, il faut compléter ces données
par d'autres données de caractère social (éducation
et santé), dont il sera question plus loin lors de la considération
d'autres articles du Pacte.
158. Pour les principaux indicateurs économiques,
voir le tableau 1 de l'annexe statistique
159. En 1988, aux fins de l'attribution de soins
médicaux gratuits Comme indiqué à la section
2 de l'article 3 du décret-loi No 24/86/M du 15 mars (OG
No 11)., la situation de "risque social" "(...)
les individus ou les familles qui ne disposent pas de moyens économiques
suffisants pour satisfaire tous leurs besoins de base" (n_
1 of Dispatch n_ 14/DSESAS/88; OG No 12). a été
définie comme étant celle des individus dont le revenu
est inférieur à 500 MOP par mois ou des familles dont
le revenu est égal ou inférieur aux chiffres indiqués
dans le tableau ci-dessous :
|
Taille de la famille (N)
|
Risque social (RS)
|
2 personnes
3"
4"
5"
6"
7"
8"
9"
10"
|
950
1 350
1 750
2 000
2 250
2 500
2 750
3 000
3 250
|
160. L'ordonnance concernant le logement social
utilise quant à elle la notion d'"unité familiale
vivant dans des conditions économiques défavorables"
(art. 2, par. d), du décret-loi n_ 69/88/M du 8 août,
Journal officiel n_ 32). La notion de "niveau de dépenses
de subsistance" est utilisée aux fins de la fixation
du loyer mensuel d'un logement d'habitation; en 1994 Règlement
administratif No 103/94/M du 18 avril (OG No 16)., ce niveau
a été fixé à 750 MOP mais, comme on
le voit dans le tableau ci-après, il varie en fonction de
la taille de la famille :
|
Taille de la famille
|
Dépenses (en MOP)
|
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
|
750,00
1 450,00
2 050,00
2 550,00
3 000,00
3 400,00
3 750,00
4 150,00
4 500,00
4 900,00
5 250,00
5 650,00
|
161. A partir des données de l'enquête
sur les dépenses des ménages pour 1987/1988, il est
possible de tirer certaines conclusions en ce qui concerne la structure
de la répartition des dépenses des ménages.
Les ménages ayant les revenus les plus faibles Groupe
dont les dépenses bimensuelles étaient inférieures
ou égales à 799 MOP., qui représentaient
6 % de la population visée par l'enquête, ont dépensé
un montant équivalent à 3 % du total des dépenses
tandis que les ménages appartenant à la catégorie
des revenus supérieurs Groupe dont les dépenses
bimensuelles étaient supérieures ou égales
à 5 000 MOP., qui représentaient 12 % seulement
de la population considérée, ont été
à l'origine de 27,5 % du total des dépenses.
162. Toutefois, lorsque l'on considère
les données de l'enquête effectuée pour les
années 1981/1982, on constate que le groupe des revenus inférieurs26/
(17,1 % de la population considérée) était
alors responsable de 7,2 % du total des dépenses, alors que
le groupe des revenus supérieurs Groupe dont les dépenses
bimensuelles étaient supérieures ou égales
à 2 500 MOP. (20,1 % de la population considérée)
était à l'origine de 49,7 % du total des dépenses.
Le droit à une alimentation suffisante
163. Une enquête est en cours sur la question
de l'alimentation suffisante.
164. On ne dispose pas de données en
ce qui concerne la malnutrition.
Le droit à un logement adéquat
165. Lorsqu'on aborde la question du droit au
logement à Macao, il faut avoir présentes à
l'esprit les caractéristiques particulières du territoire.
Celui-ci s'étend sur une faible superficie et la densité
de sa population est considérée comme étant
la plus forte du monde. D'où évidemment une pénurie
de terrains pour la construction de logements. Il faut ajouter à
cela que l'administration est le principal propriétaire des
terres, qu'elle concède, loue ou donne à exploiter
à des tiers à des fins économiques diverses.
166. Avant de traiter des points demandés,
on va examiner quatre tableaux statistiques qui donnent une vue
d'ensemble de la situation du logement à Macao (tableaux
11.1 à 11.4 du troisième recensement du logement).
Source : XIII Recenseamento da População,
III Recenseamento de Habitação - resultados globals,
Direcção de Estatística e Censo (Treizième
recensement de la population, troisième recensement du logement).
Ces tableaux portent respectivement sur : les immeubles, par commune
et par nombre d'unités d'habitation occupées; les
unités d'habitation occupées, les familles et la population
résidente, par type d'unités; les unités d'habitation
occupées, par emplacement; les unités d'habitation
familiale occupées, par emplacement et nombre de familles
dans chaque unité. Le tableau 11.1 montre que c'est dans
les communes de Nossa Senhora de Fátima et de Santo António,
au nord de la ville, que l'on trouve le plus grand nombre d'immeubles
habitation. L'île de Coloane est l'endroit où il y
a le moins d'immeubles. Sur les 9 588 immeubles de la ville, seuls
1 208 sont situés dans les îles. Le tableau 11.2 montre
que sur un total de 89 193 unités d'habitation occupées,
5 371 sont occupées par deux familles et 2 382 le sont par
trois familles ou davantage, ce qui signifie que 7 753 familles
vivent dans des conditions de surpeuplement, ce chiffre étant
considéré comme sous-estimé. Le tableau 11.3
montre qu'un tiers du total des unités d'habitation sont
situées dans la commune de Nossa Senhora de Fátima,
au nord de la ville. C'est aussi dans cette commune que se trouvent
80 % des unités d'habitation improvisées que compte
le territoire. Signe de la pénurie de terrains constructibles,
535 unités d'habitation sont construites dans la rade. Le
tableau 11.4 détaille certaines des données déjà
fournies en ce qui concerne les communes les plus peuplées.
167. Contrairement à ce qui se passe
dans les grandes métropoles, il n'y a pas à Macao
de personnes sans logis vivant dans la rue. Cependant, d'après
les données communiquées par l'IASM, il y a 52 personnes
qui refusent de vivre dans les hébergements destinés
aux sans-abris. Ces personnes, connues de tous, dorment parfois
sous le porche de certains bâtiments publics, refusant d'aller
dans les abris mis à leurs disposition. Dans certains cas,
il s'agit d'individus ayant interrompu un traitement psychiatrique.
168. Le tableau 11.5 décrit les unités
d'habitation familiale occupées, par commune, type de logement
et nombre de pièces. La majorité des 87 401 unités
d'habitation, soit précisément 50 949 logements, comportent
trois pièces. Puis viennent les logements de quatre pièces
(au nombre de 15 095) et les logements de deux pièces (12
962).
169. Par commune, les chiffres concernant la
partie nord de la ville sont, une fois encore, très instructifs.
Plus de la moitié des 3 282 logements qui ne comportent qu'une
seule pièce (1 659 exactement) sont situés dans la
commune de Nossa Senhora de Fátima. C'est en outre dans cette
commune que l'on trouve le moins de logements de cinq pièces,
six pièces ou plus : il n'y a là que 377 logements
de cinq pièces, sur un total de 2 435, et 147 logements de
six pièces ou plus, sur un total de 1 267.
170. Sur les 3 709 unités d'habitation
"improvisées", comme on les appelle, 1 152 n'ont
qu'une seule pièce et 1 080 ont deux pièces. Cela
montre bien le caractère rudimentaire et précaire
de ces constructions de fortune.
171. Une autre statistique importante est celle
qui met en évidence le lien entre les unités d'habitation
occupées, par type de logement, et le réseau public
d'approvisionnement en eau. Il est intéressant de noter que
le réseau d'approvisionnement en eau dessert un grand nombre
de logements : 85 680 des 87 401 unités d'habitation sont
raccordées au réseau et les 1 721 unités restantes
sont approvisionnées par d'autres sources. C'est bien entendu
parmi les logements improvisés que l'on trouve le plus d'unités
(30 %) non desservies par le réseau public d'approvisionnement
en eau.
172. Le tableau 11.6 est similaire au précédent,
sauf qu'il ne prend pas en compte le nombre de pièces. On
peut conclure que les 1 721 unités d'habitation qui ne sont
pas desservies par le réseau public d'approvisionnement en
eau représentent 2 % du total des logements.
173. Un autre tableau important est celui qui
contient des données sur la relation entre les unités
d'habitation occupées, par commune et par type, et l'installation
d'une baignoire ou d'une douche. Sur les 87 401 unités d'habitation
que compte le territoire, 77 835 sont équipées d'une
baignoire ou d'une douche. Cela voudrait dire qu'environ 11 % des
logements ne disposent pas d'un tel confort. On trouve essentiellement
ceux-ci parmi les logements improvisés (75 %), qui se trouvent
pour la plupart dans les îles (60 %). Cela montre combien
les logements y sont vétustes, précaires, et constituent
des installations de fortune. En ville, 10 % des unités d'habitation
en moyenne sont dépourvues de baignoire et de douche, pourcentage
qui atteint 15 % dans la commune de Nossa Senhora de Fátima.
174. Une autre statistique permettant d'évaluer
les conditions de logement et l'âge du parc d'habitations
est celle qui concerne l'existence d'installations sanitaires à
l'intérieur des habitations. Moins de 3 % des logements sont
dépourvus de telles installations, ce qui peut être
considéré comme une proportion raisonnable. Mais ce
pourcentage atteint 5 % si l'on considère l'absence de chasse
d'eau dans les 4 724 unités les plus anciennes. Ces proportions
sont plus élevées parmi les logements improvisés
: sur les 3 709 logements de ce type, 2 527 sont équipés
d'installations sanitaires intérieures, ce qui signifie que
30 % en sont dépourvus; et sur ces 2 527 logements équipés,
seuls 614, soit 22 %, disposent d'une chasse d'eau. On peut en conclure
qu'une faible proportion des logements improvisés sont destinés
à être permanents.
175. L'éclairage est un autre indicateur
des conditions de logement. Il ressort du tableau 11.9 que la quasi-totalité
des unités d'habitation sont éclairées à
l'électricité. Le nombre de logements sans électricité
est négligeable, et l'on ne connaît pas les raisons
de cette situation.
176. L'existence d'une cuisine ou d'un espace
réservé à la cuisine sert également
d'indicateur pour caractériser les conditions de logement.
Sur les 87 401 unités d'habitation du territoire, seulement
1 176, soit 1,2 %, sont dépourvues de cuisine ou d'espace
réservé à la cuisine. Avec un pourcentage atteignant
6,2 %, c'est encore une fois la partie nord de la ville, avec la
commune de Nossa Senhora de Fátima, qui est la moins bien
pourvue.
177. Le tableau qui met en rapport les unités
d'habitation occupées, par nombre de pièces, avec
le nombre de personnes qui y résident donne une idée
générale de la densité du peuplement des logements
à Macao. Sur les 87 401 unités, 50 949 (environ 60
%) ont trois pièces. Viennent ensuite les logements de quatre
pièces (moins de 20 % du total), puis ceux de deux pièces
(environ 15 %).
178. Lorsque l'on considère la dimension
des familles vivant dans une même unité d'habitation,
on constate que les familles de quatre personnes sont les plus nombreuses,
suivies par les familles de trois, puis de cinq et de deux personnes.
Mais l'existence de familles de plus de huit personnes, pouvant
même aller jusqu'à 20 personnes, n'est pas négligeable.
La présence d'un si grand nombre de personnes dans un même
logement voudrait dire que vivent ensemble différentes familles
de même ascendance parentale ou d'autres groupes sans lien
parental.
179. On peut terminer l'étude des tableaux
statistiques en considérant les données qui distinguent
les unités d'habitation familiale occupées ainsi que
la dimension des familles et la population vivant dans ces unités
en fonction de leur situation dans le territoire. Il ressort de
ces données que le nombre de familles est beaucoup plus important
que le nombre d'unités d'habitation familiale : il y aurait
un déficit de 10 669 logements.
180. La commune de Nossa Senhora de Fátima
est la plus peuplée, réunissant un tiers de la population
totale du territoire. La dimension moyenne des ménages y
est de 3,6 personnes, dépassée seulement par celle
des ménages habitant dans le port, qui s'élève
à 5,29 personnes.
181. En ce qui concerne le nombre de personnes
vivant dans des habitations ou des établissements "illégaux",
on considérera ici un type particulier d'illégalité,
à savoir la construction sans autorisation, par l'occupant,
d'un logement sur une propriété privée. C'est
ainsi qu'au Portugal, des quartiers et des rues se sont étendus
dans des zones qui n'étaient pas destinées à
la construction. Parfois, c'était un moyen d'éviter
la paperasserie qu'implique l'obtention d'une autorisation. A Macao,
ce type d'illégalité se caractérise par le
fait que les constructions non autorisées occupent généralement
des lotissements vacants appartenant au territoire lui-même
- dans le cas des bidonvilles et des habitations improvisées
-, à moins qu'il ne s'agisse de constructions précaires
installées sur les toits, dans des couloirs, des cages d'escalier,
etc., et occupant la propriété d'autrui ou les parties
communes de grands immeubles. La situation des bidonvilles et des
logements improvisés sera examinée plus loin. Pour
ce qui est des autres types d'habitation illégale, il n'est
pas possible de fournir des statistiques.
182. En ce qui concerne les expulsions, on verra
quel est leur nombre global, en mettant l'accent sur celles qui
sont considérées comme arbitraires ou mises en oeuvre
sans protection juridique.
183. Il y a très peu d'expulsions judiciaires
dans le territoire. Dans son étude publiée dans le
magazine Administração Pública de Macau (n_
13/14) et intitulée "Justiça e a comunidade em
Macau : problemas sociais, a Administração Pública
e a organização comunitária no contexto da
transição" ("La justice et la communauté
à Macao : les problèmes sociaux, l'administration
publique et l'organisation communautaire dans le contexte de la
transition"), le Professeur Boaventura de Sousa Santos présente
un tableau des procédures d'expulsion engagées chaque
année par des Chinois de 1960 à 1989. C'est en 1965
que le nombre de ces procédures a été le plus
important (50), la moyenne annuelle pour la dernière décennie
s'établissant à 26.
184. Il y a une autre catégorie d'expulsions
à Macao : ce sont les expulsions administratives. Il n'est
ni exact ni juste de parler ici d'expulsions arbitraires. Ceux qui
ont manqué à leurs obligations légales ont
des moyens de se défendre : ils ont le droit d'être
entendus dans le cadre d'une procédure contradictoire et
le droit de contester les raisons ayant pu conduire à l'annulation
du bail. La procédure d'expulsion administrative n'est engagée
que si l'autre partie n'accepte pas spontanément l'annulation
unilatérale du contrat.
185. L'administration contrôle un énorme
parc de logements sociaux et n'a recours à l'expulsion administrative
qu'en dernier ressort. Il n'est pas possible de former un recours
contre une expulsion administrative, mais si une personne estime
avoir été injustement traitée, elle peut présenter
une réclamation auprès du Haut Commissaire contre
la corruption et l'illégalité administrative. On notera
que sur la trentaine de mesures d'expulsions prises l'année
dernière, toutes ont été acceptées par
les intéressés. La seule exception était due
à une erreur matérielle dans l'introduction de la
requête, erreur qui a été rapidement corrigée
à la suite du rapport de police.
186. Une caractéristique très
particulière du système judiciaire du territoire est
que la majorité des individus auxquels il est destiné,
à savoir la population chinoise, le connaît mal. Cela
permettrait d'expliquer pourquoi il est si peu utilisé. On
ne peut toutefois en aucun cas dire qu'il n'y pas de protection
juridique ou que des mesures arbitraires ont été prises
par les autorités.
187. Dans le contexte de l'économie libérale,
où l'intervention de l'administration dans la réglementation
de l'activité économique est réduite au minimum
nécessaire, le rapport entre le revenu individuel et les
dépenses de logement n'est pas défini par l'Etat.
Cependant, pour l'attribution des logements sociaux, le gouvernement
établit un rapport entre la dimension de la famille et son
revenu mensuel afin de déterminer si celle-ci se trouve dans
une situation économique défavorable.
188. Une fois les logements attribués,
les loyers sont fixés en fonction du revenu mensuel du ménage,
classé selon plusieurs catégories et conformément
à des critères légaux. Les loyers peuvent être
révisés -augmentés, réduits, voire supprimés-
en fonction du revenu du moment de la famille. Cette révision
a lieu périodiquement ou à la suite de la présentation
par un représentant de la famille d'une demande justifiée
à cet effet.
189. Le loyer est également fixé
en fonction de la taxa de esforço Il s'agit du pourcentage
du revenu familial destiné au paiement du loyer., qui
augmente (entre 5 et 17,5 %) à mesure que le revenu s'accroît
(décret n_ 102/94/M du 18 avril), Journal officiel n_ 16).
190. Il y a plus d'un millier de demandes d'attribution
de logements sociaux et l'attente peut durer plusieurs années.
La procédure d'attribution est établie par la loi
et donne la priorité à ceux qui remplissent certaines
conditions : personnes ayant été expulsées
de logements improvisés sur ordre de l'administration; familles
hébergées dans des centres pour victimes d'accidents
ou vivant dans des logements provisoires; familles ayant perdu leur
logement à la suite d'une catastrophe. Ensuite, seulement,
viennent les familles qui se trouvent dans une situation économique
défavorable.
191. On ne dispose pas de statistiques sur l'importance
du secteur des logements privés à usage locatif ou
sur les logements occupés par leurs propriétaires.
Les données disponibles concernent les logements appartenant
à l'administration ou ceux à propos desquels elle
intervient directement. Au 31 décembre 1993, il y avait 5
302 logements sociaux à usage locatif et 1 129 logements
destinés à être habités temporairement,
soit au total 6 431 logements sociaux. Si l'on considère
que la dimension moyenne d'une famille est de 3,5 personnes, on
en conclut que 22 500 personnes environ vivent dans des logements
sociaux. Le nombre des logements sociaux à louer a augmenté
de 330 entre 1992 et 1993.
192. On a vu plus haut qu'il existait des logements
improvisés installés dans des lotissements vacants.
En décembre 1993, on comptait 3 068 habitations improvisées
abritant 3 464 familles, soit au total 12 626 personnes. D'après
les données officielles, il y avait en 1991 4 603 habitations
improvisées, abritant 5 415 familles, pour un total de 19
739 personnes. On constate donc que le nombre des logements improvisés
ainsi que le nombre des personnes vivant dans ces logements ont
sensiblement diminué -d'environ 35 %- entre ces deux années.
Ajoutons qu'un plan est actuellement mis en oeuvre en vue d'éliminer
totalement les logements improvisés d'ici à la fin
1995.
193. En raison des caractéristiques particulières
du territoire, le droit en matière de logement n'est pas
très développé, en particulier les dispositions
devant assurer la réalité du droit au logement. Le
principe de l'intervention étatique minimale permet de comprendre
que le cadre juridique soit ainsi limité. La seule loi pouvant
être considérée comme une loi générale
est la loi n_ 13/80/M du 6 septembre, dont les dispositions ont
été appliquées par des règlements spécifiques
durant les années 80.
194. L'intervention des conseils municipaux
n'est pas non plus très importante par rapport à ce
qu'elle est dans d'autres territoires ou d'autres pays, où
la construction de logements subventionnés et le secteur
coopératif bénéficient de l'appui de l'administration
locale. L'administration a néanmoins joué un rôle
dans la construction des logements sociaux depuis 1960, avec la
mise en oeuvre des projets ci-après :
|
Année
|
 |
Projets
|
Total
|
Nb d'unités d'habitation
|
| 1960 |
...
|
Aldeia da Esperança |
...
|
32 |
 |
 |
Seak Pai Wan |
...
|
32 |
| 1968 |
...
|
Angélica L. Santos |
...
|
70 |
 |
 |
B_ Económico da Taipa |
...
|
200 |
| 1970 |
...
|
Julieta N. Carvalho Bloco A |
...
|
70 |
| 1971 |
...
|
Julieta N. Carvalho Bloco B |
...
|
108 |
| 1973 |
...
|
Julieta N. Carvalho Bloco C |
...
|
162 |
| 1980 |
...
|
Fai Chi Kei |
...
|
240 |
| 1985 |
...
|
Torres ABC |
...
|
579 |
| 1988 |
...
|
Mong Há |
...
|
650 |
| Total |
...
|
... |
...
|
2.143 |
195. Il convient de noter que l'immigration
massive vers le territoire qui s'est produite dans les années
80 a posé d'énormes problèmes à l'administration
en matière de logement. Celle-ci a dû construire directement
1 469 unités d'habitation dans le quartier de Fai Chi Kei,
le quartier de Tamagnini Barbosa (tours d'habitation A, B et C)
et le quartier de Mong Há.
196. Pour répondre au besoin urgent de
logements sociaux, l'administration a lancé en 1984 un programme
de promotion indirecte de logements sociaux (décret-loi n_
124/84/M du 29 décembre), le programme de "contrats
pour le développement du logement", qui est mené
de pair avec le programme d'élimination des logements improvisés.
Selon ce décret, l'administration conclut des contrats spéciaux
avec des entreprises de construction civile, qui acceptent de construire
des logements sociaux peu onéreux en échange de divers
avantages et aides de l'administration. Il est stipulé dans
ces contrats que l'administration intégrera à son
parc immobilier une partie des unités d'habitation construites
et habitables. L'administration reçoit ces logements depuis
1987 : soit elle en dispose comme de logements sociaux soit elle
les vend.
197. Entre 1987 et le 31 décembre 1993,
14 670 unités d'habitation ont été construites
dans le cadre des "contrats pour le développement du
logement". Sur les 2 419 qu'elle a reçues (16,5 %),
l'administration en a vendu 582 et a loué les 1 837 autres.
Selon des modalités similaires, l'administration a reçu
780 unités d'habitation au titre des "contrats spéciaux".
198. La loi fondamentale sur les terrains est
la loi n_ 6/80/M du 5 juillet, connue sous le nom de loi foncière.
Elle est complétée par le code civil portugais dont
l'application a été étendue au territoire avec
quelques légères adaptations par le règlement
administratif 22.869 du 23 novembre 1967, publié dans le
numéro 46 du Journal officiel (deuxième supplément
de 1967).
199. La loi foncière, qui comprend 14
chapitres et 203 articles, réglemente les questions suivantes
: droit de propriété publique, propriété
privée et propriété publique; réserves;
plan d'occupation des sols; classification et conditions d'occupation
des terrains vacants; cession de terrains vacants; vente; concessions
et occupation des sols; délimitation des propriétés;
droits et obligations des exploitants; procédures pour l'octroi
des droits d'exploitation et d'occupation; substitution et transfert
des droits d'exploitation; annulation du processus et de la concession;
inscription des terres au registre foncier, inscription de la propriété
au registre foncier et institutions; pénalités; dispositions
diverses et définitions.
200. Lorsqu'on lit le préambule de la
loi foncière, on comprend certaines des raisons historiques
qui sont à l'origine de la forme de la législation
sur la propriété à Macao. Selon le règlement
n_ 1860 du 20 novembre 1971, la cession à bail est le moyen
de céder des terres pour la construction de bâtiments
urbains, de façon à promouvoir l'entreprise privée
en atténuant les lourdes dépenses que l'occupation
des sols entraîne pour les exploitants, telles que les dépenses
d'infrastructure afférentes aux travaux de terrassement,
d'assainissement et d'urbanisation ainsi qu'à l'élimination
des constructions improvisées.
201. La cession à bail d'immeubles urbains
est réglementée par le décret-loi n_ 43.525
du 7 mars 1961, publié dans le numéro 14 du Journal
officiel en date du 8 avril ainsi que par le Code civil. Y sont
réglementés les droits et les obligations du propriétaire
et du locataire, ainsi que des questions relatives à la révocation,
à la rescision et à l'expiration des contrats de bail.
L'administration n'exerce pas de contrôle sur les loyers.
202. Des dispositions spéciales s'appliquent
aux logements sociaux : le décret-loi n_ 69/88/M du 8 août,
publié dans le numéro 32 du Journal officiel, réglemente
l'attribution, la cession à bail et la gestion des immeubles
et unités habitation sociale. Il établit les droits
et les obligations des parties contractantes et énonce les
conditions de rescision, de résiliation et d'expiration des
contrats de bail. Les garanties des droits du locataire et les organes
chargés de les faire respecter sont ainsi établis
par la loi.
203. Au niveau institutionnel, il y a également
les associations de locataires, qui ont le pouvoir de négocier
avec l'administration.
204. Des allocations logement sont attribuées
directement aux familles pour leur permettre d'acheter un logement
économique, ainsi qu'aux fonctionnaires. Le fait que le loyer
des logements sociaux est calculé en fonction de la taille
de la famille et de son revenu représente en outre une forme
d'allocation indirecte.
205. Le décret-loi n_ 79/85/M du 21 août,
également connu sous le nom de Règlement général
sur la construction urbaine (RGCU), établit les normes techniques
relatives à la construction des immeubles. Il prévoit
des normes de caractère administratif, qui régissent
les conditions de la mise en oeuvre des projets, les procédures
de soumission pour approbation, l'autorisation des projets de construction
et leur gestion. En matière de gestion, il s'agit notamment
d'assurer un suivi administratif, de procéder à des
contrôles et de veiller au respect de la loi et, dans des
cas extrêmes, d'infliger des sanctions à ceux qui enfreignent
les dispositions de la loi.
206. Le Laboratório de Engenharia Civil
de Macau (Laboratoire d'ingénierie civile de Macao) est l'organisme
chargé de contrôler la qualité des matériaux
utilisés dans la construction civile. Il a récemment
conclu un accord avec la direction des Obras Públicas e Transportes
(Département des travaux publics et des transports) s'agissant
des meilleurs moyens d'aider la Direcção de Serviços
de Solos, Obras Públicas e Transportes (Service des sols,
des travaux publics et des transports) à contrôler
la qualité des matériaux utilisés dans la construction
civile.
207. Il n'existe pas, à Macao, de dispositions
juridiques interdisant la discrimination en matière de logement.
208. L'expulsion des locataires est réglementée
par la loi et ne peut avoir lieu que dans le respect des dispositions
légales, qui sont basées sur certaines conditions
objectives.
209. La législation sur le logement à
Macao est actualisée en permanence en fonction de l'évolution
de la situation. Plusieurs propositions sont actuellement à
l'examen en vue d'améliorer et de mettre à jour les
dispositions existantes, notamment en ce qui concerne les baux et
la gestion des immeubles en copropriété.
210. Il n'existe pas de loi particulière
contre la spéculation immobilière. Le décret-loi
n_ 13/93/M du 12 avril régissant les contrats pour le développement
du logement contient cependant des normes destinées à
combattre la spéculation dans le secteur des logements subventionnés.
Selon cette loi, l'Office du logement de Macao peut infliger des
sanctions aux sociétés concessionnaires et aux acquéreurs
s'ils commettent l'une des actions illégales ci-après
: la cession à titre onéreux ou gratuit du titre par
l'acquéreur, ou l'utilisation, également par l'acquéreur,
de la propriété à d'autres fins que le logement;
la vente des logements à un prix supérieur au prix
fixé par la loi, ou leur promotion par des tiers, lorsque
ces actes sont considérés comme étant des actes
spéculatifs ou abusifs selon l'esprit de la loi.
211. Le seul règlement s'appliquant aux
habitations "illégales" est celui qui concerne
les constructions improvisées et les bidonvilles. Le décret-loi
n_ 6/93/M du 15 février "établit des mesures
en vue de contenir et d'éliminer les constructions improvisées
et les bidonvilles dans le territoire lors de l'entrée en
vigueur de la loi, en déterminant les aspirations des différents
occupants et les devoirs qui leur incombent." Il ressort clairement
de ce décret que : 1) suite aux résultats du recensement
sur les constructions effectué avant l'entrée en vigueur
de la loi, la situation existante est prise en considération;
2) tout bâtiment improvisé non autorisé construit
ou mis en chantier après l'entrée en vigueur de la
loi sera démoli. L'identification des logements improvisés
se fera tout au long du processus d'élimination. Il n'y a
donc pas à Macao, comme il y a eu au Portugal, légalisation
d'une situation illégale.
212. Conformément à la stratégie
de la santé pour tous d'ici à l'an 2000 de l'Organisation
mondiale de la santé (OMS), le Service sanitaire de Macao
(SSM) assure un accès essentiellement gratuit aux soins de
santé à toute la population du territoire. L'adoption
du décret-loi n_ 24/M/86 du 15 mars, qui est entré
en vigueur en 1986, a marqué une étape importante
dans l'application de cette stratégie. Le coût des
services assurés par le SSM est intégralement ou partiellement
couvert par le budget général du territoire.
213. Les soins de santé sont gratuits
dans les cas suivants :
a) Dans les centres de santé (soins médicaux,
soins infirmiers et médication);
b) Pour des raisons de santé publique,
pour les personnes susceptibles d'avoir une maladie infectieuse
ou contagieuse, les toxicomanes, les personnes souffrant d'un cancer
ou nécessitant une assistance psychiatrique, ainsi que dans
le domaine du planning familial;
c) Pour les groupes de population dont la santé
est à risque, comme les femmes enceintes (grossesse, accouchement
et soins post-natals) et les enfants des écoles primaires
et secondaires;
d) Pour les prisonniers;
e) Pour les familles ou les individus ayant
des problèmes familiaux;
f) Pour les personnes de plus de 65 ans.
214. Selon l'objectif 35 de la stratégie
de l'OMS, les Etats membres doivent être équipés
de systèmes d'information pour les soins de santé
qui puissent appuyer leur stratégie nationale de soins de
santé pour tous. A cette fin, un nouveau système d'information
pour les soins de santé, entièrement informatisé,
a été mis en place le 1er janvier 1990. Fin 1993,
quelque 200 000 patients étaient enregistrés dans
la base de données.
215. Le système de santé publique
de Macao comprenait en 1993 les biens corporels suivants :
a) 1 hôpital général équipé
de 399 lits;
b) 9 centres de santé dispensant des
soins de santé primaire;
c) 1 laboratoire de santé publique;
d) 1 centre de transfusion sanguine;
e) 1 école technique pour la formation
des infirmières et du personnel auxiliaire en matière
de diagnostic et de soins;
f) 1 service pour les questions pharmaceutiques.
216. Au total, 1 731 professionnels travaillent
pour le SSM, dont 287 médecins et 500 infirmières.
Environ 80 % du personnel est originaire de Macao ou de la République
populaire de Chine.
217. Quelques institutions privées offrent
également des services de santé à la population
du territoire : l'hôpital Kiang Wu, qui dispose de 587 lits,
100 médecins et 262 infirmières; l'Association Tung
Sin Tong; le centre de consultation des travailleurs; et le groupe
médical Hope. Ces institutions coopèrent avec l'administration
pour dispenser des soins de santé gratuitement à certains
groupes de la population en échange d'une assistance financière
(subventions). A côté de ces institutions, dont le
statut est équivalent à celui des institutions privées
pour la solidarité sociale, d'autres organismes assurent
des soins de santé, avec l'autorisation et sous le contrôle
du SSM.
218. L'objectif fondamental de la politique
de santé est d'améliorer la qualité de la vie
et les conditions de vie de la population de façon que le
développement économique ait des répercussions
sur le bien-être individuel et collectif. Le gouvernement
s'est fixé pour 1994 les objectifs suivants :
a) renforcer la prévention contre les
facteurs susceptibles d'affecter le bien-être physique et
social;
b) améliorer le système de santé;
c) renforcer les facteurs contribuant à
une plus grande stabilité et continuité du système
de santé et améliorer la formation des ressources
humaines qui assureront le fonctionnement à venir du système
et renforceront ses liens avec la collectivité.
219. En 1989, 9,7 % des dépenses publiques
ont été consacrées à la santé,
soit environ 1,5 % du PIB. Les chiffres disponibles pour 1992 étant
jugés sous-estimés par rapport à la réalité,
ils ne sont pas reproduits ici. Voir tableau 14 de l'annexe
statistique.
220. Le taux de mortalité infantile (nombre
de décès d'enfants de moins d'un an pour mille naissances
vivantes) était de 8,4 en 1990, 7,5 en 1991, 7,3 en 1992
et 8,6 en 1993.
221. Entre 1989 et 1992, le pourcentage des
unités d'habitation ayant accès à l'eau potable
est passé de 95 à 98,3 %.
222. Entre 1989 et 1992, le pourcentage de la
population ayant accès à des installations suffisantes
de traitement des excréments est passé de 98 à
99,3 %.
223. Les taux de vaccination des enfants contre
la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, la rougeole,
la poliomyélite et la tuberculose pour les années
1992 et 1993 étaient les suivants :
 |
1992
|
1993
|
| Diphtérie, tétanos et coqueluche |
80,4
|
82,1
|
| Poliomyélite |
80,2
|
81,8
|
| Tuberculose (BCG) |
86,5
|
91,2
|
| Hépatite |
77,7
|
79,3
|
| Rougeole |
72,9
|
76,8
|
En 1993, le pourcentage des enfants correctement vaccinés était
de 78 %.
224. Les chiffres concernant l'espérance
de vie pour les années 1981 et 1992 sont les suivants :
 |
1981
|
1991
|
| Femmes |
70,8
|
71,8
|
| Hommes |
67,1
|
68,1
|
225. Les femmes enceintes constituant l'un des groupes à risque
pour lesquels les soins de santé sont gratuits, elles bénéficient
toutes de l'assistance d'un personnel qualifié. Le taux de
mortalité maternelle était de 0,3 pour 100 000 naissances
vivantes en 1991 et en 1992.
226. Les soins de santé sont gratuits
pour les enfants jusqu'à l'âge de 10 ans et pour les
enfants des écoles primaires et secondaires.
227. Les mesures jugées nécessaires
pour améliorer la santé des groupes vulnérables
sont déterminées par les directives gouvernementales
sur la santé qui visent à :
a) améliorer la coordination des sous-systèmes
de santé;
b) élaborer une législation afin
de définir et de réglementer les questions relatives
à la prévention des maladies mentales et au traitement
et à l'insertion sociale des malades mentaux;
c) instituer une assurance maladie;
d) améliorer le fonctionnement des centres
de santé de façon que toute la population puisse effectivement
y accéder et renforcer leur rôle dans la fourniture
des soins de santé et la prévention des maladies.
228. Parmi les mesures prises pour améliorer
la santé des groupes vulnérables, les horaires d'ouverture
des centres de santé ont été étendus
et des actions de sensibilisation ont été menées
à propos des programmes de soins de santé maternelle
et infantile, de la planification familiale et de la santé
des adultes. En ce qui concerne les soins hospitaliers, le personnel
médical a augmenté et les méthodes de travail
ont été modifiées. Une unité de soins
d'hémodialyse va être installée en vue de mieux
assister les patients souffrant de troubles rénaux. L'évaluation
de toutes ces mesures sera effectuée à l'aide du système
informatisé déjà en place. On peut d'ores et
déjà constater une diminution du taux de mortalité
pour les maladies à déclaration obligatoire.
229. Les soins de santé maternelle et
infantile étant gratuits, les mesures prises dans ce domaine
visent à réduire la mortalité néo-natale
et infantile. Des efforts accrus ont été faits pour
amener les femmes enceintes et les enfants à utiliser aussi
tôt que possible les soins de santé primaires; les
taux de vaccination ont augmenté et l'application des programmes
d'hygiène buccale a progressé. Sur le plan hospitalier,
le nombre de lits du service de pédiatrie s'est accru en
1993 et une unité spéciale de soins a été
établie pour les nouveaux-nés.
230. Pour prévenir, traiter et lutter
contre les maladies épidémiques, endémiques,
professionnelles et autres, le gouvernement a notamment favorisé
la vaccination, développé le réseau d'approvisionnement
en eau et d'assainissement, surveillé la qualité de
l'eau et la pollution atmosphérique et adopté des
règlements en matière de sécurité au
travail.
231. Afin de permettre à tous de bénéficier
de soins et d'une attention médicale en cas de maladie, le
gouvernement a adopté le décret-loi n_ 24/86/M en
date du 15 mars, qui assure à toute la population de Macao
un accès aux soins de santé.
232. Malgré toutes les mesures prises
en 1993, le taux de mortalité infantile a augmenté
par rapport à la tendance enregistrée au cours des
dernières années, traduisant un accroissement du taux
de mortalité néonatale.
233. Les personnes âgées de plus
de 64 ans peuvent se faire soigner gratuitement dans tous les établissements
médicaux.
234. Des liens de coordination ont été
établis avec les associations de résidents et de travailleurs
ainsi qu'avec les institutions privées de solidarité
sociale afin de maximiser l'accès de la population aux soins
de santé primaires.
235. En ce qui concerne l'éducation sanitaire,
un service technique pour l'éducation sanitaire dans le domaine
des soins de santé primaires a été créé
en avril 1988 en vue de fournir des informations à la population
sur les questions sanitaires. Ces informations ont été
fournies directement et par l'intermédiaire des médias.
236. Le gouvernement a coopéré
avec l'OMS pour la mise en oeuvre de programmes de formation et
d'information et des bourses ont été attribuées
pour des stages de moyenne et de longue durée dans des établissements
médicaux de la région de l'Asie et du Pacifique. Il
s'agit de programmes biennaux.
237. L'OMS a versé les contributions
suivantes :
1990-1991 ....... 64 400 dollars des E.-U.
1992-1993 ....... 56 000 dollars des E.-U.
1994-1995 ....... 65 000 dollars des E.-U.
238. Avant d'aborder les différents points
à traiter, il est nécessaire de mentionner quelques-unes
des caractéristiques de base du système éducatif
de Macao qui serviront de référence pour l'examen
de la politique de l'éducation et des données statistiques.
239. Le système éducatif de Macao
est défini par la loi n_ 11/91/M du 29 août ainsi que
par les règlements qui en découlent. Cette loi établit
le cadre du système éducatif dans lequel s'inscrit
la grande majorité des établissements d'enseignement
publics et privés du territoire.
240. Le système éducatif est considéré
comme une combinaison de moyens devant permettre la réalisation
du droit à l'éducation. Il offre la garantie d'une
action de formation continue dont le but est d'assurer le développement
général de la personnalité individuelle, le
progrès social et la démocratisation de la société.
241. Le système éducatif se compose
de plusieurs structures relevant de la responsabilité et
de l'initiative de différentes institutions et organisations
publiques et privées. L'une de ses principales caractéristiques,
qui tient fortement à l'histoire du territoire, est la prédominance
des établissements d'enseignement privés. C'est ainsi
que pour l'année scolaire 1992/1993, sur les 173 établissements
d'enseignement que comptait le territoire du niveau préscolaire
au niveau secondaire, 17 seulement étaient publics (soit
9,8 %) et 156 (90,2 %) étaient privés. En 1990/1991,
on comptait 16 établissements publics sur un total de 94,
ce qui dénote une tendance à l'augmentation du nombre
des établissements privés. Les principaux propriétaires
des établissements privés sont les diocèses
de Macao et des associations comme l'Association chinoise pour l'éducation.
242. La répartition des élèves
suit le même schéma. Sur les 82 661 élèves,
seuls 6 548 (8 %) sont inscrits dans des écoles publiques,
les 76 113 autres (92 %) fréquentant des écoles privées.
Les chiffres pour 1990/1991 donnent 4 887 élèves (6,5
%) dans les écoles publiques et 70 297 élèves
(93,5 %) dans les écoles privées.
243. Une autre caractéristique importante
à noter est la variété des langues d'enseignement
et celle, allant de pair, des programmes d'enseignement. Parmi les
établissements d'enseignement primaire et secondaire publics,
quatre utilisent le portugais comme langue d'enseignement, les 13
autres utilisant le cantonais. Les écoles où l'enseignement
se fait en portugais suivent des programmes similaires à
ceux du Portugal. Les écoles où l'enseignement se
fait en cantonais, qui enseignent toutes le portugais, suivent des
programmes qui sont basés sur le système éducatif
de Hong-Kong mais qui sont adaptés à Macao avec l'introduction
progressive, au fil des années et dans les différentes
matières, de caractéristiques locales. En 1992/1993,
8 écoles privées utilisaient le portugais comme langue
d'enseignement, 113 le chinois et 15 l'anglais.
244. Dans les établissements privés,
les programmes d'enseignement sont très variés, s'inspirant
de ceux de la République populaire de Chine, du Portugal,
de Taiwan ou de Hong-Kong.
245. Le Conseil pour l'éducation, qui
est l'organe consultatif du Gouverneur en matière d'éducation,
a progressivement rationalisé la situation en harmonisant
l'intitulé des matières, les plans d'étude
et les horaires ainsi que les programmes d'enseignement, introduisant
ce faisant davantage de références locales dans les
programmes, notamment dans les programmes d'histoire, de géographie,
de sciences sociales et d'éducation civique.
246. Les articles 2 et 3 de la loi n_ 11/91/M
énoncent les principes fondamentaux en matière d'éducation
et d'organisation. Le principe de base en matière d'éducation
est que tous les résidents du territoire ont droit à
l'éducation, indépendamment de leur race, de leurs
croyances et de leurs opinions politiques ou idéologiques.
Etant donné les particularités historiques de Macao,
parler de discrimination juridique fondée sur le sexe en
matière de droit à l'éducation n'a pas de sens.
247. L'administration doit favoriser la mise
en oeuvre de moyens suffisants pour assurer effectivement l'égalité
des chances en matière d'accès à l'éducation
et de réussite scolaire. Le respect de la liberté
d'apprendre et d'enseigner est garanti par le fait que l'administration
ne se permet pas d'orienter l'enseignement selon des idées
philosophiques, esthétiques, politiques, idéologiques
ou religieuses particulières. Le droit d'établir et
de gérer des établissements privés, qui sont
libres de définir leurs propres projets d'éducation,
est garanti.
248. En matière d'organisation, il est
important de noter que le système éducatif comprend
l'enseignement préscolaire, l'enseignement primaire (six
ans), l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur,
ainsi que l'enseignement spécialisé, l'éducation
pour adultes et l'enseignement technique et professionnel.
249. Toutes les personnes résidant dans
le territoire ont droit à une éducation de base, qui
comprend une année de préparation à l'enseignement
primaire, le cycle de l'enseignement primaire, et les trois années
du cycle de l'enseignement secondaire général. L'éducation
de base est essentiellement gratuite, ce qui signifie que les élèves
n'ont à payer aucun droit d'inscription ou de scolarité
ni aucun frais d'examens, et que des allocations d'étude
sont accordées aux élèves des écoles
privées qui ne sont pas subventionnées. Le principe
de l'éducation universelle et gratuite est appliqué
progressivement. La première phase, qui est mise en oeuvre
actuellement, concerne l'année de préparation à
l'enseignement primaire. La seconde phase concernera l'enseignement
secondaire général.
250. La fourniture d'une assistance et de compléments
pédagogiques à tous les niveaux de l'enseignement
est garantie, ainsi que celle de tout soutien pédagogique
nécessaire, la priorité étant accordée
aux élèves recevant une éducation de base.
D'importantes mesures de discrimination positive sont ainsi mises
en oeuvre.
251. L'administration assure, directement ou
par l'octroi de subventions, l'existence de services d'orientation
pédagogique et professionnelle, un soutien pédagogique,
des services de santé scolaire et une assistance aux étudiants
qui travaillent. Pour assurer une véritable égalité
des chances, elle a mis au point des programmes de mesures en faveur
de l'éducation, notamment en accordant des bourses d'études
supérieures, des indemnités pour frais d'études
secondaires, une indemnité d'alimentation, une assurance
scolaire et des subventions pour l'achat de fournitures et de livres.
Le Service d'action sociale pour la scolarité est considéré
comme l'un des principaux moyens d'assurer la gratuité de
l'instruction de base.
252. En ce qui concerne les ressources, on attache
une importance particulière aux ressources humaines, en reconnaissant
que les enseignants et le personnel scolaire exercent une activité
d'intérêt général et ont donc droit à
un statut conforme à leurs responsabilités professionnelles
et sociales. Les enseignants ont le droit et le devoir de suivre
une formation, y compris une formation initiale dans le domaine
de l'enseignement supérieur, une formation en cours d'emploi
et une formation continue, qui sont assurées conjointement
par le Département pour l'éducation et la jeunesse
et les établissements d'enseignement supérieur. En
fonction des études qu'ils ont faites et de la formation
professionnelle qu'ils ont suivie, ils perçoivent des indemnités
qui ont pour effet de réduire les différences de salaire
entre les enseignants des écoles publiques et ceux des écoles
privées. Il convient de noter qu'il existe en outre un Centre
de ressources pédagogiques équipé du matériel
le plus moderne, dont le but est de fournir un appui à tous
les enseignants pour l'apprentissage et l'utilisation des techniques
d'enseignement modernes.
253. Tous les établissements d'enseignement,
qu'ils soient publics ou privés, jouissent d'une autonomie
pédagogique au service de l'intérêt général
tel qu'il est défini par la loi sur le système éducatif.
Certains établissements d'enseignement privés sont
subventionnés, d'autres non. Les premiers reçoivent
régulièrement et de façon permanente des subventions
de l'administration. Les établissements privés non
subventionnés se divisent en deux groupes : les établissements
à but lucratif et les établissements sans but lucratif.
Les seconds sont ceux dans lesquels les droits d'inscription sont
inexistants ou servent intégralement à couvrir les
dépenses de l'établissement, y compris les dépenses
destinées à améliorer la qualité de
l'enseignement et les conditions de la scolarité.
254. Le financement du système éducatif
est à la charge à la fois de l'administration et des
familles. Selon la loi, l'éducation est considérée
comme l'une des priorités fondamentales sur le plan budgétaire.
En 1994, les crédits ont augmenté d'environ 25 % pour
le budget du Département pour l'éducation et la jeunesse,
de 15 % pour le Fonds d'action sociale pour la scolarité,
de 33 % pour l'Université de Macao et de 59 % pour l'Institut
polytechnique. Il s'agit d'une augmentation déterminante
des dépenses consacrées à l'éducation,
qui ne prend pas en compte les mesures prévues dans le Plan
pour les dépenses d'investissement et de développement
de l'administration.
255. L'administration s'acquitte de ses responsabilités
financières en finançant un réseau d'établissements
publics, en subventionnant les établissements privés
sans but lucratif et en accordant des indemnités pour frais
de scolarité. L'assistance financière qu'elle fournit
aux établissements d'enseignement privés est permanente
lorsqu'elle a pour objet le paiement des frais généraux
de ces établissements et temporaire lorsqu'il s'agit de contribuer
à des dépenses d'investissement ou d'améliorer
les conditions de la scolarité ou la formation des enseignants.
256. L'administration du système éducatif
est conçue de manière à garantir l'autonomie
et la liberté des établissements d'enseignement ainsi
qu'à respecter les règles de la démocratie
et de la participation. Ses structures visent à établir
des liens avec la collectivité et à garantir des moyens
de participation adéquats aux enseignants, aux élèves,
aux associations de parents d'élèves et aux institutions
représentatives des activités sociales, éducatives,
culturelles et économiques.
257. Il y a différents niveaux d'administration.
L'élaboration de la politique de l'éducation est le
fait du Gouverneur et des secrétaires adjoints compétents,
qui reçoivent l'assistance du Conseil pour l'éducation
à titre consultatif. La mise en oeuvre de la politique de
l'éducation du niveau préscolaire au niveau secondaire
incombe au Département pour l'éducation et la jeunesse,
qui coordonne les activités et participe au développement
de l'enseignement supérieur par l'intermédiaire du
Bureau pour l'appui à l'enseignement supérieur. La
gestion des établissements d'enseignement privés relève
des organes directeurs de ces établissements, mais il est
prévu d'établir une inspection qui aura des fonctions
de contrôle pédagogique, administratif et financier.
Comme on l'a déjà noté, le Gouverneur dispose
d'un organe consultatif qui assure la participation des parties
concernées aux phases de l'élaboration et de l'application
de la politique de l'éducation. Le Conseil pour l'éducation
donne son avis sur toutes les questions importantes ayant trait
à l'élaboration de la politique de l'éducation,
y compris sur le projet de budget. Il a en outre joué un
rôle de premier plan dans l'élaboration de la loi en
favorisant l'inclusion d'ordonnances importantes sur la progression
de la gratuité de l'enseignement, l'élaboration des
programmes, et le statut et la carrière des enseignants.
258. Il convient de noter que le système
éducatif comprend aussi un enseignement spécialisé,
une éducation pour adultes et un enseignement technique et
professionnel, celui-ci dépendant toutefois essentiellement
du Bureau du travail et de l'emploi. L'administration favorise l'enseignement
des langues officielles (le portugais et le chinois) aux niveaux
débutant et avancé avec la participation d'instituts
privés, le plus important étant l'Institut portugais
d'Orient.
259. L'organisation et le fonctionnement des
établissements privés et publics qui assurent un enseignement
supérieur dans le territoire sont régis par une législation
spéciale : le décret-loi n_ 11/91/M en date du 4 février.
260. L'enseignement supérieur recouvre
deux domaines distincts : les universités et les instituts
polytechniques. L'enseignement universitaire est assuré par
l'Université de Macao (UM) et par l'Université internationale
ouverte d'Asie (Macao), qui est une institution privée. L'enseignement
polytechnique supérieur est assuré par l'Institut
polytechnique de Macao (IPM). Chacune de ces institutions a son
statut propre. Il convient de noter que dans le domaine de l'éducation
complémentaire, ces institutions, et en particulier l'IPM,
mènent un certain nombre d'activités qui ne débouchent
pas sur un grade universitaire mais qui visent à former et
à perfectionner des professionnels locaux.
261. L'Institut des forces de sécurité,
l'Ecole de tourisme et l'Ecole d'infirmières fonctionnent
également comme des établissements d'enseignement
supérieur, assurant la formation de professionnels locaux.
262. Les langues officielles du territoire sont
enseignées dans tous les établissements publics, dans
le cadre de l'application d'un système bilingue. Exceptionnellement,
l'enseignement peut aussi être assuré en anglais. L'administration
favorise activement le bilinguisme, dans la mesure où la
Loi fondamentale garantit que le portugais et le chinois resteront
les deux langues officielles du territoire après 1999. Les
établissements privés sont libres de décider
-dans le cadre de leur autonomie pédagogique- quelle langue
d'enseignement adopter. Compte tenu de ce qui a été
dit, ils sont également libres de choisir une deuxième
langue obligatoire à inclure dans leurs programmes. Les établissements
d'enseignement publics n'ont le choix qu'entre le portugais et le
chinois comme langue d'enseignement. Les écoles publiques
portugaises adoptent le chinois comme seconde langue tandis que
les écoles publiques chinoises adoptent le portugais.
263. Il importe de noter que lorsque la Chine
aura recouvré sa souveraineté sur Macao, le 20 décembre
1999, la région administrative spéciale de Macao sera
régie par la Loi fondamentale. Selon le principe constitutionnel
chinois "un pays, deux systèmes", des normes sont
prévues pour préserver les caractéristiques
culturelles, éducatives et linguistiques actuelles. Les grandes
orientations que suivra l'administration sont fondées sur
la Déclaration conjointe sino-portugaise signée par
les gouvernements des deux pays en 1987. C'est ainsi que l'article
2 de la Loi fondamentale garantit un degré élevé
d'autonomie pour les pouvoirs exécutifs et législatifs
de la future région administrative spéciale de Macao.
L'article 4 protège les droits et les libertés des
résidents et des autres personnes se trouvant dans la région.
S'agissant de l'autonomie de la région, l'article 121 prévoit
que le gouvernement est chargé de définir la politique
en matière d'éducation, y compris en ce qui concerne
le système éducatif et son administration, les langues
d'enseignement, l'attribution des ressources, le système
d'évaluation, la reconnaissance des qualifications et des
grades universitaires.
264. La région administrative spéciale
de Macao devra favoriser la scolarité obligatoire, et les
institutions sociales et les particuliers pourront encourager d'autres
initiatives dans le domaine de l'éducation conformément
à la loi. En vertu de l'article 122 de la Loi fondamentale,
les institutions déjà établies à Macao
pourront continuer de fonctionner en jouissant d'une autonomie administrative
et d'une indépendance en matière d'enseignement conformément
à la loi. Le droit de choisir son école est également
garanti par la loi. L'article 128 de la Loi fondamentale dispose
expressément que les écoles confessionnelles pourront
continuer de dispenser un enseignement religieux, y compris des
cours de religion.
Enseignement secondaire
265. Les trois premières années
du cycle de l'enseignement secondaire font partie de l'éducation
de base universelle, qui est gratuite dans les écoles publiques.
Les élèves des écoles secondaires privées
ont droit à des allocations pour le paiement des droits de
scolarité et l'achat de matériel scolaire, selon les
critères d'appui à la scolarité obligatoire
et en fonction des difficultés financières. Pour la
suite du cycle secondaire, les élèves doivent payer
des droits de scolarité que ce soit dans les établissements
privés ou dans les établissements publics.
Enseignement supérieur
266. L'enseignement supérieur a été
rétabli à Macao en 1981 suite à une initiative
privée soutenue par le gouvernement du territoire. L'Université
de l'Asie de l'Est a ainsi été créée,
assurant un enseignement à la fois universitaire et technique.
En 1988, la Fondation de Macao, organisme établi par le gouvernement
afin d'organiser et de promouvoir l'enseignement supérieur,
a acquis l'Université de l'Asie de l'Est et l'a restructurée.
Les conditions étaient ainsi créées pour que
l'Université de Macao puisse organiser ses activités
en fonction des besoins du territoire et des besoins des étudiants
de Macao.
267. Le 16 septembre 1991 ont été
adoptés les décrets-lois nos 49/91/M et
50/91/M relatifs à l'enseignement supérieur, établissant
l'Institut polytechnique de Macao, pour l'enseignement technique,
et l'Université de Macao, pour l'enseignement universitaire.
En 1992, le décret-loi n_ 178/92/M, en date du 28 septembre,
a autorisé la création de l'Université internationale
ouverte d'Asie (Macao), institution privée d'enseignement
supérieur employant principalement des techniques d'enseignement
à distance. En 1993, l'Ecole de tourisme a été
créée (décret-loi n_ 48/93/M du 1er septembre)
pour assurer une formation de niveau supérieur et intermédiaire
dans le domaine du tourisme, avec des liens étroits avec
le monde du travail. Cette école, qui fait partie du Bureau
du tourisme, propose des cours de gestion hôtelière
et de tourisme, cours auparavant assurés par l'Institut polytechnique
de Macao. Le décret-loi n_ 57/88/M du 4 juillet a établi
l'Institut des forces de sécurité sous le contrôle
de la Direction des Forces de sécurité de Macao, avec
comme principal objectif la formation des agents de sécurité
et des pompiers. Cet institut confère des grades universitaires
et post-universitaires en direction et en gestion.
268. Durant l'année universitaire 1993/1994,
l'Université de Macao a proposé 27 cours du niveau
de la licence (Licenciaturas) et quatre cours du niveau de la maîtrise
à un total de 2 645 étudiants dans les facultés
suivantes : Administration des affaires, Sciences humaines et sociales,
Sciences de l'éducation, Science et technique, Droit, Institut
des études portugaises, et Centre pour les études
pré-universitaires. Les facultés de droit et de sciences
de l'éducation proposent également des cours débouchant
sur l'obtention d'un diplôme ou d'un certificat.
269. Le tableau 2 de l'annexe statistique montre
l'évolution du nombre des étudiants dans les établissements
d'enseignement publics et privés depuis l'introduction de
l'enseignement supérieur dans le territoire. Le nombre d'étudiants
inscrits à l'Université de Macao est resté
stable entre 1990 et 1993, mais a doublé en 1993/1994. Cet
accroissement correspond à une augmentation des inscriptions
dans les premiers cycles universitaires, le nombre des étudiants
suivant des études pré-universitaires étant
resté pratiquement inchangé (306 en 1991/1992, 328
en 1992/1993 et 330 en 1993/1994). C'est en gestion (faculté
de l'administration des affaires) que l'on trouve le plus grand
nombre d'étudiants, tant au niveau des premiers cycles qu'au
niveau supérieur.
270. La majorité des étudiants
de l'Université -89 % des étudiants en 1991/1992 et
92 % en 1993/1994- sont de Macao (tableau 4).
271. Le tableau 5 indique le nombre de diplômés
de l'Université de Macao. D'après les données
communiquées par le Département des statistiques et
des recensements de Macao Treizième recensement
de la population, Deuxième recensement du logement -Résultats
globaux (Sept. 93), p. 25. pour l'année 1991, le nombre
des titulaires d'un grade universitaire à Macao n'excède
pas 10 000 (2,9 % de la population).
272. L'Institut polytechnique propose cinq cours
du niveau du baccalauréat et trois autres cours débouchant
sur un diplôme Ces cours débouchent sur l'obtention
d'un certificat mais ne confèrent pas de grade., qui
sont répartis entre cinq écoles différentes
: langues et traduction, commerce et tourisme, administration et
sciences appliquées, éducation physique et sports,
et arts visuels. Au total, 756 étudiants étaient inscrits
à l'Institut polytechnique pour l'année universitaire
1992/1993 et 643 étudiants pour l'année 1993/1994.
273. L'Institut des forces de sécurité
offre trois niveaux de cours dans les domaines suivants : police
et sûreté publique, douanes maritimes et excise, et
pompiers et génie. La majorité des étudiants
de l'Institut sont originaires de Macao (69,4 %), 23,5 % venant
de Chine; 17,6 % sont des femmes.
274. Les droits d'inscription à l'Université
de Macao pour l'année 1992/1993 étaient de 60 000
MOP pour le MBA (maîtrise de hautes études commerciales),
de 42 500 MOP pour la Licenciatura, de 13 650 à 27 300 MOP
pour les diplômes, et de 26 700 MOP pour le Centre d'études
pré-universitaires. Les personnes résidant à
Macao ont droit à une réduction de 40 % qui est couverte
par une subvention de l'Etat. Dans certains cas, les étudiants
de la faculté des sciences de l'éducation sont exemptés
de droits d'inscription. Les droits d'inscription à l'Institut
polytechnique de Macao s'élevaient en 1993/1994 à
34 700 MOP pour les cours du niveau du baccalauréat et à
27 300 MOP pour les cours débouchant sur un diplôme.
Les résidents ont droit à une réduction variant
entre 40,7 et 85 % selon le cours suivi. Les étudiants de
l'école des arts visuels qui ne sont pas résidents
ont droit à une réduction de 50 %.
275. En 1993, l'administration du territoire
a alloué à l'Université et à l'Institut
polytechnique un montant total de 83 256 800 MOP, dont 69 547 300
MOP à l'Université. Comme on l'a déjà
mentionné, les crédits alloués à l'Université
de Macao et à l'Institut polytechnique s'accroîtront
respectivement de 33 % et de 59 % en 1994/1995.
276. Le gouvernement accorde un troisième
type d'aide financière sous la forme de bourses pour des
études supérieures à Macao ou hors du territoire.
Les chiffres figurant dans les tableaux 6 à 10 de l'annexe
statistique montrent le nombre de bourses accordées par année
universitaire, les principaux domaines d'études et les différents
types de bourse.
277. L'Université internationale ouverte
d'Asie (Macao) enseigne, à l'aide d'un dispositif d'enseignement
à distance, des disciplines similaires à celles qui
sont proposées dans l'enseignement supérieur public.
Elle confère des grades et des diplômes de différents
niveaux à des étudiants dont la langue d'instruction
est le portugais, le chinois ou l'anglais, en adoptant les programmes
portugais, chinois ou anglais correspondants. La majorité
des étudiants du niveau universitaire et supérieur
reçoivent leur enseignement en anglais (65,3 % et 68,7 %,
respectivement), puis vient le chinois (34,7 % et 30,9 % des étudiants,
respectivement) et, en 1992/1993, le portugais (O,4 %).
278. L'une des caractéristiques de l'enseignement
supérieur à Macao est que les étudiants et
les enseignants viennent les uns et les autres de régions
et de pays différents, avec leurs particularités culturelles
et linguistiques. Si la majorité des étudiants sont
nés à Macao et parlent le chinois, le personnel enseignant
représente de nombreuses nationalités différentes.
On ne trouve un personnel enseignant composé uniquement de
Portugais et de Chinois (84,8 % et 15,2 %, respectivement) qu'à
l'Institut des forces de sécurité. A l'Université
de Macao, les enseignants portugais et chinois représentent
54,7 % du personnel enseignant, et à l'Institut polytechnique,
leur proportion est de 72,4 %. Ce sont les enseignants anglais qui
sont ensuite les plus nombreux, avec une proportion de 22,6 % à
l'Université et de 20 % à l'Institut polytechnique.
A l'Université internationale ouverte d'Asie (Macao), la
majorité des enseignants étaient anglais en 1992/1993,
14,2 % étaient chinois et 8,7 % portugais. Le tableau 11
de l'annexe statistique contient des données sur les enseignants,
par qualifications et nationalité.
Education de base
279. L'administration s'occupe directement de
l'éducation des adultes, mais sa principale contribution
dans ce domaine a pris la forme d'un soutien organisationnel et
financier aux initiatives de la société civile. L'article
14 de la loi sur l'éducation énonce les objectifs
de l'éducation pour les adultes : il s'agit d'éliminer
l'analphabétisme reconnu et de facto, de donner des possibilités
d'instruction à ceux qui n'ont pas suivi ou pas terminé
le cycle normal des études, et de favoriser l'éducation
civique et les activités culturelles. L'ampleur de ces objectifs
rend difficile la communication de statistiques.
280. Les chiffres concernant la formation professionnelle
assurée par le Département pour l'éducation
et la jeunesse apparaissent dans le tableau ci-après :
|
1990/91
|
1 189 stagiaires |
|
1991/92
|
1 573 stagiaires |
|
1992/93
|
193 stagiaires |
La diminution du nombre des stagiaires en 1992/1993
s'explique par le transfert des activités de formation au
Bureau du travail et de l'emploi.
281. De façon générale,
les seuls chiffres disponibles sur l'éducation des adultes
concernent l'année scolaire 1991/1992. Au cours de cette
année, 98 établissements ont assuré 731 cours
d'éducation pour adultes (dont 296 ont été
proposés par l'administration). D'après l'Annuário
Estatístico (Annuaire statistique), 34 168 étudiants
étaient inscrits à ces cours, dont 13 788 hommes et
20 380 femmes. Les enseignants étaient au nombre de 731,
dont 60 % d'hommes.
282. Le calcul des taux d'analphabétisme
(analphabétisme reconnu et de facto) cause des problèmes
difficilement surmontables. Ces difficultés ne tiennent pas
seulement aux concepts mêmes, elles s'expliquent aussi par
la rareté et l'imprécision des données quantitatives
réunies. Les statistiques les plus récentes (qui sont
annexées au rapport) proviennent du recensement de 1991.
Si l'on analyse la répartition de la population en fonction
de son niveau d'éducation scolaire, on peut conclure, en
considérant le rapport entre le nombre des résidents
qui n'ont suivi aucun enseignement de type scolaire ou qui n'ont
pas terminé leurs études primaires et le nombre total
des résidents âgés de trois ans et plus, que
la majorité des résidents qui n'ont pas accompli six
années de scolarité sont pratiquement analphabètes.
283. Si l'on prend les chiffres du tableau 4.4
du recensement de 1991, on en déduit que 127 863 individus,
soit environ 37 % de la population, doivent être considérés
comme analphabètes. Ce nombre est bien entendu loin d'être
exact; les données ne sont ventilées ni par groupe
d'âge ni par niveau d'éducation, ne considérant
qu'un seul groupe de résidents âgés de trois
ans et plus. En revanche, le tableau 4.3, qui ventile les données
par groupe d'âge et fréquentation scolaire, montre
clairement que 97 % des résidents âgés de 5
à 14 ans vont à l'école, filles et garçons
en proportions remarquablement égales.
284. On peut en outre se référer
aux travaux réalisés par Mariette Bolina (Estatuto
Educacional da Mulher em Macau (La situation des femmes à
Macao en matière d'éducation)) pour l'atelier qui
s'est tenu en 1993 sur le renforcement de la base d'informations
sur les femmes en vue de leur intégration dans le développement
socio-économique de Macao, et reproduire certaines des conclusions
de ces travaux concernant le niveau d'instruction à Macao.
L'auteur note que
- "Macao a un taux de scolarisation élevé,
particulièrement, comme on l'a déjà mentionné,
parmi la population âgée de 5 à 14 ans. Mais
si l'on exclut les enfants âgés de 6 à 11
ans, la proportion globale des personnes qui n'ont pas été
à l'école passe à 10 % pour les femmes et
à 9 % pour les hommes. Ces données, qui semblent
confirmer l'idée communément admise que l'analphabétisme
n'existe pratiquement pas à Macao, ne rendent pas compte
de l'étendue de l'instruction parmi la population adulte
actuelle, notamment si l'on considère le poids important
de cette population. Ceci confirme qu'il n'y a pas de données
statistiques sur l'analphabétisme à Macao. Le niveau
d'instruction élémentaire de la population adulte
en général, et des femmes en particulier, est encore
inconnu."
Il est intéressant de noter, toutefois,
que des données ont été publiées sur
les taux de scolarisation. Dans le primaire, le taux de scolarisation
est légèrement inférieur à 100 % tandis
que dans le secondaire, il était égal à 95,6
% en 1991/1992 et à 96,6 % en 1992/1993.
285. Nous sommes en présence de deux
problèmes importants. Le premier tient à l'absence
de données statistiques sur des phénomènes
importants, mais la situation à cet égard est manifestement
en train de s'améliorer. Le second est lié à
la grande mobilité de la population à Macao, avec
les incidences que cela a sur toutes les questions sociales analysées
ici, sans oublier les conséquences qui s'ensuivent sur le
plan de l'infrastructure sociale et de la sécurité.
Dépenses d'éducation
286. En 1992, une somme de 458 000 000 MOP,
représentant environ 6,8 % du budget total, a été
allouée à l'éducation. En 1993, le montant
alloué s'est élevé à plus de 514 000
000 MOP, ce qui représentait 6,5 % du budget mais une augmentation
de 8 % en termes réels par rapport à l'année
précédente. En 1994, les crédits affectés
se sont accrus d'environ 25 % et représentent à présent
11 % du budget total.
287. Il est extrêmement difficile de désagréger
les données du Plan pour les dépenses d'investissement
et de développement de l'administration (PDIDA) afin d'évaluer
le montant total investi dans l'éducation. D'après
la classification fonctionnelle du PDIDA, la part de l'éducation
a représenté en 1991 environ 3 % des investissement
totaux, tombant à 2,1 % en 1992 et à 1,4 % en 1993
en raison de la situation relativement stable du réseau des
écoles publiques. En 1989, 1,2 % du PIB a été
consacré à l'éducation. En 1992, le montant
imputé s'est élevé à 524 000 000 MOP,
chiffre qui paraît cependant sous-estimé dans la mesure
où le calcul des dépenses publiques par secteur n'a
pas encore été effectué pour cette année-là
(voir note 31).
288. Le Département pour l'éducation
et la jeunesse évalue les besoins en matière de construction
d'établissements d'enseignement ou de rénovation,
mais des demandes à cet effet peuvent aussi être présentées
par la direction des établissements privés. La construction
des établissements publics est réalisée par
le Service des sols, des travaux publics et des transports. La construction
des établissements privés est fortement subventionnée
par l'administration, qui finance parfois l'intégralité
des projets. L'administration approuve ou propose des projets conformément
aux normes établies pour chaque type d'établissement.
Outre l'octroi de subventions pour la construction ou la rénovation
des établissements privés, l'administration fournit
souvent des terrains constructibles à des conditions très
favorables.
289. Pour donner une idée de l'importance
des subventions accordées aux fins de la réalisation
de travaux dans le secteur de l'enseignement privé, on notera
qu'en 1993, le gouvernement a ouvert à ce titre un crédit
budgétaire de 15 millions de MOP, à quoi il faut ajouter
les 13 millions de MOP qui ont été affectés
pour couvrir les dépenses de fonctionnement de ces établissements
(le budget total du Département pour l'éducation et
la jeunesse s'est élevé à 364 millions de MOP).
290. La répartition des écoles
à Macao ne pose pas de problèmes puisqu'il n'y a pas
de régions rurales. Les écoles sont situées
de préférence à proximité des quartiers
les plus densément peuplés et socialement défavorisés
de la ville. Dans les îles de Taipa et de Coloane, elles sont
situées dans les localités et desservies par un système
spécial de transports scolaires. Dans les nouvelles zones
créées sur des terres récupérées,
la construction d'écoles n'a pas toujours immédiatement
suivi l'installation de la population.
Accès à l'éducation
291. Les mesures prises par l'administration
pour réduire la discrimination dans le système éducatif
ont porté principalement sur les facteurs d'ordre économique
et sur la prévention de l'échec scolaire. Elles ont
pris la forme d'un soutien et d'une assistance pédagogique
complémentaire, consistant essentiellement en une compensation
pédagogique, une prise en charge psychopédagogique
et une aide sociale, sans compter les nombreuses autres activités
menées dans le domaine de la santé scolaire et de
l'assistance aux étudiants qui travaillent.
292. La compensation pédagogique prend
la forme de cours supplémentaires et de salles d'étude
surveillée. Les statistiques dans ce domaine sont toutefois
rares, sauf pour ce qui est de la fréquentation des salles
d'étude, qui a nettement augmenté entre 1991 et 1992
: le nombre d'élèves fréquentant ces salles,
qui sont situées en général dans les quartiers
socialement défavorisés, est passé de 15 109
à 33 090, soit un accroissement de plus de 100 %.
293. Dans le domaine de la psychopédagogie,
l'assistance fournie a également sensiblement augmenté,
même si une couverture universelle n'est pas encore possible.
Au cours des années scolaires 1990/1991 et 1991/1992, 3 471
et 5 154 élèves, respectivement, ont bénéficié
d'une assistance de ce type, avec la participation des enseignants
ainsi que des parents ou tuteurs.
294. L'aide sociale dans le domaine de l'éducation
est destinée à mettre en oeuvre des mesures de discrimination
positive en faveur des étudiants connaissant des difficultés
économiques à différents niveaux d'éducation,
le but étant de contribuer à assurer l'égalité
des chances pour ce qui est de l'accès à l'éducation
et de la réussite scolaire. Diverses mesures ont été
prises, consistant principalement en l'attribution d'indemnités
pour le paiement des droits de scolarité, pour les repas,
pour l'assurance scolaire et pour l'achat des fournitures scolaires,
ainsi qu'en l'octroi de bourses d'études supérieures.
Outre les données figurant en annexe, il est intéressant
de donner quelques chiffres en ce qui concerne les indemnités
versées au titre des frais de scolarité et de l'achat
des fournitures scolaires ainsi que l'installation de salles d'étude.
295. Les données concernant le nombre
d'élèves ayant bénéficié d'une
indemnité pour frais de scolarité sont les suivantes
:
|
1990/91
|
4 023 élèves |
|
1991/92
|
10 547 élèves |
|
1992/93
|
12 043 élèves |
Il ressort de ce tableau que le nombre des bénéficiaires
s'est accru d'environ 300 % entre 1990/1991 et 1991/1992. Durant
cette même période, la majorité des indemnités
ont été accordées à des élèves
de l'école primaire (45,9 % en 1990/1991 et 58,2 % en 1992/1993),
conformément à l'objectif consistant à assurer
une éducation de base gratuite et universelle. Le montant
versé au cours des années scolaires 1991/1992 et 1992/1993
est resté stable.
296. Le nombre d'étudiants ayant reçu
une indemnité pour l'achat de fournitures scolaires a été
de 8 019 en 1991/1992 et de 8 892 en 1992/1993. La somme totale
versée au cours de chacune de ces années s'est élevée
respectivement à 5 210 560 MOP et à 5 565 000 MOP.
297. Il n'y a pas de différences particulières
entre les filles et les garçons s'agissant de la fréquentation
scolaire. La répartition de la population étudiante
par sexe au cours de l'année scolaire 1990/1991 apparaît
dans le tableau 12 de l'annexe statistique. Le seul déséquilibre
notable durant cette année-là a concerné l'enseignement
supérieur, mais la situation s'est améliorée
ces dernières années.
298. Parmi le personnel enseignant, il y a une
nette prépondérance des femmes. En 1990/1991, sur
un total de 3 204 enseignants, on comptait 1 024 hommes (31,9 %)
et 2 180 femmes (68,1 %).
299. En ce qui concerne l'accès des groupes
vulnérables à l'éducation, il faut mentionner
l'existence d'un enseignement spécialisé pour les
enfants ayant des difficultés d'assimilation. L'enseignement
spécialisé est l'un des domaines auxquels l'administration
attache le plus d'importance. Il est entièrement gratuit
-les droits d'inscription et de scolarité sont supprimés-,
même dans les écoles privées, qui sont presque
entièrement financées par l'administration.
300. En 1991/1992, 144 élèves
ayant des difficultés étaient inscrits dans des établissements
publics : 15 étaient intégrés dans des classes
normales, 102 étudiaient dans des classes spéciales
et 27 dans l'unité pédagogique et professionnelle
de Coloane (U-2). Il y avait en outre 139 élèves ayant
des difficultés dans les établissements privés,
ce qui fait un total de 283. L'unité U-2, qui fonctionne
depuis 1991, s'occupe des élèves plus âgés
à qui l'on enseigne des matières pré-professionnelles
pour les préparer à mener, dans la mesure du possible,
une existence autonome.
301. En 1992/1993, il y avait 367 élèves
ayant des difficultés dans des établissements publics
: 45 étaient intégrés dans des classes normales,
126 étudiaient dans des classes spéciales, 27 dans
l'unité U-2, et 170 bénéficiaient de l'assistance
"Lar S. Luis Gonzaga". Il y avait en outre 180 élèves
dans des établissements privés, soit un total de 547.
Langues d'enseignement
302. La politique linguistique poursuivie par
l'administration a consisté à favoriser le bilinguisme.
Cette question a déjà été abordée
au début de la section. En ce qui concerne la diffusion des
langues et des cultures portugaises et chinoises, il y avait 8 840
étudiants de langue et de culture portugaises en 1990/1991,
10 283 en 1991/1992 et 11 843 en 1992/1993 (ces chiffres sont décomposés
dans les annexes). Pour la langue et la culture chinoises au cours
de ces mêmes années scolaires, et si l'on compte les
31 participants au programme CLAC (cours de langue et d'administration
chinoises) et les stagiaires du Service de l'administration publique,
il y avait respectivement 1 008 937 et 637 étudiants. Les
chiffres concernant les cours dispensés par l'Institut polytechnique
de Macao ne sont pas pris en compte car on ne dispose pas encore
des données pour 1992/1993.
303. En ce qui concerne la diffusion de la langue
portugaise, 2 031 personnes étudiaient cette langue en 1990/1991
et 3 425 en 1992/1993 dans un cadre extrascolaire, tandis que 6
609 et 8 418 personnes, respectivement, l'étudiaient à
l'école.
304. La langue chinoise était quant à
elle étudiée par 282 écoliers (dans le secondaire
uniquement) en 1990/1991 et par 274 écoliers (55 dans le
primaire et 219 dans le secondaire) en 1992/1993.
Personnel enseignant
305. Le personnel enseignant des établissements
publics est composé soit de fonctionnaires soit d'agents
de l'administration publique, ou bien perçoit une rémunération
équivalente à celle qui est versée dans l'administration
publique. Les dispositions spéciales relatives à la
rémunération du personnel enseignant dans les établissements
publics sont publiées en annexe au décret-loi sur
la carrière et la rémunération des fonctionnaires
et des agents de l'administration publique (décret-loi n_
86/87/M du 21 décembre), les modalités particulières
étant énoncées dans le décret-loi n_
21/87/M du 27 avril. Actuellement, l'indice 100 de l'administration
publique correspond à une rémunération de 3
800 MOP.
306. La carrière d'un enseignant du primaire
ou du secondaire est équivalente à celle d'un haut
fonctionnaire, progressant par stades en fonction du nombre d'années
de service et de la notation, à condition qu'il ait un titre
universitaire de niveau supérieur. Les salaires se sont échelonnés
en 1992/1993 entre 16 340 MOP (indice 430) à 24 000 MOP (indice
650).
307. Les enseignants qui ne possèdent
pas de telles qualifications, de même que les enseignants
des écoles maternelles, ont une carrière qui est plus
proche de celle des agents de l'administration publique, quoique
de niveau légèrement inférieur dans ses dernières
phases.
308. Dans le secteur privé, les salaires
se sont élevés en 1992/1993 à 6 730 (ou 7 930)
MOP environ pour les enseignants du secondaire et à 6 150
(ou 7 450) MOP pour les enseignants des écoles maternelles
et les instituteurs. Le chiffre indiqué entre parenthèses
pour chaque catégorie tient compte de la subvention accordée
par l'administration en fonction des années de service et
des qualifications professionnelles. Ces données correspondent
à des salaires médians.
Evolution de la politique de l'éducation
309. La politique de l'éducation a fait
récemment l'objet de nombreux changements, qui sont consignés
dans des ordonnances déjà publiées ou en cours
d'élaboration. L'article 53 de la loi n_ 11/91/M sur l'éducation
en date du 29 août, déjà mentionné, énonce
les dispositions réglementaires nécessaires pour assurer
une réorganisation de presque tous les éléments
fondamentaux du système éducatif devant permettre
un développement décisif de ce système, notamment
en définissant les compétences de l'enseignement privé,
la notion de scolarité essentiellement gratuite, les carrières
des enseignants et les fonctions des inspecteurs de l'enseignement.
Cette réorganisation permettra d'assurer une plus grande
harmonie entre les différentes parties du système
éducatif, d'améliorer le financement de ce système
conformément à son importance sociale et d'axer l'action
de l'administration sur ses aspects fondamentaux. Elle permettra
d'accorder une aide aux établissements privés selon
des modalités correspondant mieux aux besoins du territoire,
avec l'établissement de relations contractuelles dans le
cadre desquelles les droits et les obligations des parties seront
clairement énoncés.
310. Le statut de l'enseignement privé
a déjà été publié; les autres
ordonnances dont il est fait référence à l'article
53 en sont au stade de l'élaboration finale, ayant déjà
été soumises au Conseil pour l'éducation.
Enseignement primaire obligatoire et gratuit
311. Comme on l'a déjà vu, la
loi sur l'éducation énonce, dans son article 6, que
l'éducation de base (année de préparation à
l'école primaire, enseignement primaire et enseignement secondaire
général) est un droit pour tous et doit être
gratuite. La loi prévoit que la gratuité de l'enseignement
est garantie dans les écoles publiques ainsi que dans les
écoles privées subventionnées. Elle définit
cette gratuité comme consistant dans l'exonération
des droits de scolarité ou de tous autres frais afférents
à l'inscription dans les écoles publiques et dans
l'attribution d'indemnités pour frais de scolarité
dans les écoles privées non subventionnées.
L'application du principe de l'enseignement gratuit et universel
se fera par étapes.
312. Cela étant, les principaux problèmes
qui se posent tiennent à l'application de la notion d'enseignement
gratuit dans un réseau composé en grande majorité
d'écoles privées. La gratuité de l'enseignement
public pouvant être garantie, l'administration s'est efforcée
d'aider les élèves des écoles privées,
en particulier ceux qui suivent une éducation de base. L'aide
aux élèves des écoles privées prend
essentiellement la forme d'indemnités pour droits de scolarité
mais elle peut aussi comprendre d'autres indemnités, par
exemple pour l'achat de matériel scolaire. Néanmoins,
il n'est pas encore possible de prendre en charge la totalité
des frais de scolarité, et il ne semble d'ailleurs pas que
cela soit souhaitable tant que des procédures clairement
définies n'auront pas été adoptées pour
le système de l'enseignement privé subventionné.
313. Le Conseil pour l'éducation débat
actuellement de la question de savoir comment harmoniser les programmes
des écoles privées et uniformiser la désignation
des matières d'enseignement.
314. Les efforts de l'administration au cours
de l'année prochaine auront pour but d'assurer la gratuité
de l'éducation préscolaire.
315. En ce qui concerne les subventions, l'administration
resserre ses liens avec les écoles privées désireuses
d'accepter un projet relatif à l'élaboration des programmes.
316. Pour préciser un peu mieux les choses,
on peut dire que l'expression "éducation essentiellement
gratuite" comporte trois aspects essentiels : un soutien général
à l'éducation (avec, par exemple, l'attribution de
subventions aux établissements d'enseignement pour des travaux
de construction et la rémunération directe du personnel
enseignant); une assistance aux étudiants sous la forme de
bourses; et -le troisième aspect est individuel- une aide
individuelle aux étudiants économiquement défavorisés,
qui est accordée sous la forme d'indemnités pour frais
de scolarité et pour l'achat de matériel et d'uniformes
scolaires et qui peut aller au-delà de la prise en charge
des droits de scolarité et d'inscription pour les écoliers
dont la famille dispose d'un revenu très faible. Ainsi peut-on
dire que l'éducation est gratuite dans les écoles
publiques et qu'elle le devient progressivement dans les écoles
privées sans but lucratif. Les données concernant
les principales formes d'aide de l'administration figurent dans
le tableau 13 de l'annexe statistique.
317. Il n'y a pas de cadre juridique spécifique
pour la protection générale des droits culturels à
Macao, c'est-à-dire de dispositions juridiques destinées
à donner réalité au droit de tous les citoyens
de participer à la vie culturelle et de manifester leur propre
culture. A Macao, le droit de jouir de la vie culturelle et d'y
participer se trouve au fond défini par les dispositions
de la Constitution de la République portugaise relatives
aux droits culturels (art. 73 et 78).
318. Bien qu'il appartienne à l'Assemblée
législative de Macao (art. 31 1) b) du Statut organique)
de s'occuper des questions relatives aux droits, aux libertés
et aux garanties, l'imposition de restrictions à ces droits,
libertés et garanties est régie par les dispositions
de l'article 18 de la Constitution de la République portugaise.
319. L'article 4 de la Loi fondamentale sur
la future région administrative spéciale de Macao,
qui entrera en vigueur le 20 décembre 1999, garantit les
droits et les libertés des résidents et des autres
personnes présentes à Macao dans le but de préserver
la situation culturelle existante. L'article 125 de la Loi fondamentale
prévoit que le gouvernement définira sa propre politique
culturelle, y compris, notamment, dans les domaines de la littérature,
de l'art, de la radio, du cinéma et de la télévision.
Il prévoit également que les droits et les intérêts
légitimes des auteurs d'oeuvres littéraires et autres
oeuvres artistiques devront être protégés.
320. Il ressort de l'analyse des dépenses
publiques (tableau 14 de l'annexe statistique) qu'en 1992, le montant
des dépenses culturelles s'est élevé à
215 millions de MOP, ce qui représente 2,5 % des dépenses
publiques totales. L'Institut culturel de Macao, qui est le principal
organisme existant dans ce domaine, a reçu en 1993 la somme
de 100 millions de MOP imputée au budget général
du territoire. Cette somme est destinée non seulement à
financer des activités culturelles publiques par l'intermédiaire
de l'Institut culturel mais aussi à appuyer et à promouvoir
des manifestations culturelles organisées par suite d'initiatives
privées.
321. Les tableaux 8 et 9 donnent la ventilation
de ces chiffres :
Tableau 8
Budget interne de l'Institut
culturel de Macao
|
Années
|
Budget (MOP)
|
Taux d'accroissement
|
|
|
40 000 000
65 943 000
97 268 000
81 800 000
96 592 000
|
|
Source : Institut culturel de Macao.
322. Le Gouvernement de Macao établit
les orientations générales de la politique culturelle,
garantissant le respect des principes et des droits, libertés
et garanties énoncés dans la Constitution de la République
portugaise. L'Institut culturel de Macao (ICM) est chargé
de mettre en oeuvre les objectifs de la politique culturelle. L'ICM
a été créé par le décret-loi
n_ 43/82/M en date du 4 septembre. Son principal objectif est d'aider
à l'élaboration et à l'application de la politique
du gouvernement dans les domaines de la culture et de la recherche
scientifique, en favorisant des manifestations liées à
l'expérience culturelle sino-portugaise ainsi que le développement
de la langue et de la culture portugaises.
Tableau 9
Affectation des ressources pour
l'exercice budgétaire 1993
|
Description
|
Dépenses prévues dans le
budget (MOP)
|
Dépenses effectives (MOP)
|
Taux de finance-ment (II/I)
|
| Subvention d'activités culturelles
Festival international de musique de Macao
Festival artistique de Macao
Promotion et publicité
Orchestre de chambre de Macao
Orchestre chinois de Macao
Expositions
Attachés culturels dans les ambassades
portugaises de la région de l'Inde et du Pacifique
Congrès, conférences et
séminaires
Recherche (subventions à des particuliers)
Théâtre, danse et cinéma
Académie de musique
Conservatoire de danse
Rénovation des bâtiments
|
3 070 000,00
6 700 000,00
2 607 000,00
149 000,00
1 444 300,00
929 000,00
799 300,00
3 000 000,00
2 500,00
586 000,00
22 500,00
1 630 000,00
85 000,00
1 056 205,50
|
3 066 250,00
6 700 000,00
2 600 250,00
143 967,70
1 441 569,60
928,717,80
500 632,70
2 638 485,30
2 345,00
533 624,80
6 215,00
805 876,60
155 479,20
1 054 739,10
|
99,9
100,0
99,7
96,6
99,8
100,0
73,9
88,0
93,8
91,1
27,6
49,4
183,0
99,9
|
|
TOTAL
|
22 080 805,50
|
20 668 152,80
|
93,6
|
Source : Institut culturel de Macao (au 08/06/94).
323. Avec l'ouverture de la période de
transition marquée par l'adoption de la Déclaration
conjointe sino-portugaise, l'ICM a été restructuré
en vertu du décret-loi n_ 63/89/M en date du 25 septembre.
Il continue cependant d'assumer la triple fonction consistant à
aider le gouvernement dans l'élaboration de la politique
culturelle, assurer l'enseignement des arts et assurer la promotion
de manifestations culturelles.
324. La loi organique qui régit actuellement
l'ICM a été adoptée en 1989 et a fait l'objet
depuis de légères révisions et modifications.
L'ICM est chargé :
a) de contribuer à l'élévation
du niveau culturel de la population de Macao;
b) de stimuler la création et d'appuyer
le fonctionnement des institutions qui ont entre autres comme objectifs
la défense et la promotion des valeurs culturelles;
c) de promouvoir, d'encourager et d'appuyer
les activités culturelles et artistiques liées à
l'expérience culturelle sino-portugaise;
d) de favoriser la création et la diffusion
d'oeuvres artistiques et culturelles individuelles et collectives;
e) de promouvoir la diffusion des livres et
la lecture;
f) de défendre, de préserver et
de revaloriser le patrimoine historique et culturel du territoire
et de formuler des directives en vue d'en assurer la survivance
et la jouissance;
g) de promouvoir ou d'appuyer l'éducation
et la formation dans divers domaines artistiques et d'aider les
artistes à développer leurs compétences et
leur carrière professionnelle;
h) de promouvoir la recherche dans les domaines
présentant un intérêt pour la connaissance et
la préservation du patrimoine culturel de Macao;
i) de contribuer à la protection de l'intégrité,
de l'authenticité et de la paternité de toutes les
oeuvres de l'esprit et de toutes les créations culturelles,
quelle qu'en soit la forme ou l'expression;
j) d'aider l'administration à coordonner
les activités culturelles menées par d'autres institutions
publiques du territoire et de coopérer avec celles-ci;
k) d'établir et de renforcer, dans le
cadre de la politique culturelle, des liens de coopération
avec des organisations internationales et les institutions culturelles
d'autres pays.
325. Actuellement, l'ICM mène, entre
autres, les activités ci-après :
a) il fournit un appui technique et financier
aux associations culturelles et aux artistes de Macao;
b) il favorise l'organisation de conférences,
séminaires, débats et autres réunions culturelles;
c) il assure le financement et la promotion
de la production d'oeuvres littéraires et artistiques, en
particulier au moyen de la publication de livres et de magazines
ainsi que du cinéma, de la radio et de la télévision;
d) il organise et dirige l'enseignement de différents
arts;
e) il fournit une assistance aux établissements
d'enseignement artistique sans but lucratif;
f) il accorde des bourses et d'autres formes
d'aide pour la formation et le perfectionnement des artistes;
g) il assure la promotion de manifestations
artistiques et culturelles, en particulier des manifestations liées
à l'expérience sino-portugaise, et il favorise et
soutient les manifestations culturelles populaires;
h) il évalue les plans, les programmes
et les budgets des institutions culturelles qui sollicitent un appui
financier, technique ou logistique;
i) il soumet, en vue de leur approbation, la
classification et le registre des biens culturels, et met en oeuvre
et administre des mesures en vue de la protection de ces biens;
j) il met en oeuvre des programmes d'échanges
culturels, en particulier entre les artistes de Macao, du Portugal
et de la Chine;
k) il conclut, avec des organisations internationales
et des institutions ou des organismes du Portugal, de la Chine ou
d'autres pays étrangers établis dans le territoire,
des accords, des protocoles et d'autres types d'instruments de coopération
pour la promotion de différentes activités;
l) il organise et finance des bibliothèques
et des centres d'archives pour la diffusion de la lecture et il
appuie les activités de recherche des musées;
m) il publie une revue culturelle, ainsi que
le "Bulletin de l'Institut culturel de Macao";
n) il accorde des autorisations pour la production
de films, y compris de films publicitaires;
o) il prend ou il propose des mesures préventives
lorsque le patrimoine culturel est menacé.
326. L'ICM finance en outre les institutions
suivantes, qui dépendent de lui : la Biblioteca Central (la
Bibliothèque centrale), l'Arquivo Histórico (les Archives
historiques) et le Conservatório (le Conservatoire). La Bibliothèque
centrale se compose de deux branches : le fonds général
et les ouvrages et documents sur Macao (situés dans la bibliothèque
du Leal Senado) et les bibliothèques chinoises (la bibliothèque
Sir Robert Ho Tung, la bibliothèque Mong Há, une bibliothèque
mobile, la bibliothèque de l'île de Taipa et la bibliothèque
de l'île de Coloane). Le Conservatoire encourage la formation
artistique et professionnelle en proposant des cours de musique,
de danse et de théâtre de niveaux débutants,
moyen et avancé.
327. En 1993 (décret-loi n_ 45/93/M du
15 août), l'Académie des arts visuels a cessé
de dépendre de l'ICM. Elle continuera cependant d'assurer
des cours pour débutants et étudiants plus avancés
dans les domaines suivants : peinture, dessin, gravure, sérigraphie,
sculpture, céramique, photographie, vidéo et histoire
de l'art.
328. Le Leal Senado (Conseil municipal) joue
également un rôle important dans la vie culturelle
de Macao, non seulement en assurant directement la promotion d'activités
culturelles, mais aussi en accordant des ressources et notamment
en organisant des expositions. Pour donner une idée des activités
menées par le Conseil municipal, on a indiqué dans
les tableaux ci-dessous le nombre d'expositions organisées
entre 1988 et 1992 ainsi que le nombre de visiteurs qui s'y sont
rendus.
Tableau 10
Expositions à la galerie
d'expositions temporaires
 |
Nombre d'expositions
|
Nombre de visiteurs
|
|
|
|
82 225
46 497
66 053
74 608
92 196
|
Source : Rapport d'activités du Conseil
municipal pour 1992.
Tableau 11
Expositions au Pavillon Lou Lim
Ioc
 |
Nombre d'expositions
|
Nombre de visiteurs
|
|
|
|
33 035
94 238
60 461
41 704
67 175
|
Source : Rapport d'activités du Conseil
municipal pour 1992.
329. La Cámara Municipal das Ilhas (CMI)
(le Conseil des îles) mène elle aussi diverses activités,
assurant l'organisation de festivals populaires, d'expositions,
de compétitions et de publications ou y contribuant. Elle
accorde également un soutien financier à certaines
activités menées par des associations privées
qui poursuivent des objectifs culturels, pédagogiques ou
sociaux, ce qui est important eu égard au rôle que
jouent les associations et les institutions dans ces domaines.
330. Le dernier élément de l'infrastructure
institutionnelle de Macao en matière culturelle est l'Institut
portugais d'Orient (IPO). Le principal objectif de l'IPO est de
préserver et de diffuser la langue et la culture portugaises
en Orient, en prenant Macao pour centre de coordination. Lors de
son établissement initial en tant qu'un institut privé,
l'idée était d'établir une structure adaptée
à la période de transition et capable de maîtriser
les changements qui se produiraient avec le rétablissement
de la souveraineté chinoise. Il s'agissait d'établir
une institution autonome dans la région de l'Inde et du Pacifique
avec Macao pour centre d'activité, cette situation étant
destinée à perdurer après 1999.
331. Compte tenu de ce qui précède,
l'IPO est considéré comme : un organisme devant favoriser
l'enseignement et la diffusion de la langue et de la culture portugaises;
un espace de recherche sur la présence portugaise en Orient;
un espace privilégié pour les échanges et la
coopération dans le domaine culturel entre les peuples de
l'Orient ayant des liens historiques avec le Portugal; un espace
ouvert au milieu environnant, favorisant l'échange d'idées,
d'expériences et de réalisations culturelles.
332. En ce qui concerne la promotion de la langue
portugaise, il est intéressant de noter qu'il existe un Centre
pour la langue portugaise, qui propose des cours à l'ensemble
de la population de Macao, ainsi que des cours de portugais professionnel,
conçus pour des domaines professionnels spécifiques,
notamment la santé et les médias.
333. L'administration s'occupe de mettre en
place des structures juridiques et institutionnelles adéquates
pour répondre aux besoins présents et futurs dans
le domaine culturel. Des efforts ont été faits pour
renforcer l'identité culturelle de la population de Macao
en favorisant le respect de la mémoire et de l'expérience
collectives des Chinois et des Portugais et en encourageant l'affirmation
et la défense de leurs valeurs culturelles respectives.
334. L'ICM a organisé des études
et des manifestations culturelles et artistiques axées sur
la rencontre et l'interaction des deux cultures. Il a organisé
des programmes d'échanges culturels et conclu des protocoles
et d'autres types d'accords de coopération avec des organisations
internationales et des institutions portugaises et chinoises. Diverses
initiatives ont été menées à bien :
présentation de cycles de films, expositions de peintures
et de gravures, et autres formes de manifestations artistiques.
335. L'ICM a pris les mesures ci-après
pour promouvoir le développement du patrimoine culturel et
en assurer la jouissance :
a) Activités culturelles :
i) Encouragement et appui à la création
d'organismes et d'associations à vocation culturelle;
ii) Soutien des activités des artistes
du territoire, à Macao comme à l'étranger,
par le financement de voyages culturels dans d'autres pays et territoires;
b) Musique :
i) Financement des activités et du développement
de l'Orchestre de chambre et de l'Orchestre chinois;
ii) Organisation de concerts et de récitals,
aide aux musiciens locaux et promotion de musiciens internationaux;
c) Expositions :
i) Organisation d'expositions temporaires, promotion
d'artistes locaux et initiatives de caractère international
dans le domaine des arts plastiques;
ii) Organisation d'expositions dans le but de
faire connaître le patrimoine culturel du territoire.
336. On peut aussi mentionner le festival artistique
annuel de Macao, auquel participent toutes les associations culturelles
locales (opéra, théâtre, musique, danse, etc.).
337. La presse écrite, la radio et la
télévision sont les principaux moyens de promotion
des cultures portugaise et chinoise. Les données communiquées
par le Service des médias en ce qui concerne les journaux
publiés à Macao sont les suivantes :
a) En portugais : 5 quotidiens (tirage entre
700 et 2 000 exemplaires par jour) et 5 hebdomadaires (entre 1 500
et 3 000 exemplaires);
b) En chinois : 7 quotidiens (tirage moyen :
147 500 exemplaires) et 15 hebdomadaires (tirage moyen : 31 100
exemplaires).
338. La radio et la télévision
ont des programmes en portugais et en cantonais. Il y a deux stations
de radio et deux chaînes de télévision, qui
sont gérées par la TDM (Teledifusão de Macau).
Le territoire détient 50,22 % des actions de la TDM.
339. L'administration finance et encourage la
production et la diffusion d'oeuvres littéraires et artistiques
par la publication de livres et de revues, le cinéma, la
radio et la télévision.
340. L'ICM a mené les activités
suivantes :
a) Publication, ou copublication en collaboration
avec d'autres organismes ou instituts publics et privés,
de travaux contribuant à une meilleure compréhension
de la culture communautaire au moyen de l'information et de l'éducation;
b) Promotion et aide à la publication
de travaux d'auteurs originaires de Macao ou de travaux traitant
de thèmes ayant trait à Macao;
c) Diffusion des travaux qui sont essentiels
à la compréhension des deux cultures, avec la traduction
d'écrivains portugais en chinois et d'écrivains chinois
en portugais;
d) Promotion de la réédition de
travaux importants sur le plan culturel en portugais, en chinois
et en anglais, pour qu'ils deviennent une source d'enseignement
et une référence;
e) Promotion et diffusion de ses propres publications.
341. Il convient aussi de noter l'existence
d'un magazine trimestriel paraissant en portugais, en chinois et
en anglais : la Review of culture.
342. Du fait de son histoire et de sa situation
géographique, Macao est un lieu ouvert et cosmopolite où
se rencontrent les cultures. En ce sens, c'est aussi un espace international
dans lequel le patrimoine culturel de l'humanité se trouve
protégé. C'est ainsi qu'ont eu lieu, en 1993 : un
colloque international sur le thème : "Rencontre de
peuples et de cultures : Macao et la diversité ethnique en
Asie du Sud-Est"; un séminaire itinérant sur
le thème : "Les malentendus dans la recherche de l'universel"
(Fundação Transcultura); et le festival international
de musique de Macao.
343. L'administration préserve, en attachant
une importance particulière à Macao, le patrimoine
culturel que le territoire a en commun avec les autres nations lusophones
(le Brésil et certains pays africains) ainsi qu'avec d'autres
communautés portugaises à travers le monde.
344. L'article 2 du Statut organique de Macao
dispose que les principes, les libertés et les garanties
énoncés dans la Constitution de la République
portugaise font partie de l'ordre juridique du territoire. A Macao,
conformément aux articles 42 et 37 de la Constitution portugaise,
tous les citoyens ont le droit à la liberté de création
ainsi qu'à la liberté d'expression et d'information.
L'article 42 se lit comme suit :
- "1. La création intellectuelle, artistique et scientifique
est libre.
- "2. Cette liberté implique le droit à l'invention,
à la production et à la diffusion d'oeuvres scientifiques,
littéraires ou artistiques et comprend la protection légale
des droits d'auteur."
L'article 37 se lit comme suit :
- "1. Toute personne a le droit d'exprimer librement sa pensée
et de la divulguer par la parole, par l'image ou par tout autre
moyen, ainsi que le droit de s'informer et d'être informée,
sans entraves ni discriminations.
- "2. L'exercice de ce droit ne peut être entravé
ou limité par aucun type ni aucune forme de censure.
- "3. Les infractions commises dans l'exercice de ces droits
sont soumises aux principes généraux de la loi pénale;
leur appréciation relèvera de la compétence
des tribunaux judiciaires.
- "4. Le droit de réponse et de rectification, dans
des conditions d'égalité et d'efficacité,
est garanti à toute personne physique ou morale, ainsi
que le droit à une indemnisation pour les préjudices
subis."
Il n'y a donc aucune limite à la liberté
de créativité culturelle ou à la liberté
d'expression et d'information.
345. L'administration a favorisé la réalisation
de recherches à partir des archives et des registres, l'établissement
d'inventaires et de classifications, ainsi que la restauration,
la conservation, la protection et la préservation des biens
qui constituent le patrimoine culturel du territoire du fait de
leur valeur archéologique, historique, artistique, ethnologique,
urbaine ou paysagère. L'ICM a par ailleurs favorisé
des recherches et la collecte de données sur la culture de
Macao, par exemple sur les pratiques, les coutumes, les traditions
et les festivals, ainsi que l'étude et la diffusion de ces
données. Des travaux sont notamment en cours en vue de créer
un musée dit des "ruines de São Paulo" (il
s'agit de la façade, seule debout, de l'église Mater
Dei, classée monument historique) et les études suivantes
ont été publiées : O Traje da Mulher Macaense
- Da Saraça ao Dó das Nhonhonha de Macau (un ouvrage
sur les costumes historiques des femmes de Macao) - 1989; Três
Jogos Populares de Macau (Trois jeux populaires de Macao) - 1984;
et P'ei P'chai (Review of Culture, 1991).
346. La coordination des recherches scientifiques
et techniques à Macao ne dépend pas d'une entité
unique. Les responsabilités dans ce domaine sont réparties
entre plusieurs rouages gouvernementaux et assumées par des
services dont les fonctions ont essentiellement un caractère
pratique. On a indiqué ci-dessous les principaux services
administratifs ayant des compétences dans le domaine de la
recherche scientifique et technique.
347. Dans le domaine des transports et des travaux
publics. Au sein du Département des affaires maritimes, l'Ecole
de formation des pilotes mène des études et des recherches
sur les activités maritimes et portuaires. Elle collabore
avec l'Institut polytechnique de Macao. Elle a récemment
organisé une exposition sur la formation maritime et la certification
aujourd'hui, et, sur le plan international, a conclu un accord avec
l'Ecole nautique de la province de Canton. Le Musée maritime
de Macao mène quant à lui des recherches dans le domaine
de l'archéologie marine en vue d'assurer la restauration
des objets trouvés au fond des mers. Il s'apprête à
signer des accords avec l'Université de Macao pour la publication
d'ouvrages sur l'histoire de Macao et avec l'Institut polytechnique
pour l'organisation d'expositions.
348. Le Service de météorologie
et de géophysique mène avec d'autres services des
recherches scientifiques conjointes dans le delta de la rivière
des Perles, à savoir à Hong-Kong et dans la province
de Canton, sur les phénomènes climatiques violents
tels que les typhons, les inondations, les fortes pluies et les
glissements de terrain. Des séminaires sont organisés
chaque année pour présenter les travaux de recherche
effectués par chaque organisme et en discuter. Un accord
a en outre été conclu avec la faculté des sciences
et des techniques de l'Université en vertu duquel les étudiants
de dernière année produisent des travaux de recherche
en collaboration avec des scientifiques du Service de météorologie
et de géophysique. L'un de ces travaux, sur la qualité
de l'air à Macao, a été présenté
à un congrès qui s'est tenu à Beijing en octobre
1993.
349. Le Laboratoire d'ingénierie civile
de Macao est un organisme sans but lucratif jouissant d'une autonomie
financière et administrative. Le Gouvernement de Macao détient
un tiers de son capital mais il fait partie de l'administration.
Le Laboratoire d'ingénierie civile coopère avec l'Université
de Macao en mettant ses locaux et son matériel à la
disposition de la faculté des sciences et des techniques
pour les travaux pratiques. Il mène des recherches scientifiques
à la demande de divers organismes pour contrôler la
qualité des matériaux utilisés dans la construction
civile.
350. Dans le domaine de la culture. C'est à
l'ICM qu'il incombe "de définir, de promouvoir et d'appuyer
des études et des recherches dans les domaines de l'histoire,
de l'art, de la littérature et du patrimoine culturel"
(art. 23, par. a) du décret-loi n_ 63/89/M en date du 25
septembre). Les activités de l'ICM en la matière consistent
notamment à mettre au point des projets, à octroyer
des bourses et à accorder des subventions.
351. Voici quelques exemples de projets entrepris
ou menés à bien durant l'année 1992 :
a) Histoire : Le quartier portugais de Malacca;
Macao, échange culturel entre l'Est et l'Ouest; Histoire
de l'archidiocèse de Goa; Plusieurs thèmes ayant trait
à l'histoire de Macao; Familles de Macao; Le cimetière
de Chala; Une chronologie de l'histoire de Macao; Traduction, annotation
et édition critique de l'ouvrage "Ou-Mun Kei-Leok";
Une sélection de sources et de références bibliographiques
sur les relations entre Macao et la Thaïlande; Une sélection
de documents sur Macao provenant des archives historiques de Bombay;
b) Sociologie : Le présent et l'avenir
de l'Eglise en Chine et à Macao; L'Etat, la société
et le développement de l'éducation à Macao;
Etude générale de Macao;
c) Ethno-linguistique : La langue portugaise
en Orient; L'héritage portugais à Malacca;
d) Architecture : Structures urbaines de la
période des découvertes -une banque de données;
Structures urbaines portugaises - Origines, évolution et
caractéristiques morphologiques;
e) Littérature : Une histoire culturelle
de Macao - annotation de la poésie chinoise ancienne sur
Macao; Une histoire concise de la littérature de Macao;
f) Histoire de l'art : L'art de la Société
de Jésus en Chine.
352. La recherche scientifique est l'une des
principales orientations de l'Université de Macao. Comme
on l'a déjà indiqué, l'Université de
Macao est une institution nouvelle qui comprend huit centres de
recherche correspondant aux différentes matières enseignées
: le Centre de recherche sur les affaires; le Centre de recherche
sur l'économie chinoise, le Centre d'études japonaises;
le Centre de recherche sur les sciences de l'éducation; le
Centre de recherche pour la science et la technique; le Centre pour
les études juridiques; le Centre de recherche sur les relations
Est-Ouest; et le Centre d'études de Macau.
353. En 1993, 283 605 MOP ont été
répartis entre différents projets déjà
approuvés ou au stade de la planification dans les facultés
suivantes : faculté des sciences et des techniques (L'environnement,
L'électronique, Les méthodes quantitatives); faculté
des sciences humaines (L'organisation religieuse à Macao,
La sécurité en Chine et en Asie, Les services publics
en Chine); faculté des sciences de l'éducation (L'enseignement
préscolaire, Informatique et éducation, Les enfants
et le raisonnement mathématique); faculté de droit
(Histoire, sociologie et politique du droit à Macao).
354. Les projets de recherche scientifique bénéficient
également de l'appui de la Fondation de Macao, qui a dépensé
253 000 MOP au titre de tels projets en 1993. Des bourses d'un montant
total de 676 600 MOP ont été accordées à
des étudiants de l'Université du niveau de la maîtrise.
La Fondation de Macao finance en outre l'Institut du logiciel.
355. Dans le domaine de la protection et de
l'amélioration de l'environnement et de la qualité
de la vie, diverses mesures ont été prises pour mieux
faire comprendre à la population les problèmes qui
se posent sur les plans local et mondial et accroître son
intérêt pour ces problèmes.
356. Dans le domaine de l'assainissement, une
usine d'incinération pour le traitement des déchets
solides fonctionne déjà. Une usine de traitement des
eaux usées est en cours de construction. Deux autres usines
sont en projet pour les îles de Taipa et de Coloane.
357. Des mesures propres à maîtriser
le risque écologique sont par ailleurs prises aux niveaux
local et régional, à la fois dans le domaine de l'utilisation
des ressources énergétiques et dans le domaine du
développement urbain et industriel, le but étant toujours
d'assurer la qualité de la vie dans un environnement durable.
358. Les conseils locaux analysent et contrôlent
également la pollution de l'environnement. Le laboratoire
municipal du Leal Senado :
a) contrôle et analyse systématiquement
la qualité de l'eau du réseau public d'approvisionnement
en eau (4 à 6 prélèvements par jour);
b) effectue un contrôle chimique de la
qualité de l'eau dans les piscines pour vérifier l'efficacité
des systèmes de circulation et de renouvellement de l'eau
(20 piscines);
c) analyse la qualité de l'eau provenant
des puits, à Macao et dans les îles (115 prélèvements
par an);
d) analyse les eaux côtières de
l'île de Coloane pour aider le conseil local à contrôler
la pollution de l'environnement;
e) analyse la qualité de l'air à
Macao en collaboration avec le Service de météorologie
et de géophysique (prélèvements effectués
à des moments différents et selon une périodicité
variable).
359. La Constitution portugaise protège
également la liberté de création intellectuelle,
artistique et scientifique (art. 42).
360. Le Code relatif au copyright, approuvé
par le décret-loi n_ 49 980 du 24 avril 1966 et publié
au Journal officiel (n_ 2) le 8 janvier 1972, protège la
propriété intellectuelle de tous les créateurs.
Le droit de l'auteur à disposer, user ou bénéficier
de son oeuvre est reconnu même si celle-ci n'a pas été
enregistrée ni fait l'objet d'autres formalités (art.
1, 4 et 8). L'auteur d'une oeuvre de l'esprit a le droit d'affirmer
son rôle en tant que créateur de cette oeuvre et d'en
préserver l'intégrité pour la durée
de sa vie (art. 55).
361. La loi 4/85/M du 25 novembre suit le même
schéma en assurant une protection contre la reproduction
illégale des disques et des vidéocassettes.
Tableau n_ 1 - Principaux indicateurs économiques.
Tableau n_ 2 - Nombre d'étudiants dans
l'enseignement supérieur, par institution.
Tableau n_ 3 - Nombre d'étudiants dans
l'enseignement supérieur, par matière.
Tableau n_ 4 - Etudiants fréquentant
l'Université de Macao, par nationalité.
Tableau n_ 5 - Diplômés; données
cumulatives.
Tableau n_ 6 - Nombre de bourses accordées
par année universitaire.
Tableau n_ 7 - Nombre de bourses accordées
par pays d'étude.
Tableau n_ 8 - Nombre de bourses, par nationalité.
Tableau n_ 9 - Nombre de bourses, par domaine
d'études.
Tableau n_ 10 - Nombre de bourses, par type
de bourses.
Tableau n_ 11 - Personnel enseignant dans l'enseignement
supérieur.
Tableau n_ 12 - Répartition des étudiants
par niveau d'enseignement.
Tableau n_ 13 - Bourses d'études et indemnités
accordées à des fins éducatives.
Tableau n_ 14 - Répartition des dépenses
publiques.
* Cette annexe peut être consultée
dans les dossiers du secrétariat.
LISTE DES PUBLICATIONS ANNEXEES AU RAPPORT*
1. Dossier de la législation relative
au statut et au cadre juridique général de Macao.
2. "Treizième recensement de la
population/troisième recensement de l'habitation- Résultats
globaux", Département des statistiques et des recensements
(mars 1993).
3. "Le système éducatif à
Macao" (2), Bureau pour l'enseignement supérieur (mars
1992).
4. "Législation sur l'enseignement
supérieur à Macao", Bureau pour l'appui à
l'enseignement supérieur (1992).
* Ces publications peuvent être consultées
dans les dossiers du secrétariat.
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